• BETROUNI Omar

    Omar Betrouni (MC Alger)
    L'homme de la derniére minute


    Dans l’équipe du Mouloudia, club d’Alger, il était le pourvoyeur de balles et l’homme qui au cours d’une rencontre avalait des kilomètres avec un appétit certain de buteur. Du côté de Bachi Zoubir, de Tahir Hacène, il apporte à son équipe, le MCA, une contribution efficace qui le place parmi les ténors du Championnat national. Avec Betrouni Omar dans un terrain de football, le ballon refuse d’aller ailleurs et semble apprécier le refuge qui lui est accordé. On ne peut mieux présenter Omar qui avait le défaut de garder le ballon, mais aussi la qualité de ne pas le perdre. Betrouni Omar était considéré comme le meilleur dribbleur du MCA. Dans un mouchoir de poche, il était capable de rester maître du ballon face à quatre voir cinq adversaires. Il n’avait que 18 ans lorsque l'entraîneur français Lucien Leduc lui demande d’apporter son expérience à la ligne d’attaque algérienne.
    Né le 3 novembre 1949 à Alger, poste préféré, ailier droit, il est un pur produit du Mouloudia d’Alger. Pour ceux qui le connaissent, Betrouni Omar n’a jamais changé sa manière de jouer, il est resté le footballeur de petit gabarit qui était handicapé pour la conquête des balles aériennes mais il compensait cela par une grande vivacité. Un grand fignoleur de balles avec des débordements spectaculaires.
    Betrouni Omar avait horreur des passes longues. Sa force résidait dans les incursions, balle-au-pied, il parvient à semer la panique au cœur des défenses adverses. Betrouni Omar était un ailier- droit très combatif, déterminé à l’approche des buts. Il est sorti de la vrai école mouloudéenne et fait partie des noms qui ont contribué à l’élévation technique du football du doyen et de l’Equipe nationale algérienne. Il a porté le maillot national plus de 82 fois. Son premier match avec les verts fut à l’âge de 18 ans à Casablanca en date du 27 juin 1968 contre la formation de la Guinée sous la houlette de Lucien Leduc. Il a joué jusqu’à l’âge de 28 ans à Alger, le 28 juillet 1978 contre le Nigeria avec pour entraîneur Rachid Mekhloufi. Betrouni Omar a participé à 7 matchs de Coupe d’Afrique, 4 rencontres de Coupe du Monde, 5 matches aux jeux Africains, 23 matches amicaux et à 6 aux jeux Méditerranéens. Il a eu l’honneur et le privilège d’avoir marqué 12 buts pour les verts algériens.
    A 18 ans, Lucien Leduc le convoque pour l’aligner contre l’une des meilleurs formations africaines, la Guinée pour le compte des jeux olympiques. Il y restera plus de 10 bonnes années au cours des quelles, il remportera la médaille d’or des jeux Méditerranéens et celle des jeux Africains.
    C’est d’ailleurs lors de la finale contre le Nigeria en 1978 qu’il mettra fin à sa carrière d’international. Betrouni Omar raflera plusieurs titres et trophées.
    Voir Betrouni Omar dans un terrain de football était un vrai régal, car il offrait un fabuleux spectacle. Il était très calme dans sa propre surface, ce qui lui permettait d’organiser le jeu à partir de sa zone, c’est-à-dire de son aile droite mais Omar avait une spécifié : c’est de pouvoir partir de son flanc droit pour se retrouver sans le vouloir comme inter-droit, inter-gauche et même ailier-gauche, une qualité rare à trouver chez n’importe quel autre joueur de football. Betrouni Omar est un footballeur très connu, facilement abordable. Tout le monde rêvait d’être un joueur comme lui. Les défenseurs rechignaient à la besogne lorsqu’il s’agissait de le museler car aucun joueur ne pouvait le faire tellement il était un véritable poison. Betrouni Omar était considéré comme l’un des meilleurs joueurs que l’Algérie ait eu. Il était au même titre que Lalmas, Mekhloufi, Selmi, Bachi, Salhi et autres. Que dire de plus de lui si ce n’est qu’il nous a procuré du bonheur, de la joie. Il nous a souvent fait pleuré lorsque l’Algérie a remporté la médaille d’or aux jeux méditerranéens en 1975, puis la finale de la coupe d’Afrique avec le MCA en 1976. c’était toujours lui qui faisait la décision. Betrouni Omar a été entouré de la sélection nationale cadette puis il s’est occupé d’une formation à l’étranger (France). De retour au pays, Betrouni Omar est toujours mis à côté du monde footballistique malgré qu’il peut amener un plus de par son expérience.Il est le joueur le plus titré du mouloudia d'alger avec Kaoua Abdenour et Zenir


