• MCA-WAT 0-1 (29.03.07)

    MCA 0 – WAT 1

     
    Scénario catastrophe pour le Mouloudia

    Stade du 5-Juillet : temps pluvieux, pelouse en mauvais état, affluence faible, arbitrage du trio Khelifi-Sedrati-Bougherara.
    But : Djellit (10’).
    Avertissements : Bomaci (16’), Belgherbi (31’), Dif (38’), Djellit (45+4), Larabi (72’) pour le WAT et Hosni (61’) pour le MCA
    Expulsion : Bamogo (38’) pour le WAT.
    MCA : Ouamane (Azzedine, 46’), Hosni, Babouche, Bouacida, Coulibaly (Diarra, 53’), Zemit, Hadjadj, Badji, Younès, Badache (Sidibé, 53’).
    Entraîneur : Fabbro.
    WAT : Gaouaoui, Hadjou, Larabi, Boudjakdji, Bougherara, Bamogo, Bomaci, Belgherbi (Tonkob, 78’), Abdelaoui, Dif (Tebbal, 56’), Djellit ( Benyamina, 86’)
    Entraîneur : Slimani.

    Le Mouloudia d’Alger s’est incliné jeudi dernier dans son propre jardin face à une équipe de Tlemcen déterminée et qui a réussi un réel exploit, grâce notamment aux ex-Canaris Boudjakdji et Gaouaoui qui ont fait leur meilleur match de la saison. Le coach tlemcénien a réussi son coup, comme il l’a demandé à ses poulains avant le match de marquer d’entrée. Ce qui fut à la dixième minute par l’entremise de Djellit, le même qui a marqué aux Mouloudéens lors du match aller. Ceci même si le MCA fut le premier à frapper. On jouait la 9’, lorsque Bouacida, sur un coup franc excentré, Hadjadj rate de peu le montant gauche de Gaouaoui d’une tête plongeante.
    Un exploit de taille pour le Widad qui s’éloigne ainsi de la zone rouge et de la relégation qui le guettait depuis le début de la saison. Cet exploit plonge tout simplement le Doyen dans une mini-crise car, du coup, sa dégringolade à la 9e place le met à trois points du premier relégable. Une déception totale du côté mouloudéen qui n’a pas trouvé les ressources nécessaires pour revenir au score et prendre à défaut l’homme du match, le gardien tlemcénien Gaouaoui Lounès. Ce dernier a été un rempart face aux attaquants mouloudéens, visiblement mal inspirés. Après avoir encaissé le but, Younès et ses camarades sont tombés dans la précipitation, comme ce fut le cas à la 14’ lorsque le même Younès voit son tir croisé rebondir sur le poteau. À partir de là, Slimani demande à sa défense de resserrer ses rangs avec un Boudjakdji des grands jours et qui a rempli à merveille son nouveau rôle dans l’axe défensif. Face à cette défense quadrillée, les attaquants mouloudéens, à l’image de Badache, Younès et Bouguèche, n’ont rien pu faire malgré un Badji qui les a, à chaque fois, bien servis en ballons. Gaouaoui a toujours été dans le meilleur endroit pour éloigner le danger. Le Widad tient le coup jusqu’au sifflet de l’arbitre annonçant la fin de la première période. Du retour des vestiaires, l’entraîneur italien Fabbro opère des changements et opte pour une tactique offensive à outrance et change même de gardien. C’est Azzedine qui prend la place d’Ouamane, responsable du but encaissé suite à une mésentente avec Coulibaly. Ce dernier cède à son tour sa place à l’attaquant Diarra, alors que Sidibé remplace un Badache déboussolé. Les Vert et Rouge repartent à l’assaut des Zianides qui se sont retrouvés à dix après l’expulsion de l’ancien mouloudéen Bamogo pour agression sur Hosni. Mais le Widad tient bon. Lors de cette seconde période, Younès et ses camarades ont augmenté la cadence et se sont créé d’innombrables occasions nettes de scorer, mais qui ont à chaque fois buté contre un excellent Gaouaoui. 47’, tête de Bouguèche captée par Gaouaoui, suit un tir des 20 mètres qui dépasse le montant droit des buts tlemcéniens. 75’, Sidibé, face à face à deux défenseurs, mais son tir trop croisé est facilement capté par le gardien du Widad. 85’, cafouillage dans la surface, Bouguèche récupère le ballon et tir à bout portant, mais Gaouaoui dégage en corner. Enfin, à la 89’, centre de Badji et reprise acrobatique de Hosni, que Gaouaoui dévia en corner. En somme, le Widad doit son exploit en premier lieu à Gaouaoui Lounès, pour qui Slimani a d’ailleurs rendu un vibrant hommage ainsi qu’à son camarade Boudjakdji.

