LAKHDAR BELLOUMI
(EX-MENEUR DE JEU DE LEN DES ANNÉES 1980)
Le magicien du ballon
Lakhdar Belloumi, ex-joueur du GCM, du MCO, de lUSMBA, du SCAF, de lASMO, du MCA et surtout de léquipe nationale des années 1980, est une légende du football national.
Aussi daucuns le considèrent à bon droit comme le plus grand stratège algérien de tous les temps et parmi les meilleurs n°10 au monde. Il enflammait les foules. A lui seul, il assurait le spectacle. Avec sa technique raffiné, son intelligence, sa clairvoyance, ses passes millimétrées lui donnant toujours un temps davance sur ses coéquipiers et adversaires, ses coups de génie, dont lui seul avait le secret, Lakhdar offrait aux puristes de grands moments de plaisir.
Avec ses 147 sélections, il est le plus capé de tous les internationaux algériens (peut-être au monde selon certains spécialistes des statistiques). De 1978 à 1989, lenfant prodige de Mascara sest imposé comme le dépositaire du jeu algérien. Avec lui, la joie de jouer, de créer, nest pas un simple vu. Elle nest jamais absente. Son point fort, la déviation de lextérieur du pied qui déstabilisait les adversaires les plus avertis. Joueur dexception, lancien meneur des Verts a poli un palmarès des plus éloquents.
Participation à quatre coupes dAfrique, deux coupes du monde (82 et 86), sacré meilleur joueur algérien, arabe et africain, ballon dor africain en 1981.
Sélectionné dans léquipe du reste du monde aux côtés des Zico, Socrates, Junior, Falcao, Nikono....et celle de la sélection arabe. Durant la folle épopée de lEN en coupe du monde de 82 à Gijon, Lakhdar, tout comme les Madjer, Assad, Zidane, Dahleb, Merzekane, Cerbah, Guendouz, Mansouri, Korichi, Fergani, réussit sous les yeux du monde entier à donner davantage de mesure à son déjà immense talent.
Lors de la victoire de lAlgérie (2-1) devant logre allemand des Briegel, Stilike, Rummunige..., le numéro dix des Verts inscrit, suite à une étourdissante action collective, le but de la victoire. Roi du contre-pied et de la feinte et malgré la sûreté du geste, Lakhdar attisait souvent les crampons malintentionnés.
Le 15 mars 1985 à Tripoli, à loccasion du match de coupe dAfrique joué entre lIttihad local et le CG Mascara, le maître à jouer algérien fit lobjet dune agression caractérisée qui lui occasionna une blessure au tibia droit. Une blessure qui choquera tous les Algériens et qui privera pratiquement Lakhdar dune carrière professionnelle tant promise et qui lui tendait merveilleusement les bras. Il ratera de très peu dimportants contrats avec Murcea (Espagne), lOGC Nice, Bordeaux, lAS Saint Etienne, et même le FC Barcelone.
Joueur de caractère, Lakhdar nétait pas du genre à avoir la langue dans sa poche, il disait réellement ce quil pensait. Notre magicien du ballon était aussi pour ceux qui lont connu et approché de près un homme de cur et dhonneur.
En somme, bien heureux sont ceux qui ont eu la chance de le voir à luvre
Abdenour Belkheïr.
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«Le Barça me voulait»
Que devient Lakhdar Belloumi ?
Je suis toujours dans le milieu du football, même si je me fais un peu discret. En effet, joccupe le poste de manager général au GC Mascara, le club de mes premières amours.
Avez-vous gardé en mémoire le parcours de votre riche et longue carrière ?
Cest en minimes, en 1972, que jai signé ma première licence avec léquipe de la Sempas de Mascara dont jai porté les couleurs durant trois autres saisons. Durant la saison 1976/77, je fais partie de lEN junior, et jai opté, par ou concours de circonstances, au SCAF.
La saison daprès, 1977/78, à lavènement de la réforme sportive, je retourne à Mascara qui évolue en régionale. Durant lexercice suivant, je fais mon baptême du feu avec lélite. Je signe au MCO à lâge de 20 ans. Ça se précipite pour moi puisque après seulement trois mois de présence chez les Hamraoua, je suis convoqué en EN.
Je navais pas encore bouclé mes vingt ans, le 16 octobre 1978. Contraint de changer dair de nouveau, jentame mon service national à lEMEPS de Béni-Messous durant la saison 1979/80 en portant les couleurs du MCA. Je passe deux inoubliables saisons avec les fameux Chnoua qui mont vite adopté. Avec le MCA je prends part à la coupe dAfrique. On est éliminés par le Canon de Yaoundé en 1/4 de finale. La saison daprès, on prend le meilleur Stella Abidjan. Jai eu lhonneur de marquer le but qualificatif dans le temps additionnel au match retour qui a eu lieu au stade du 20-Août. Mon service national terminé, je retourne au GC Mascara où je passe six années consécutives. En 1988/89, je porte les couleurs du MCO. Avec une équipe homogène et un encadrement compétent, nous sommes sacrés champions dAlgérie. La saison daprès, je tente lexpérience à létranger avec le club al Arabi de Doha.