    son palmarés avec le MCA
    5 championnats d'Algérie (71/72-74/75-75/76-77/78-78/79)
    3 coupes d'Algérie (70/71-72/73-75/76)
    2 coupes du maghreb (70/71-73/74)
    1 coupe d'afrique des clubs champions (1976)

    Milan AC veut Betrouni

    ZAMANE YA ZAMANE

    OMAR BETROUNI

     (EX-JOUEUR DU MCA, DE L’USMA ET EN)

    Une prestigieuse carrière ...

    Il faut être réellement inculte en matière de football ou carrément faire preuve de non sens pour ne pas reconnaître que Omar Betrouni occupe une place à part dans l’histoire du MCA post-indépendance.

    Des joueurs de sa trempe on en veut et on en redemande. Avec sa technique impeccable, sa vitesse d’exécution balle au pied, ses feintes et ses dribbles enchaînés et déroutants ainsi que sa grande ruse devant buts, l’ailier de "poche" a marqué à jamais son nom tant au Mouloudia qu’en équipe nationale.
    Attaquant racé, Omar était un réel régal pour les puristes. Il pouvait faire la décision à tout moment. Né le 9 janvier 1949 à Alger, Omar Betrouni a fait sa première apparition en

     1959 chez les poussins de l’ASSE (Saint Eugène). Dès l’indépendance (1962), il se retrouve chez les minimes du MCA. Il fera toutes ses classes dans ce club mythique. En 1977-78, saison qui a vu l’avènement de la réforme sportive, Omar est "prié" de quitter injustement et contre toute attente la maison mouloudéenne à qui il a pourtant tant donné et espérait le faire encore davantage. "C’est une frustration qui est toujours restée enfouie en moi", dira-t-il avec une voix enrobée d’amertume.
    Comme pour se venger du mauvais sort et de l’ingratitude de eux qui l’ont écarté du Mouloudia qui était sa raison d’être, le "lutin" optera pour le club rival et voisin l’USMA où il restera durant deux saisons (80-81 et 81-82).
    Un passage qu’il réussira parfaitement bien, avec à la clé une coupe d’Algérie. Avec une hygiène de vie irréprochable et un amour sans bornes pour le ballon, Omar continuera à jouer officiellement jusqu’à l’âge de 40 ans. Après le MCA et l’USMA, il évoluera successivement à la JSEB, à Meftah et à Dellys. Avec l’équipe nationale, Omar Betrouni comptabilise environ une centaine de sélections. Lors des Jeux méditerranéens (JM) d’Alger en 1975, il fut le héros d’une historique finale gagnée par l’Algérie devant la France (3-2). Ce jour-là et devant 100.000 spectateurs et des millions de téléspectateurs, le "petit" Omar survolera partenaires et adversaires. Ses déboulés à l’aile droite, ses centres millimètres et ses deux buts décisifs lui ont permis d’être porté au pinacle.
    La prestigieuse carrière de Omar qui, malgré sa grande renommée, ne s’est jamais séparé de sa gentillesse et de sa bonne humeur, aurait pu connaître plus de brillance, sans le refus du MJS qui l’a privé en 1973 de signer au Milan AC. C’est le recruteur Rivera qui lui donnera le feu vert après l’avoir supervisé durant la coupe maghrébine remportée par le MCA.

    Abdenour Belkheïr.

