• BENCHEIKH ALI

    BENCHEIKH ALI 

    "ALILOU "

    Le roi du contre pied

     

     

     

     En 1977 l'entraineur Tunisien  CHETALI disait de lui qu'il était "un jongleur de cirque".Et lui répondait : "N'empêche qu'il ferait tout pour m'avoir dans son équipe".

    Le joueur qui ne laisse personne indifférent est l'ex meneur de jeu du MCA et de l'équipe d'Algérie, Ali Bencheikh.Aussi doué du pied droit que du pied gauche, Bencheikh était assurément un jongleur, mais surtout un joueur d'exception et un authentique créateur.Il était le symbole  de toute une génération de joueurs Algérien aussi doués les uns que les autres.

    Ali était capable de tout faire  sur un terrain.Il ne faisait pas l'unanimité même parmi les spectateurs Algériens.On lui reprochait surtout de trop garder le ballon.Une critique dure et injustifiée.Il se défendait de ce vice "Je garde le ballon pour que mes coéquipiers puissent se démarquer".Sa conduite de balle était remarquable et son art du contre-pied était digne des plus grand joueurs.Il savait aussi être opportuniste, il l'a prouvé en finale du tournoi des 3éme Jeux Africains en 1978.Il contrôla un centre à ras de terre de l'attaquant Belkedrouci, donna de l'effet au ballon.Le gardien nigérian Okala surpris ne peut que repousser le ballon et le même Bencheikh l'expédia hors de sa portée.Un but d'anthologie !

    Il était conscient de sa facilité.Il ne la fuyait pas : "J'aime bien m'amuser sur un terrain".Et il s'amusait follement.

    A la seule évocation de son nom ou plutôt son prénom (c'est ce que préferent ses fans) les souvenirs de ses merveilleux solos se bousculent dans nos têtes."Alilou" n'est pas seulement ce joueur au dribble dévastateur, c'est surtout un mythe.Même en méforme, la majorité des entraineurs qui l'ont eu,l'alignait parmi les rentrants.Sa seule présence sur le terrain a mis plus d'un adversaire dans la gêne.Il est craint comme la peste.Ceux qui s'y sont frottés en connaissent quelque chose.Que de fois se sont-ils retrouvés la jambe fauchant le vide à la suite d'un tacle glissé ou carrément embarqués dans un direction opposée à celle qu'il choisit en toute dernière minute. Les bas tout à fait baissés, le maillot sur le short, Bencheikh a baladé sa lourde silhouette un peu partout chez nous et dans les autres continents.D'apparence lente, il a trompé pas mal.Combien sont ceux qui ont succombé à son faux rythme.Son dribble saccadé, par à-coups a fait un nombre incaclculable de victimes du carton (rouge ou jaune).Comment ne pas user de ces expédients lorsqu'on rencontre un adversaire au football arrogant, moqueur ou détestable.Balle au pied, Bencheikh a le don de provoquer la faute de l'adversaire.Ceux qui optent pour l'anti-jeu, il les fait tourner en bourrique.C'est là le secret de sa réussite.Un conduite et une couverture de balle terriblement efficaces lui permettant des "numéros" qu'il est seul à effectuer.Losqu'il fixe un adversaire,retarde sa course-parfois presque à l'arrêt- c'est pour mieux partir du coté ou son adversaire l'attend le moins.Tout son jeu est basé sur la malice, la ruse.En un mot,le contre pied est son objectif avoué.Une arme redoutable lorsqu'on sait s'en sevir.Alilou nous rappelle souvent que le football est avant tout un jeu.Et il s'amuse, souvent. Contrairement à ce que beaucoup pensent, le dribble n'est pas son seul atout.Sa vision de jeu est ce qui se faisait et se fait de mieux chez nous.Au moment où il fonce tête baissée vers l'aile, nous faisant croire au débordement, il change brusquement sa course pour ouvrir au profit d'un coéquipier démarqué.Sa touche de balle telle une caresse -souvenons nous de ses balles arrêtés- imprime au ballon de folles arabesques.Un régal pour les puristes.L'adversaire, lui, n'y trouve aucun goût.Quand ce dernier tente quelques iniatives, il est déja trop tard. Nous avons également à maintes reprises appréciés son pouvoir de pénétration.Il est capable de faire la décision à n'importe quel moment de la partie grâce à une espéce de génie que tout le monde lui reconnait.Ses fins de matches sont devenues maintenant légendaires.Avec lui, il faut s'attendre aux plus spectaculaires retournements de situation.Les 15000 de bologhine ou les 800000 du "5 juillet" ont eu pour leur argent. Avant que les ténèbres de l'oubli ne l'engloutisse,Ali Bencheikh a laissé un roman qui se fredonne comme une harmonie, elle passe facilement au creux de l'oreille. Alilou Dialna.

