• LAAGOUN Ahmed

    lâagoun ahmed MCA 62/63

    lâagoun ahmed MCA 62/63

     

    LAAGOUN Ahmed

    un footballeur pas comme les autres

     

    Retracer la vie des équipes algériennes "musulmanes" avant la guerre de libération, mériterait une étude approfondie et même une thèse quant à l'action politique de ces clubs.Evidemment leur athlète ne pouvaient qu'être convaincus de la justesse de leur cause, sinon il ne pouvait y avoir de place pour eux.Il était donc impérieux pour le footballeur d'être un militant et c'est ce qui se passe pour Lâagoun, avant centre du MCA dans les années 50 et 60.

    Faisant partie de la génération des sportifs des années 50 et donc témoins privilégiés d'une période historique capitale de notre pays, nous sommes partis à la rencontre du footballeur du Mouloudia d'Alger réputé pour avoir été un bon joueur de l'époque et un militant de la première heure.Il s'agit de Lâagoun Ahmed qui vit le jour le 3 janvier 1936 à Jijel mais qui fut élevé à Alger.Ses premiers pas sportifs, il les effectua au Mouloudia d'Alger dès 1949.Minime, cadet puis junior, le jeune Lâagoun fera ses débuts das l'équipe fanion la saison 1955/1956 "je me rappelle comme aujourdh'ui du concours de jeune footballeur remporté par Maouche Mohamed, je fus classé à la huitième position".Au fur et à mesure les souvenirs remontent à la surface.Le quinquagénaire bien conservé que nous avions en face de nous, la nostalgie aidant, se laisse aller à un commentaire pointu sur l'époque:"De notre temps, le sport c'était l'endurance, la force, la résistance, le courage surtout.Les terrains était durs, les équipements rudimentaires, les réglements plus sévères, les charges étaient autorisées par exemple...Puis jouer au Mouloudia c'est être un grand joueur et un rêve."

    Lâagoun se rappelle de nouveau joueurs qui se bousculaient pour une place au sein du doyen de nos clubs.Il citera entre autres Meziani Abderrahmane, Nassou en minimes...Tout ce monde voulait faire partie du Mouloudia, et tout les algériens étaient supporters du MCA insiste Lâagoun qui expliquait la chose ainsi :"Le football était naturellement un sport avant tout mais le pratiquer au niveau d'un club musulman c'était pour l'Algérie la volonté de s'émanciper et de se démarquer.C'était une manière de s'opposer et de se mesurer à l'occupation à ceux qui nous brimaient dans la vie de tous les jours.Les victoires du Mouloudia sur les associations non musulmanes étaient accueillies avec une grande fierté et augmentaient notre capital confiance quant au triomphe proche et total sur la puissance colonisatrice.C'est pourquoi, sans doute, les autorités coloniales voyaient d'un mauvais oeil l'activité sportive des clubs musulmans et ne rataient aucune occasion de les persécuter.Outre la faiblesse des moyens à notre disposition, indique Lâagoun, Nous n'avions le stade que 2 fois par semaine.Il ne faut pas négliger le rôle négatif des arbitres qui s'arrangeaient pour empêcher le Mouloudia de terminer champion.Le MCA par la force des choses, fut l'eternel second.

     

     
     
    Et le 1er Novembre dans tout ça? "La situation n'était pas claire, j'avais 18 ans, la presse coloniale prétendait que c'était des voleurs de bétails, des bandits de grand chemin...Par la suite nous avons compris que la révolution armé pour libérer le pays était déclenchée.Naturellement, comme la plupart des jeunes de mon âge, j'ai décidé de m'acquitter de mon devoirsacré de militant dans les rangs du FLN."Contacté par un grand joueur de l'époque, Kebail dit "Khalis", le jeune avant centre du MCA est recruté comme collecteur de fonds.Après une année, il est versé dans un des groupes de choc dont avait la responsabilité de commettre des attentas au niveau de la capital.