    BETROUNI: La race des Grands

    «De notre temps, on prônait réellement l’union sacrée»

    Pouvez-vous nous résumer d’une manière succincte votre parcours sportif ?
    Mes débuts remontent à l’année 1959 en tant que poussin chez l’AS Saint-Eugène. En 1962, j’évolue chez les minimes du MCA. Au Mouloudia, où j’ai fais toutes mes classes, je suis resté jusqu’en 1978. J’ai à peine 17 ans lorsque je suis aligné dans l’équipe fanion. J’opte pour l’USMA pour deux saisons, 80-81 et 81-82, non sans avoir passé malgré moi une année sabbatique en 79-80. J’ai également porté les couleurs de Meftah, de la JSEB et de Dellys de 82 à 88. Ma première sélection en équipe nationale A, je l’ai décrochée en 1968 à l’occasion des éliminatoires de la coupe du monde. Ma dernière apparition remonte aux Jeux africains d’Alger de 1978.

    Vous pouvez-vous enorguellir d’avoir l’un des meilleurs palmarès du football national. On vous laisse le soin de nous le rappeler
    En 1966, je me classe 2e au concours du jeune footballeur derrière le regretté Miloud Hadefi. Avec l’EN junior, je remporte avec mes coéquipiers Kaoua, Hadefi, Alili, Chouchi, Zerrouk, Kouffi, Mokrani de Jijel pour ne citer que ceux-là, le tournoi de Roubaix. Durant ce tournoi, très réputé, notre équipe a tout raflé avec les titres de meilleure défense, meilleure attaque alors que le regretté Hadefi et moi-même étaient sacrés joueur le plus élégant et meilleur joueur du tournoi. Avec le MCA, je comptabilise 6 titres de champion d’Algérie, 5 coupes d’Algérie, 2 coupes maghrébines et une coupe d’Afrique. Sous les couleurs de l’USMA, j’ai remporté la coupe d’Algérie en 1981. Avec l’EN seniors, j’ai aligné près de 100 sélections et près de 30 buts et j’ai gagné les médailles d’or des JM 75 et JA 78 d’Ager. J’ai eu le privilège de faire partie de la sélection du Maghreb qui a rencontré l’équipe brésilienne de Palmarès à l’occasion de l’inauguration du stade du 5-Juillet.

    C’est d’un cheveu que vous avez raté une prometteuse carrière professionnelle. Gardez-vous encore en mémoire cette frustration ?
    Et comment ! Puisque c’est l’illustre ancien joueur et recruteur du MIlan AC, Rivera qui m’a supervisé lors de la victorieuse finale maghrébine de 73, qui m’a officiellement demandé de signer avec son club. Je m’apprêtais à partir pour l’Italie lorsque je reçois de plein fouet un niet catégorique des hautes sphères du pays. Hacène Lalmas a connu avant moi le même sort alors qu’il était partant pour l’O Marseille.
    A 24 ans, on me jugeait trop jeune pour quitter le pays.

    Votre reconversion en tant qu’entraîneur n’a pas connu la même longévité que votre carrière de joueur. Pourquoi ?
    L’instabilité, voire l’incohérence, de la politique de formation ont été les raisons essentielles qui m’ont poussé à abandonner le travail d’entraîneur national des sélections minimes et cadette, durant les années 1980. J’avais pourtant sous la main des jeunes pétris de qualités tels Hamdoud, Laceb, Boussouar, Gheloubi, Dob, Friekh, Khelfouni, pour lesquels je visais d’aller loin.

    Avez-vous réellement pris vos distances avec le football ?
    C’est impossible de me séparer de mon oxygène. Je joue encore avec les joueurs du MCA de ma génération. On participe à des tournois organisés çà et là à travers tout le pays. Ma joie de jouer au ballon est restée intacte malgré le poids des ans.

    Quel tableau comparatif faites-vous du MCA de votre génération et celui d’aujourd’hui ?
    C’est surtout au niveau de la compétence et de l’honnêteté des dirigeants que se situe la différence. Contrairement à ce qui se passe de nos jours, et surtout avec des moyens dérisoires, dirigeants, entraîneurs et joueurs se donnaient sans compter pour l’équipe. On prônait réellement l’union sacrée et personne ne jouait la carte personnelle. Ces vertus ont hélas totalement disparu, malgré l’apport toujours considérable d’un public fidèle.