    Que ce soit contre les équipes africaines, face à la JSK ou pour son jubilé, Ali Bencheikh provoquait toujours la même passion.Personne n'a pu remplacer "Alilou" dans le coeur des mouloudéens.Il y avait la même ambiance,même chansons et même spectacle dans les tribunes, pour venir voir ce prodigieux joueur.Celui pour qui ils étaient prêts à tout pardonner, à tout oublier et à tout sacrifier pour un "petit pont" ou un "rateau" dont il a seul le secret.C'est vrai qu'on pouvait tout sacrifier pour lui au point ou l'en remplaça les habituels "mouloudia chicago" par les "ya Ali ya Ali" et "Alilou Dialna". Alilou l'idôle de Bab-el-oued, l'artiste et le charmeur de Bologhine, l'enfant terrible de l''équipe nationale.Ali est-il une tête brulé? un éternel contestataire? il fut le "fils du peuple" il appartenait au peuple,il est quelqu'un de trés chér que tout les puristes et connaisseur n'oublierons pas de sitôt et qui sera à jamais gravé dans nos mémoires.

    Salut Alilou !

     

     

    ALI BENCHEÏKH

    (EX-JOUEUR MCA ET DE L'EN DES ANNÉES 70 ET 80)

    "Il savait enflammer le public"

     

    Il n'a pas encore quinze ans lorsque il évolue chez les minimes du MCA et paraît gorgé de promesses. Né le 9 janvier 1955 à El M'hir dans la wilaya de Bordj Bou-Arréridj, Ali Bencheïkh est un pur produit du Mouloudia d'Alger.

     

    Son nom restera à jamais intimement lié à l'histoire sans pareille du Doyen. "Alilou" (qui portait le légendaire numéro 6) avait suffisamment de bagages pour enflammer à lui seul l'impressionnant public mouloudéen. Il savait tout faire avec un ballon. Bon des deux pieds, il excellait aussi bien dans le jeu court que dans les longues balles. A 18 ans à peine, l devient déjà un rouage essentiel dans l'échiquier des Vert et Rouge.
    Aux côtés de ses coéquipiers, notamment ceux de la prestigieuse équipe de 1976 (vainqueur du triplé coupe d'Afrique et Coupe d'Algérie et championnat) représentée par les Bétrouni, Bachi, Bousri, Zénir, Draoui, Bachta... Alilou a trouvé un terrain d'expression idéal pour s'épanouir et se faire réellement plaisir. Il devient très vite la coqueluche des milliers d'inconditionnels. Il avait de la facilité pour organiser et relancer le jeu et était capable d'inscrire des buts décisifs. Adulé, parfois critiqué et incompris, Alilou n'a jamais laissé indifférents les amoureux du Mouloudia et du football. A 21 ans, il fait partie déjà de l'EN avec laquelle il comptabilise près de 70 sélections pour dix années de présence (1976-1986).
    Forgeant très vite sa personnalité, il fait l'objet de sérieuses convoitises de clubs étrangers notamment la glorieuse équipe du FC Nantes qui, en 1978, était sur le point de lui faire signer une licence aux côtés des stars qui avaient pour noms Gondet, Bossis, Ayache, Touré, Sahnoun....
    Il ne pourra hélas évoluer dans le championnat de l'Hexagone, eu égard au refus des hauts responsables algériens, fermement décidés à ne laisser s'expatrier aucun joueur algérien âgé de moins de 28 ans (Alilou était âgé de 23 ans). La coupe du monde de 82 a constitué pour le n°6 mouloudéen, l'autre grande frustration de sa carrière. "Alors que j'étais particulièrement affûté et fin prêt, en témoignent mes matchs de préparation réussis et ma grande saison avec le MCA, je me suis vu injustement privé de jouer ne serait-ce que quelques minutes". Alilou qui a été le symbole du MCA dont il a porté le maillot 17 ans (1971-1988), devait tirer sa révérence à Bologhine à l'occasion du match MCA-ESS. Il devient entraîneur manager au sein de son club de toujours mais se rend à chaque fois à l'évidence.
    "On ne peut pas travailler dans une ambiance qui n'est pas sereine.
    C'est pour cette raison que je lance un appel pressant à la grande famille mouloudéenne lui demandant de resserrer ses rangs et d'œuvrer pour le même objectif, redonrer le lustre du Mouloudia".