Pas motivé dans ce championnat de faible niveau et ne regroupant que six équipes, je demande ma libération au mercato, au profit du MCO avec lequel je perds la finale de la coupe dAfrique contre le Raja de Casablanca. La saison daprès, je signe à lUSMBA qui fait partie de la division Une. A la fin de saison, retour à Mascara où je passe deux saisons. En 1994/95, jallais encore une fois au MCO, que je quitte après une saison au profit de lASMO. Je passe une année au CGM avant de retrouver en 1998/99 le MCO. Mon match dadieu je le joue durant la saison 2000 à Mascara contre lUSMB.
Combien de sélections et de buts comptez-vous avec lEN A ?
Je comptabilise, de 1978 à 1989, 147 sélections, ce qui constitue le record en Algérie et peut-être même mondial, qui aurait pu être officiellement établi si la FAF envoyait régulièrement les feuilles de matchs à la FIFA. Jai inscrit pour le compte de léquipe nationale 34 but. Dans le cadre du championnat national, jai porté à plus de 200 mon capital buts.
A votre palmarès vous avez accroché plusieurs distinctions et titres pouvez-vous nous les rappeler ?
Jai pris part à 4 coupes dAfrique des nations celles de 80 au Nigéria, 82 en Libye, de 84 en Côte-dIvoire et de 88 au Maroc. Avec lEN, jétais également présent aux JO de Moscou en 80, à deux phases finales de coupe du monde. Jai été sacré ballon dor africain et meilleur athlète africain, toutes disciplines confondues en 1981. Jai fait partie en 1982 de la sélection arabe qui a battu la Hollande à Doha par 4 buts à 2. Javais réalisé ce jour là un doublé.
Durant la même année, jai linsigne privilège de figurer dans la sélection du reste du monde qui a été battue à New York par la sélection dEurope par 3 buts à 2. Là aussi, jai réussi à inscrire un but pour la sélection du reste du monde où figuraient dillustres joueurs tels les Brésiliens Zico, Falcao, Socrates, Junior. Je nomettrais pas de signaler quen 78 jai été sacré meilleur joueur algérien, arabe et africain.
Que retenez-vous comme meilleur souvenir ?
La coupe du monde 82 et la victoirecontre le géant allemand. Le but victorieux que jai inscrit a été pour moi la cerise sur le gâteau.
Quel est votre plus mauvais souvenir ?
La blessure contractée le 15 mars 1985 à Tripoli à loccasion du match de Coupe dAfrique des clubs joué entre lIttihad de Tripoli et le GC Mascara. Je remercie au passage les responsables algériens qui ont vite pris la décision de mévacuer vers Paris où jai été opéré.
Vous avez raté une carrière professionnelle qui sannonçait fort prometteuse
Le jour où jétais décidé de partir à létranger, jai contracté cette blessure de Tripoli. Avec léquipe espagnole de Murcea, jai signé un contrat dune année que jai sur place annulé, car ce jour là, les dirigeants de Mascara où jétais encore signataire, qui étaient hébergés, contre toute attente, avec les dirigeants espagnols à lhôtel Aurassi, mont pris en flagrant délit de négociations. Ils mont convaincu dannuler le contrat et de rester à Mascara. Jai failli signer avec le PSG, lOGC Nice, lAS Saint-Etienne.
Le célèbre entraîneur Helenio Herrera, qui entraînait le Barça, qui ma supervisé en 1981 à Constantine à loccasion du match Algérie-Nigéria comptant pour la qualification au mondial de 82, ma contacté pour signer au Barça. Je nai pu répondre à toutes ces offres car nous navions pas le droit de quitter le pays à moins de 28 ans.
Quelle comparaison faites-vous entre lEN des Belloumi, Madjer, Assad,...et celle de ces dernières années ?
Léquipe des années 1980 nest pas le fruit du hasard. Cest grâce à un travail de longue haleine, des compétences de lencadrement, et dune politique stable et cohérente que notre génération a atteint la notoriété quon connaît. De nos jours, les compétences sont marginalisées. Pour quil sorte de la très mauvaise passe, notre football doit impérativement revenir aux footballeurs. LEtat doit inévitablement simpliquer pour mettre terme à cette situation.
Que vous a apporté le football ?
Matériellement pas grand-chose, comparativement à ce quil peut apporter aujourdhui aux joueurs. Sur le plan humain, le football ma aguerri, forgé. Le football a été pour moi une réelle école de vie. En jouant au football au plus haut niveau, jai beaucoup voyagé, connue les différentes couches sociales et vécu décemment avec ma famille.
Et si cétait à refaire ?
Je le referai sans hésitation.
Quel a été le joueur le plus complice avec vous ?
Notre génération était soudée comme les doigts dune main. Je mentendais avec tout le monde. Toutefois, jai une préférence pour Salah Assad avec qui jai partagé le plus de temps. On a joué ensemble en équipe nationale cadet junior, militaire et «A».
