• DRAOUI Aissa

    Draoui en tenue militaire

    Aissa Draoui (2ème assis à droite) en tenue militaire à son arrivé au Mouloudia

     

    AÏSSA DRAOUI

    (EX-ATTAQUANT DE LA JSMS, DU MCA ET DE L'EN DES ANNÉES 70)
     
    Le sorcier du dribble
     
     
     
    C'est tout jeune à Skikda, sa ville natale où il est né le 30 janvier 1950, que Aïssa Draoui a appris à taper dans le ballon. A peine plus haut que deux pommes, il subjugue déjà les citoyens du quartier et les observateurs.
     
    C'est en 1968 qu'il fait sa première apparition au sein de l'équipe fanion de la JSMS. Il est juste junior et s'impose d'emblée dans l'échiquier type de la glorieuse équipe locale où les places de titulaires sont pourtant extrêmement difficiles à négocier.
    Appelé à accomplir son service national en 1972 à l'école de l'EMEPS de Ben Aknoun, où sont regroupées pratiquent l'ensemble des élites nationales (toutes disciplines confondues), Aïssa Draoui atterrit au MCA alors qu'il est sollicité de partout. Discret et très peu bavard, il s'exprime autrement sur le terrain.
    Malgré la rude concurrence et un effectif impressionnant (Bachi, Betrouni, Bousri, Bachta, Bencheïkh, Zenir...), le prodige Skikdi ne perd pas son temps et fait très rapidement son «trou». Mieux, il devient en seulement quelques apparitions, la principale force de frappe de l'équipe et le chouchou numéro un des inconditionnels Mouloudéens qui n'ont d'yeux que pour lui.
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    Avec une gamme de tous les dribbles (courts ou enchaînés de l'extérieur ou de l'intérieur du pied), et avec un sens innée du but, le «silencieux» Aïssa est un réel régal pour les yeux. Avec le MCA dont il portera les couleurs jusqu'en 1977, il décroche un palmarès des plus flatteurs : 2 titres de champion (1975, 1976), 2 coupes d'Algérie (1973, 1976), une coupe maghrébine (1974) et une coupe d'Afrique des clubs champions (1976). Survolant les matches, il attire l'attention de Saïd Amara, l'entraîneur national qui l'aligne en mai 1973 contre l'Ouganda dans un match officiel comptant pour les éliminatoires de la coupe d'Afrique des nations. Il brille de mille feux au point de gagner définitivement sa place de titulaire.

    Deux mois après, il est retenu contre le Brésil dans un match amical. Malgré la défaite de l'EN (0-2), Aïssa Draoui arrive à sortir le grand jeu. C'est surtout lors des jeux méditerranéens d'Alger en 1975 que Aïssa Draoui «explose». Au sommet de son art, il vole la vedette aux stars des équipes de France, de Grèce, d'Egypte, d'Italie, de Tunisie, du Maroc....
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    Il présente un véritable spectacle avec à la clé le double titre de meilleur joueur du tournoi (qui a vu la jeune équipe d'Algérie enlever haut la main la médaille d'or) et meilleur buteur avec 5 réalisations. Avec l'équipe nationale dont il a porté le maillot à trente reprises, Aïssa Draoui a pris part à trois coupes d'Afrique et quatre matches en éliminatoires de la coupe du monde. C'est le 28 février 1977 à l'âge de 30 ans que Aïssa Draoui fera sa dernière apparition avec la sélection nationale tenue en échec (1-1) à Alger par la Tunisie dans un match comptant pour les éliminatoires de la coupe du monde 78.
    Avec sa remarquable touche de balle, son geste technique imprévisible et son impressionnante clairvoyance et ses nombreux buts, Aïssa Draoui aura impressionné les puristes et aurait mérité une grande carrière professionnelle (lui aussi ne pouvait le faire du fait de la loi interdisant aux joueurs âgé de moins de 28 ans de jouer à l'étranger). C'est contre sa propre volonté qu'il quitte le MCA en 1977 (il était en désaccord avec certains dirigeants du club qui ne lui ont pas tendu la perche lorsqu'il le fallait) pour rejoindre la JSM Skikda son club formateur.

    Sans bruits et dans la totale discrétion, il se fond dans la collectivité jusqu'en 1981. En 1982, il opte pour l'équipe locale de la Casorec avant de raccrocher définitivement les crampons. En somme, Aïssa Draoui, qui aura été un des meilleurs footballeurs algériens, a démontré que le fooball est réellement un art et qu'il n'est pas une question de taille et de poids (il était un des plus petits joueurs de l'élite nationale).

    Malade et «grisé» par l'indifférence des autorités et des responsables des clubs dont il a porté magistralement les couleurs, Aïssa Draoui terminera sa vie dans la totale déception et la morosité auprès de sa petite famille. Il aimait passionnément le football et ne se privait pas de le servir avec talent et générosité. Parti à l'âge de 56 ans sur la pointe des pieds et dans la totale dignité, le sorcier du dribble restera toujours dans le cœur des Skikdis, des Mouloudéens mais aussi de tous les amoureux de la balle ronde. Zoubir Bachi, qui a été durant quatre années son coéquipier au Mouloudia d'Alger dira au sujet de son regretté et illustre coéquipier : «Aïssa, qui était quelque peu réservé et peu communicatif, était un joueur d'exception.

    Il avait des arguments techniques à faire pâlir les meilleurs joueurs au monde. Il pouvait à lui seul faire le spectacle et faire basculer un match. Mieux pris en charge, il aurait pu donner une bien meilleure dimension à sa carrière.» Omar Betrouni, son autre coéquipier, ne s'empêchera pas de reconnaître que «le regretté Aïssa Draoui, qui s'est vite intégré dans l'équipe, était d'une grande habileté technique et avait un sens du but aiguisé. Pas très bavard dans la vie de tous les jours, il avait un style de jeu sur le terrain très communicatif, même si souvent il pouvait à lui seul faire la différence».
    Aïssa Draoui, un nom qui restera à jamais collé à l'histoire du football national, du MCA et des JM-75 d'Alger

    • Abdenour Belkheïr.

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