     

    Abdenour Belkheïr.Horizons-dz du 16.05.2007


    «Le Mouloudia et le football m’ont forgé»

     

    Que fait Alilou à l’heure actuelle, professionnellement parlant ?
    J’émarge toujours à la Sonatrach, où je travaille en tant que fonctionnaire depuis 1977, année de l’avènement de la réforme sportive.

    Pouvez-vous nous retracer votre itinéraire sportif ?
    Mes premiers pas de footballeur remontent à l’année 1967, dans la catégorie minimes de l’USMA. La saison d’après, et toujours en tant que minimes 2e année, j’opte pour le MCA. C’est sur insistance des camarades de quartier à la Casbah et de Rebouh Seddiki, ancien joueur de l’USMA, que je rejoins le Mouloudia, sous la férule du regretté Mustapha El Kamel.
    En cadet 2e année, c’est-à-dire à 16 ans, je fais ma première apparition chez les seniors. C’était en 1971 à l’occasion du dernier match du championnat, joué et gagne 2-1 à Bologhine contre l’ASMO. C’est l’entraîneur Smaïn Khabatou qui m’a lancé dans le bain en m’alignant en n°6. C’est un match qui est gravé à jamais dans ma mémoire. Junior première année la saison qui suit, je m’entraîne avec les seniors, mais je joue les matchs de championnat avec les juniors.
    Sous la direction du regretté entraîneur Brahim Ramdani, j’ai vite fait de progresser et m’aguerrir. En junior 2e année, c’est-à-dire durant le championnat de la saison 72/73, je fais partie de l’équipe fanion dirigée par Smaïn Khabatou. Je fais partie de l’effectif en en tant que titulaire jusqu’en 1979.
    Pour des raisons dont je ne voudrais pas rappeler, je quitte le Mouloudia au profit de la DNCA où durant 6 mois, j’évolue aux côtés des Oulmane, Horr, Amrani, Harkat, Saâdoud, Demdoum.... sous la houlette de Mokrane Oualiken. La saison bouclée, je retourne au MCA et passe quatre années.
    Je fais une virée à la JSM Chéraga durant la saison 85/86. En fin de saison, les dirigeants mouloudéens me relancent de nouveau. Je signe une licence que je renouvelle jusqu’en 88/89, avant d’arrêter définitivement. Malgré l’annonce définitive de ma fin de carrière, à l’âge de 34 ans, je n’ai pas cessé d’être sollicité par certains clubs, dont bon nombre de l’élite.

    Avez-vous gardé en mémoire votre riche palmarès. Si oui, actionnez la machine à remonter le temps ?
    A 17 ans à peine j’étais sur le banc de touche à l’occasion de la finale senior gagné par 4-2 en 72 au stade du 5-Juillet contre l’USMA. La saison suivante, je fais partie de l’équipe sacrée championne nationale. Je comptabilise également les coupes d’Algérie 74/75 remportée 2-0 contre le MOC et de 82/83, 4-3 face à l’ASMO.
    J’ai eu le privilège de décrocher avec le Mouloudia, la coupe maghrébine à Tunis en 73/74, le triplé de 76, Coupe d’Afrique, coupe d’Algérie et titre national ainsi que le titre de champion durant les saisons 77/78 et 78/79. Avec l’équipe nationale, j’ai passé plus de dix années, de 76 à 86, et compte plus de 70 sélections. C’est à l’âge de 21 ans en 1976 que j’ai fait ma première apparition chez les Verts. C’était sous la coupe de Rachid Mekhloufi qui m’a aligné contre la Libye en match amical au stade du 5-Juillet.

    Quel est le souvenir que vous a le plus marqué ?
    Le triplé de 1976. La demi-finale de la coupe d’Afrique gagnée (3-0 à Alger et 0-1 au Caire) contre le Ahly. Lors du match joué au Caire, le célèbre avant-centre El-Khatib, sacré meilleur joueur africain une année avant, devenu par la suite un ami et avec qui je garde encore le contact, m’a dit qu’il me voyait sacré ballon d’or africain de l’année 76, devant les Ghanéens Abderrezak et pas l’inverse. Toutefois, la 2e place à l’échelle africaine a largement suffi à mon bonheur.
    Jouer au stade mythique de Santiago-Bernabeu contre le Madrid avec le MCA dans le cadre du tournoi intercontinental, était pour nous les Mouloudéens un privilège qui n’avait pas de prix, d’autant que notre participation a été des plus séduisantes.