Jai été à maintes reprises invité chez la famille Assad, que je remercie au passage pour toute lattention quelle ma témoignée.
Quel est le défenseur que vous craigniez le plus ?
A vrai dire, à léchelle internationale, personne ne mimpressionnait. En Algérie, jai toujours fait attention au jeu physique et agressif de Boukadoum de la JSK, de Maïche du NAHD et de Herabi de lUSMH. Ils ne me ménageaient guère.
Y a-t-il un entraîneur qui vous a marqué durant votre carrière ?
Saïd Amara, qui ma mis dans le grand bain du haut niveau, et ma permis de compléter mon registre pour mavoir suivi dès mon jeune âge, est incontestablement lentraîneur qui a le plus forcé mon respect et ma reconnaissance. Mekhloufi, Mahi, Khalef et Rogov mont aussi laissé une excellente impression.
Votre dirigeant modèle ?
Je noublierai jamais le président du MCO, Kacem Eliman. Cest un homme de cur et de parole. Avec lui, le MCO a connu ses meilleurs moments de gloire.
Votre homme politique préféré ?
Le président de la République Abdelaziz Bouteflika pour avoir permis aux Algériens de retrouver le sourire et vivre en paix.
Je profite de loccasion qui mest offerte pour lui souhaiter un prompt rétablissement et une longue vie.
Que pense Belloumi de lapport des joueurs et entraîneurs étrangers ?
Ils ne sont hélas daucune utilité pour lheure actuelle. Quils soient joueurs ou entraîneurs, les locaux sont nettement meilleurs, pour peu quils travaillent plus.
Nêtes-vous pas intéressé pour relancer votre carrière dentraîneur ?
Jai déjà entraîné le MCO, le GCM, SBA, lEN A avec Ali Fergani et deux clubs au Qatar, lOM Sallal et le Nadi Itifak. Sachez que je suis titulaire dun diplôme de haut niveau décroché en Allemagne en 2000 et reconnu par la FIFA. Avec ce diplôme de type licence A, je suis autorisé à entraîner nimporte quelle équipe nationale au monde.
Alors Lakhdar Belloumi de nouveau entraîneur national ?
Cest avec un grand plaisir que je mettrais mon expérience au service de notre football. Sachez toutefois que jai des contacts avec certains clubs huppés marocains et tunisiens. Je serais fixé dici lété 2007. Pour lheure je suis à Mascara où jassure ma mission dentraîneur-manager.
Choisissez-vous les trois meilleurs joueurs algériens de tous les temps ?
Mekhloufi, Lalmas et Madjer que je rencontre avec plaisir lors des différents matches de gala.
Votre passe temps favori ?
Pas beaucoup de place aux distractions. Le football meuble tout mon temps. Il marrive de jouer de temps à autre avec les anciens, comme Drid, Horr, Kouici, Bencheïkh, Fergani, Guendouz, Megharia, Menad, Assad.
Quel est votre joueur étranger modèle ?
Depuis mon jeune âge jai eu de ladmiration pour Michel Platini. Le hasard a voulu que je joue contre lui à New York à loccasion du match reste du monde contre la sélection dEurope. A la fin du match, il ma dit quil a été impressionné par mes qualités et ma recommandé de jouer en Europe.
Quel est le journaliste sportif que vous appréciez ?
Mohamed Sellah. Il est expérimenté, professionnel jusquau bout des ongles. Il a le sens de lobservation et de la communication.
Etre heureux, cest quoi ?
Cest être avec sa famille, en bonne santé et vivre dans la tranquillité.
Pour conclure ?
Je remercie le journal Horizons pour mavoir donné la possibilité de mexprimer. Je saisis loccasion pour demander aux anciens internationaux de sunir afin de reprendre en mains les affaires de notre football. Lexemple de la glorieuse équipe du FLN est là pour nous encourager à prôner lunion sacrée
Entretien réalisée par Abdenour B.
MEGUENNI (Visiteur)
Légende de football. Belloumi a été le meilleur joueur de tous les temps en Algérie. Un artiste. Le regarder jouer s'est se faire un tel plaisir qu'en sortant dui stade, on garde en mémoire, tout son jeu, ses passes, ses dribbles, ses gestes, un vai régal.
Je garde précieusement un autographe de Belloumi. Malheureusement, il n'a pas eu tout l'attention qu'il fallait.
Samedi 06 Août 2011 à 03:33
sebbar
BELLOUMI est un super joueur, mais son attachement à mascara et son amteurisme ont fait qu'il rate une grande carrière dans de grandes équipes européennes à l'instar de Madjer qui a su gére sa carrière....je me rappel d'un match MCA-ES Guelma ou lakhdar d'une feinte de corps a dribbler toute la défense et la tribune avec, il était un génie en football mais dommage il était casanier, il aimait trop mascara pour la quitter.
Dimanche 04 Décembre 2011 à 14:53