    Quel regard avez-vous sur le niveau de l’actuelle EN ?
    Elle tarde à trouver ses repères et ses automatismes, du fait que les clubs algériens ne fournissent plus de joueurs de qualité. L’amalgame locaux-pros sera de ce fait extrêmement difficile à gérer. Avec une dominante locale et un bien meilleur niveau d’ensemble de la composante pro, on réglera un tant soit peu les problèmes qui freinent la bonne marche du football. Face au Cap Vert, le manque de cohésion et de fond de jeu aura été flagrant.

    Quel est votre meilleur souvenir ?
    J’en ai deux. La médaille d’or des JM 75 d’Alger avec l’EN et la coupe d’Afrique de 76 remportée avec le MCA. Ce furent, faut-il le rappeler, les deux premières grandes distinctions du football national.

    Peut-on connaître votre plus grosse déception ?
    Là aussi j’en ai vécu deux. La première c’est le fait de n’avoir pu embrasser en 73 une carrière professionnelle avec le Milan AC pour les raisons énumérées ci-dessus. La seconde c’est celle que j’ai vécue après ma mise à l’écart du MCA à l’âge de 28 ans au lendemain de l’avènement de la réforme sportive. Une aberration qui a causé beaucoup de mal à notre football et qui concernait un nombre impressionnant de joueurs de talent tels Bachta, le regretté Draoui, Bachi, Kaoua, Aït Chegou Djillali, Zenir ayant été repêché sur demande du regretté président du club Bouanani. Il y a aussi le fait de n’avoir pu bénéficier de la moindre reconnaissance, pas même une poignée de mains des responsables et des entraîneurs lors des victoires pourtant historiques des JM 75 et JA 78, m’a aussi laissé un goût amer.

    Qui a été votre entraîneur modèle ?
    J’ai eu du respect et de l’admiration pour de nombreux entraîneurs. Ma préférence va toutefois pour Khabatou, Lemoui, Zouba et les regrettés Ibrir, Benfaddah et Leduc.

    Quel est celui qui vous a le plus déçu ?
    Je préfère taire son nom par respect à l’éthique. Il se reconnaîtra de toute façon.

    Qui classez-vous comme le dirigeant modèle ?
    Abdelkader Drif sans hésitation aucune. C’est dommage qu’une telle personnalité soit en retrait des affaires du football. Youcef Hassena mérite d’être également cité.

    Comme arbitre ?
    Benzellat de Constantine. Avec son esprit rigoriste, ses grandes compétences et son impartialité reconnue, il était incorruptible et forçait le respect de tous.

    Quel est le joueur avec qui vous aviez le plus d’affinités ?
    En équipe nationale, j’avais les relations particulièrement fraternelles avec le regretté Miloud Hadefi. Au Mouloudia, j’étais surtout très proche de Bachi, Bachta, Kaoua, Zenir, Draoui, Bousri, Bencheikh et presque de toute la génération de 1976.

    Quel est le défenseur que vous craigniez le plus ?
    C’est Mehdat de Bel-Abbès qui me posait le plus de problèmes. Il était vif et réellement teigneux. Il y avait aussi cet arrière gauche de la JSD.

    Pouvez-vous nous composer la meilleure EN de tous les temps ?
    (Beaucoup de réflexion et grande gêne). Abrouk, Merzekane, Hadefi, Attoui, Kaci-Saïd, Bencheïkh, Belloumi, Lalmas, Bousri, Draoui, Madjer.

    Que pensez-vous de la montée de la violence ?
    La situation devient réellement grave. Il faut une prise de conscience collective où chacun doit se sentir concerné et responsable. Tous, joueurs, entraîneurs, dirigeants, journalistes, doivent donner l’exemple aux supporters. Les étincelles ont souvent été déclenchées d’abord sur le terrain.

    Quel est votre homme politique préféré ?
    Le regretté président Houari Boumediène pour son impressionnante stature, son patriotisme sans bornes et sa grande droiture.

    Quel plat de cuisine raffolez-vous ?
    Le mesfouf avec le lait caillé (raïb).

    L’invention du siècle qui vous impressionne le plus ?
    L’ordinateur

    Quel est le plaisir que vous voulez vous payer ?
    Visiter les Indes.

    Entretien réalisé par A. B.

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