    Quelle est la déception qui vous a le plus fait mal ?
    L’injustice vécue en coupe du monde 82. J’ai été déçu par le choix de l’entraîneur qui m’a privé d’une place qui aux yeux de tous me revenait presque de droit. Au milieu, et aux côtés de Dahleb et Belloumi, il devait y avoir Djamel Tlemçani et moi-même. Malgré tout, j’ai accepté la mort dans l’âme le choix de l’entraîneur Mahieddine Khaled avec qui je garde encore de bons rapports.
    Vous avez connu beaucoup d’entraîneurs. Lequel vous a marqué ?
    Chez les jeunes c’est indéniablement le regretté Mustapha El Kamel. Il était pour le football et la formation ce qu’était El Hadj-El Anka pour le chaâbi. Par la suite, j’ai été séduit par Smaïn Khabatou qui représentait une encylopédie du football. Il avait un siècle d’avance sur tout le monde et possédait un réel savoir étendu et universel. C’est le mythique entraîneur français Albert Batteux que Smaïn Khabatou a fait venir à Alger à l’occasion des JM de 75.
    D’ailleurs, Albert Batteux ne se privera pas de demander souvent conseils à Aâmi Smaïn, qui a également fait venir à Alger d’autres entraîneurs de renommée mondiale, telle Helleno Herera et Stephan Kovacs. Il est bien regrettable que le football n’a pas su profiter pleinement de la valeur de Aâmi Smaïn.

    Qui citez-vous comme dirigeants modèles ?
    Le regretté Braham Derriche. Il imposait le plus grand respect. Abdelkader Drif, Youcef Hassena et Hadj Rebaïne, ont eux aussi marqué de leur empreinte leur passage au Mouloudia.

    Quel est l’arbitre que vous respectiez le plus ?
    Mohamed Hansal, un arbitre compétent, honnête et humain. Il n’avait nullement besoin de sortir les cartons pour se faire respecter. C’est toujours avec joie que je le rencontre à l’occasion de certains matchs-galas.

    Quel est l’homme politique qui vous inspire le plus confiance ?
    J’ai la ferme conviction que Mouloud Hamrouche aurait pu faire beaucoup pour l’Algérie. Cherif Rahmani représente à mes yeux lui aussi l’homme politique idéal.

    On ne rencontre plus Ali Bencheïkh sur les stades ?
    Je suis plutôt désintéressé. Je ne vais plus au stade depuis quelque temps déjà et j’évite au maximum les rencontres télévisées, d’autant que je ne connais pas la majorité des joueurs. Le faible niveau qui caractérise les différentes rencontres et la violence qui y règne ne sont pas faits pour m’incite à me replonger dans l’ambiance du football.

    Avec quels coéquipiers aviez-vous le plus d’affinités tant sur le terrain qu’en dehors ?
    J’étais complice avec pratiquement tous les joueurs de ma génération. Mais c’est avec Abdesslam Bousri, que je m’entendais le plus, lors des matches et dans la vie de tous les jours.

    Quel est l’adversaire que vous redoutiez le plus ?
    Je ne me faisais aucune fixation sur l’adversaire. Sur le terrain j’étais libéré sur le plan psychologique.
    Quelles que soient l’importance de l’enjeu et la valeur du vis-à-vis, ceux qui tentaient de me réserver un marquage strict, et ils étaient nombreux, subissaient une réelle corvée et ils le faisaient savoir à leurs entraîneurs.

    Que pense Alilou de la présence des entraîneurs étrangers dans le championnat national ?
    Les entraîneurs qui ont été recrutés jusque-là n’ont aucune carte de visite et étaient au chômage pour la quasi-totalité d’entre eux. Ce ne sont pas ces entraîneurs aux compétences limitées qui pourraient rehausser le prestige du football. Bon nombre d’entraîneurs locaux ont les capacités requises pour ce faire. Il y a juste lieu de leur faire confiance et de leur offrir les moyens, d’autant que la pâte existe.