    Sur le terrain sportif, on sentait que les choses étaient entrain de changer, les tribunes réservées aux fans des clubs musulmans étaient sévèrement gardées.Et ce qui devait arriver arriva:"Nous étions en Mars 1956, je crois, la rencontre était explosive.Elle opposait le MCA à l'ASSE.Après avoir été mené au score, le Mouloudia réussissait à égaliser.Les supporters du club pour manifester leur profonde joie, allumèresnt des bouts de journaux pour en faire des torches.La panique s'empara des nombreux CRS en service dans le stade.Croaynt à une émeute, ils s'en prirent au public musulman.Un envahissement de terrain se produisit, les gens couraient dans tous les sens, des voitures furent renversées et de nombreuses arrestations eurent lieu.Il y'a eu beaucoup de blessés et certainement des morts aussi.Au lendemain de cet événemnt sanglant les dirigeants du Mouloudia, à savoir, MM Djazouli Mouloud, Derriche Braham et Djaout Ahmed ont décidé de retirer le Mouloudia de toute compétition".

    Si l'activité sportive était du jour au lendemain interrompue pour Lâagoun, l'activité militante allait redoubler d'ardeur.Elle fut cependant stoppé en 1957.Arrêté suite à une dénonciation, notre avant centre de choc sera incarcéré à la tristement célèbre prison de "Serkadji" (aujourdh'ui Barberousse), jusqu'en 1959.Libéré, Lâagoun,reprend son activité et aec les événements de décembre 1960, il retrouvera de nouveau le cachot jusqu'en mai 1962 où la liberté lui est rendue.

    L'activité sportive redémarre aussitôt et le Mouloudia reprend très vite du service.A 27 ans, Lâagoun retrouve le chemin des stades et endosse de nouveau les couleurs "Vert et Rouge".Les moyens des clubs sont très faibles et les joueurs se montrent compréhensifs et aucunement exigeants."Après la Finale qui nous a opposé à l'USMA pour le championnat d'Alger, nos dirigeants nous ont versé 100.00 francs comme prime.Nous les aons refusé et nous avons souhaité qu'ils soient versés à la caisse du club".C'était l'enthousiasme de l'époque et encore l'esprit de solidarité qui prévalait et qui faisait sans doute reléguer au second plan les difficultés tant materielles que financières du club."Vous voyez cette photo, interroge Lâagoun tout en montrant une vielle photo de l'équipe du MCA 1962/1963? "Nous n'avions pas beaucoup d'argent.Nous sommes partis à l'ex rue Chartres où nous avions acheté des chemisettes grises en guise de maillot, elles n'étaient pas chères mais de très mauvaise qualité.Mouillées par la transpiration des joueurs, elles se déchiraient facilement, d'où la fameuse étiquette de "chiffon" que nous a collé la galerie de l'USMA qui soit dit au passage, si les relations qui existent avec ce club sont celles de "frére ennemei" par le passé, elle étaient plutôt fraternelles et marquées par un grand respect mutuel".Et Vlan, c'était plus le joueur qui parlait mais plutôt le président du comité des supporters."Pour suivre les cours de l'école de police de Tlemcen, j'ai dû interrompre ma carrière de joueur.Pour garder le contact, j'ai passé en stage d'entraineur en 1967 et j'ai même entrainé les jeunes catégories du MCA, l'équipe de Bordj Ménaiel...Après un grave accident de la circulation qui m'a tenu éloigné des stades durant 6 années, la réforme arriva et on nous signifia de nous écarter.J'ai repris avec le sport en qualité de président du comité des supporters quand le Mouloudia a rétrogradé.Aujourd'hui Lâagoun n'est plus président de la dite comité des supporters mais président de la commissions des jeunes catégories.Dévoué et inconditionnel du doyen de nos clubs ,qui reste toute sa vie. "Le Mouloudia c'était une école de nationalisme.C'est là que j'ai appris à devenir Homme.A l'occasion, j'en profite pour rendre un vibrant hommage aux éducateurs et aux forgeurs d'Hommes et tous les autres sans oublier tous les sportifs qui sont tombés au champ d'honneur."

    Sid Ali AZZOUG

    El-Hadef N° 764

    du Dimanche 1er au Samedi 7 Novembre 1987

    Laâgoune entraineur du JSBM 1967

    Laâggoune Ahmed entraineur du JSBM 1967

     

    Lâagoun honoré par les supporters

    Lundi 18.6.2012 LAGOUN AHMED EST MORT

    Lundi 18 Juin 2012 Hadj Ahmed Laggoun
    nous quitta Allah yerahmou
    « OUALIKEN Amokrane 1952 jeune et 1962-1963AMOURA MESBAH »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :