• Chaâbi et le Mouloudia : BOURDIB Kamel

    Chaâbi et le Mouloudia : BOURDIB Kamel

    Bourdib Kamel 

    La voie du Seigneur

     

    " Le med'h par un champion de luth ou les raisons d'un choix...à questions multiples"

    Vers la fin des années 1970, un nouveau nom revient de plus en plus dans ls quartiers populaires.La disparition des grands maîtres du genre va aider a propulser cette voix "Ankaïenne" et même faire de son personnage la nouvelle idole de toute une génération en butte à un vide terrible laissé par El Hadj El Anka.

    De fête en fête, cassette après cassette, Kamel Bourdib réussit à arracher  la bénédiction des "Cheikhs" et a mériter à son tour cette appellation.Désormais il est le nouveau maîtres des "houmas" (quartiers ).

    Au commencement était un gosse amoureux d'un bidon "Esso" flanqué d'un manche à balai.En face un père intransigeant, certifie l'interdiction formelle au fils de faire de sa voix la honte et le déshonneur de la famille.Rien à faire, l'enfant persiste et donne de nouveaux airs aux mélodies de Nador, de Bekhlouf et de M'Rizek.Il se démène ,bouge, et entre une fessée paternelle et un thé pris aux cotés des "Cheikhs" de la rue Randon, trouve le temps d'aller s'abreuver entre Blida et Mostaganem.

    Au début des années 1970, l'enfant a déjà grandi et le père s'est tu.Il ne reste plus à Kamel que l'adoption d'un nouveau père.El Anka, celui avec qui il fêtera son 30ème printemps et l'acquisition de la "cheikhokha".Un penchant irrésistible vers le med'h lui fera rencontrer l'islam et des paroles de Dieu eu nabi, il fera de son aâoud son cheval de bataille...Les louanges à Dieu, les textes exclusivement religieux, ce virage fort encouragé par une conjoncture précise, marquera ainsi le divorce de Bourdib avec une bonne partie de ses fans.Qu'à cela ne tienne , une autre masse d'admirateurs viendra combler le vide laissé par les premiers.Ceux qui ont lâché leur chanteur préféré n'étaient pas plus que des "ouies" attentives à un chaâbi, à un ghazal dont Kamel représentait une chance de survie.

    Les seconds, ceux courtisés par le med'h, arrivent non par amour à un genre musical mais presque par adoration du personnage et du message véhiculé, un message strictement religieux, n'admettant aucune gharamya, aucune parole qui puisse mettre en gêne les membres d'une famille.Le qualificatif , l'étiquette planent sournoisement en filigrane: Kamel Bourdib intégriste. 

    La célébrité se paye.Tour à tour présenté comme intégriste, "singeur" d'El Anka, commerçant mercantilisant un art acquis auprès de grands maîtres, Bourdib surprend, prend tout son monde à contre-pied, et après une première hésitation, voire un refus, il se confie, nous prend comme témoins à charge de toutes les déclarations qu'il fera d'abord dans les coulisses du théâtre de Béjaia, pis sur la jetée du port de cette même ville.Cette dernière rencontre constitue à elle seule une réponse implicite, intelligente, a une grosse partie de nos interrogations.Jugeons-en la discussion à bâtons rompus se déroule bercée par les cris des mouettes, à une dizaine de mètres d'un groupe qui se partageait une bouteille de vin..."Koul tir yelgha belghah", dira t-il e regard plein d'une tolérance tranquille.Dans un langage plus proche de la mahchacha que celui du temple de Dieu, Kmel s’imprègne d'humilité et de modestie "La grandeur se quantifie à la modestie" Kamel, ue redjla qui rompt avec celle "en cliché", médiatisé et accusé à tort ou à raison.La redjla  de Bourib, est un pan historique, un aspect déroutant de notre culture fait de k'dar, de respect mutuel et d'une tolérance jugée trop vite introuvable "je ne suis pas khouandji et cela ne m’intéresse pas ! Ce qui m'intéresse sont les parles de Dieu !" On est tenté de croire et de dire que les paroles de Dieu se vendent bien...Avoir Bourdib pour animer votre fête relève de l'exploit disent ceux qu'il traite de mauvaises langues.Kamel Bourdib lorsqu'il veut faire une bonne action "aâla ouajh Rabbi", exigerait, selon ces présumées mauvaises langues, un minimum de 1,5 million pour quelques qaçidates jouées sur l'air du med'h.Le fric ne se rejette jamais.Il serait mensonger pour n'importe qui de défendre le contraire.

    "El med'h, d'accord, mais cela ne l'empêche pas d'animer des soirées à fortes sommes ni d'élever une joli bâtisse à Kouba" disent certains.Des détracteurs qu'il rétorque.Il ne vit pas que de med'h ou de paradis promis:il est aussi agent de bureau dans une entreprise nationale, alors une villa ne cracherait pas dessus, 1,5 million non plus malheureusement, cela n'est que mensonge assure-t-il.

    Kamel Bourdib est loin d'être un théoricien du chaâbi, ses interventions sont faites plutôt d'anecdotes et de réjouissances d'avoir entre autres réussi à mettre à la prière tous les copains de la station d'essence d'en face...

    Comment, bon Dieu, un homme peut-il réussir à faire salle comble, à drainer autant de "croyants" a convertir des masses d'incrédules, avec une voix et une genre comme unique arme , " Je ne suis pa instruit mais je suis un peu intelligent grâce à tous les cheikhs".Une intelligence faite de réalisme et de subtilité dans l'investissement d'un art qui, pourtant, risque le déclin avant la mort.

    Disons que Bourdib doit être le chanteur dont le mariage avec une conjoncture précise, fut des plus réussis.Aujourd'hui il convole en justes noces avec le med'h qi a fait de lui plus un leader qu'un artiste pour l'art.Qui ne se souvient pas de ces années où jeunes et mois jeunes , intellos et délinquants se ruèrent sur ls mosquées comme happpés par un inexplicable chant de sirènes ? La mal vie dit-on, l'absence de perspectives etc etc."Ettouba"; le dégoût provoqué par ces infâmes variétés occidentales dont nous grave la R.T.A l'impossibilité  de se retrouver en famille sans hachma "voici les vraies raisons de ce retour aux sources" rétorque Kamel.

    Kamel l'homme aux milliers de cassettes , l'homme à la voix d'or pathétique monumentalisée en bande, l'homme anti-pro Khouandji, l'anti-occidental aime beaucoup à faire des virées à Paris, une ville où il va souvent prendre de l'air.Une ville aussi où il se trouve aujourd'hui pour s'occuper sérieusement de sa poliomyélite qu'il dit avoir trop longtemps négligée."Mes cassettes ne m'ont pas couvert d'or et de diamant".Peut-être la piraterie dit-on empressés.La piraterie, la taxe ONDA; notre homme s'en fout.Cela ne le gène pas d'être volé, puisque du même coup "cela sert à propager les paroles de Dieu..."

    Rachid KACI

    ALGERIE-ACTUALITE  N° 1120 SEMAINE DU 2 au 8 AVRIL 1987

     

     

    Né à Alger, révélé au grand public en 1983, dans le style madih dini (chant religieux), Kamel Bourdib a su garder cette stature qui fait de lui un cheikh. Amoureux du Mouloudia il ne rate jamais d'afficher son penchant pour le club de coeur à chaque fois qu'il est sollicité pour donner un récital au grand bonheur des fans Mouloudéens comme ce fut le cas dernièrement à Béni Mesous après le sacre du MCA en coupe d'Algérie 2016 face au NAHD.

     

     

     

     

     

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