    Aimeriez-vous être président, manager ou entraîneur au Mouloudia ?
    Je pourrais accepter ou refuser les trois possibilités. Pour accepter la présidence, j’exigerais d’être élu par l’assemblée générale qui sera seule habilitée à me demander des comptes. Je présenterais un programme et je tracerais les objectifs à atteindre.
    Pour le poste de manager, il faudrait que j’assume totalement le rôle de responsable technique de toutes les catégories. J’aurais la charge du recrutement en fonction des moyens mis à ma disposition. Je réduirais l’effectif à 22 joueurs au maximum, dont une partie sera puisée du cru.
    Pour le poste d’entraîneur, je mettrais en place un nouveau concept en matière de pédagogie et de relations avec les joueurs. J’exigerais l’application stricte du règlement intérieur. Seul le capitaine d’équipe pourrait aborder l’aspect technique avec la presse. Il lui sera interdit de parler de gestion du club et ses dirigeants. Le joueur qui commettra des impairs sera sanctionné financièrement. S’il est récidiviste, il passera en conseil de discipline. Il sera soit exclu, soit il écopera du double de la première sanction financière et ne sera pas aligné durant plusieurs matchs. C’est dans le cadre purement interne et organisé que les joueurs pourront s’exprimer devant leur entraîneur et leur manager, et pas devant le président. Ils pourront défendre leurs droits. En tant qu’entraîneur, j’exigerais que le Mouloudia joue au 5-Juillet, non à Kouba, Koléa ou ailleurs. Il a cette chance extraordinaire de rassembler régulièrement près de 80.000 spectateurs.

    Qu’a pu apporter le football à Ali Bencheïkh ?
    Il m’a permis de vivre décemment sur le plan matériel. Le football m’a forgé et aguerri. En jouant au football, j’a connu beaucoup de monde et j’ai beaucoup voyagé.

    Le Mouloudia traverse depuis des années des turbulences et n’enregistre pas les résultats conformes à sa dimension. Votre avis là-dessus ?
    Il est grand temps que la grande famille mouloudéenne authentique se réconcilie avec elle-même. Je souhaite vivement une rencontre qui regrouperait toutes les parties du club et qui une fois pour toutes bannirait toutes formes de conflits, d’esprit de clanisme, de rancune et de rancœurs. Tous devront défendre l’intérêt suprême du Mouloudia qui doit rester un et indivisible.

    Qu’en pense Rachid Marif, l’homme fort du Mouloudia ?
    Il ne cherche à vrai dire que le bien du Mouloudia. Il est au club depuis une trentaine d’années et a toujours fait preuve de grande disponibilité et de dévouement. Certes, certains d’entre eux ont eu des divergences avec lui, mais tous souhaitent avancer en rangs serrés et redonner au Mouloudia son lustre d’antan.

    Et Abdelkader Drif dans tout cela ?
    Il faut être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître que Abdelkader Drif a énormément apporté au Mouloudia.
    On lui doit, nous les anciens, beaucoup
    de respect. Youcef Hassena, pour peu que sa santé le lui permette, est capable d'apporter une précieuse contribution.

    Que pensez-vous de la violence dans les stades ?
    Si elle est là, et si elle a tendance à prendre de l'ampleur, c'est parce qu'il n'y a plus de spectacle et de fair-play sur le terrain. La presse, du moins une certaine presse qui souffle sur les braises, a sa part de responsabilité elle aussi.

     

    On parle beaucoup de combines ces derniers temps. En avez-vous connu à votre époque ?
    Je ne l'ai jamais connue à mon époque. Pour la combattre, il faut prendre des sanctions sévères.

    Vous aurez pu jouer au FC Nantes. Pourquoi ça n'a pas marché ?
    Effectivement, il a fallu d'un rien pour que je signe en 1978 au profit de ce grand club. J'allais débuter dans ma nouvelle carrière, lorsque me trouvant à Paris, des responsables du consulat d'Algérie sont venus me demander de retourner à Alger sur ordre du regretté président Boumediène qui chargera, à mon retour à Alger, des personnes qui me remettront les clés de l'appartement que j'ai eu à Chéraga.

    Comment votre suspension en finale de la Coupe d'Afrique (match retour à Alger) contre le Hafia Conakry a été levée ?
    Ma suspension était injuste et préméditée. Je n'avais commis aucune faute pour être suspendu. Très au fait de l'actualité footballistique et de l'affaire en question, de hauts responsables du pays ont saisi la CAF, dirigée à l’époque par l’Ethiopien Tessema. Ce dernier, sensible aux doléances et à l'appel des responsables algériens, a pris la décision d'annuler la suspension qui m'a été infligée.

     

    Quels sont les meilleurs joueurs algériens de tous les temps ?
    C'est un choix dificile à faire. Je citerais Lalmas et Boualem Amirouche. Dans ma génération, il y avait 5 ou 6 joueurs d'exception.

    Quel sont les qualité et les défauts de Ali Bencheïkh ?
    Je suis gagneur et solidaire avec mes coéquipiers. J'excellais dans la vision du jeu et la force de pénétration. Concernant mes défauts, j’abusais parfois des dribles car je voulais assurer le spectacle et faire plaisir aux supporters.

    Un vœu ?
    Que mes enfants poussent leurs études à l'étranger et accomplir, mon épouse et moi, le pèlerinage à La Mecque

     

    Entretien réalisé par A. B. horizons-dz du 16.05.2007

     

    GLOIRES D'HIER ET D'AUJOURD'HUI

    Ali Bencheikh, le magicien

    l a fait partie de la glorieuse équipe des années quatre-vingt. Il était un magicien du ballon. Il faisait dresser les foules à chacune de ses apparitions. A lui seul il valait le déplacement. Bencheikh était un monstre sacré, un attaquant génial, qui a marqué de son empreinte l'histoire du mouvement sportif national. Dribbleur génial, doté d'une excellente technique qui lui permettait de mettre dans le vent ses adversaires, Ali était une star, une idole, un joueur hors normes, adulé par tout le peuple. Comme la plupart des joueurs de son époque, il a commencé, très tôt, à taper dans le ballon. C'est sur les terrains vagues qu'il fourbit ses premières armes. Sa touche de balle, ses dribbles déroutants et ses petits ponts ne laissent personne indifférent. Séduits par son talent, les dirigeants du Mouloudia d'Alger sont rapidement sur ses talons. Ils n'ont aucun mal à convaincre Bencheikh qui opte pour le doyen des clubs algériens. Dés les premiers matchs, il laisse exploser son talent et confirme tout le bien qu'on disait de lui en dominant partenaires et adversaires. L'équipe fanion lui ouvre ses portes. Malgré la présence de joueurs de renom, à l'instar de Betrouni, Bachi, Bachta, Draoui et autre Bousri, Ali n'est pas du tout intimidé. Comme un chevronné, il distribue les balles et organise le jeu. Les supporters du MCA le découvrent et lui prédisent déjà une grande carrière. Rencontre après rencontre, Bencheikh s'affirme et ne tarde pas à devenir une star. Le stade du 5-Juillet lui sert de rampe de lancement. Un après un, les adversaires du vieux club d'Alger mordent tous la poussière. Même le jumbo jet drainé, alors, par Mahieddine Khalef, y laisse des plumes. L'année 1976 le révèle définitivement au public sportif, mais c'est lors des matchs de Coupe d'Afrique que Ali fait parler la poudre en inscrivant des buts de toute beauté, qui resteront longtemps gravés dans les mémoires. Contre le représentant kenyan, il crédita le public d'un match époustouflant au cour duquel il marqua un but somptueux. Parti du centre du terrain, le stratège mouloudéen passa en revue toute la défense adverse avant de battre l'infortuné gardien. Par ce geste, le propre des joueurs de génie, Bencheikh propulse son équipe vers les cimes. Ni le Ahli du Caire d'El Khatib, ni le Hafia de Conakry et ses onze joueurs internationaux ne réussiront à lui barrer la route. Il fut sacré Champion d'Afrique, quelques mois après son sacre en Championnat et en Coupe d'Algérie. Pressenti pour le Ballon d'or qui lui revenait de droit, Ali Bencheikh est victime des jeux de coulisses et de la Confédération africaine de football qui lui a préféré le Guinéen Chérif Souleiman. Pour les puristes, il est le meilleur. Zapy Max, le célébre présentateur de l'émission Quitte ou double, a même rédigé une question le concernant. Après le Mouloudia, Ali s'illustre avec la sélection nationale qu'il servira de longues années durant aux côtés des Madjer, Assad, Dahleb, Belloumi et autre Zidane, la génération dorée qui a écrit l'une des plus belles pages de l'histoire du football algérien. Sans quelques aléas qui l'ont freiné dans sa progression, Bencheikh aurait pu partir en Europe et évoluer dans un grand club, comme Rabah Madjer, l'ex-sociétaire du Nahd.

    http://www.lexpressiondz.com/article/0/0-0-0/146958.html

     

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