     La descente aux enfers des Algérois continue
    Une seule action des Tlemcèniens leur a suffi pour créer la surprise et battre le Mouloudia dans son antre préféré du stade du 5-Juillet. Une première défaite des Vert et Rouge dans cette enceinte depuis le début de cette saison qui les met dans une position inconfortable. La menace de la descente guette désormais les Algérois.

    Dix premières minutes fatales pour le MCA
    Dans un match disputé devant une poignée de supporters des deux camps et sur une pelouse glissante, les Vert et Rouge ont eu du mal à entrer dans le vif du sujet. Leur manque de motivation constaté en début de la partie en particulier leur a finalement joué un mauvais tour. C’était le moment choisi par les visiteurs pour surprendre le gardien Ouamane à la suite d’un contre rapide que Djalti a su concrétiser en but à la 10’ profitant d’une faute d’inattention de la part de Coulibaly et de son gardien.
    Cette réalisation a eu l’effet d’une douche froide sur tous les Mouloudéens dont la plupart croyaient dur comme fer que les siens vont vite réussir à renverser la vapeur. La balle de Younès qui a percuté le poteau à la 15’ est intervenue au bon moment pour rassurer les plus sceptiques parmi les Mouloudéens, c’était sans compter toutefois sur la détermination des coéquipiers de l’excellent Boudjakdji pour préserver leur maigre acquis.
    En effet, la défense des Zianides n’a à aucun moment abdiqué devant les raids de Badji et Cie, même s’il faudra reconnaître que les attaquants mouloudéens n’ont été que rarement dangereux dans ce premier half

    38’, Bamogo expulsé, mais le WAT résiste
    On jouait la 38’ lorsque s’est déroulé un événement qu’on avait pensé qu’il allait être le tournant du match. On fait allusion à l’expulsion du Burkinabé Bamogo, un joueur du MCA prêté au WAT durant le mercato. Une expulsion somme toute méritée après qu’il ait frappé de la tête deux de ses anciens coéquipiers.
    Cette supériorité numérique des Algérois ne les aura pas servi, puisque les poulains de Slimani ont réussi à rejoindre les vestiaires avec une avance d’un but, en attendant la grande bataille de la deuxième période.
    Et comme on pouvait s’y attendre d’ailleurs, les joueurs du WAT sont revenus encore plus décidés à défendre jusqu’au bout leur petite, mais ô combien précieuse avance. Pour ce faire, ils ont tout simplement joué la défense à outrance. Le coach Slimani s’est avéré un entraîneur qui maîtrise le «caténaccio», un système défensif cher aux Italiens, mieux que son homologue du jour l’italien Fabbro lui-même.

    Quand Gaouaoui décourage le Mouloudia
    Et comme tout semblait réussir aux Zianides dans cette soirée, ils avaient la chance d’avoir dans leur rang les deux anciens Kabyles, Gaouaoui et Boudjakdji. Ces deux éléments ont réussi à eux seuls à  décourager l’attaque algéroise, pourtant renforcée par l’incorporation des deux Maliens Sidibé et Diarra, rentrés à la fois à la 53’.
    Le dernier quart d’heure va connaître la distinction du portier Gaouaoui qui a brillé par trois arrêts décisifs réussissant ainsi à lui seul à décourager les attaquants mouloudéens. Les 5 minutes qu’a comptabilisées l’arbitre comme temps additionnel ne vont rien changer dans le cours des choses. Le MCA s’est montré impuissant à réussir au moins le but égalisateur. Du coup, ses joueurs ne pouvaient éviter une troisième défaite consécutive en championnat non sans les mettre dans la peau d’un menacé de la relégation. Un scénario que personne n’avait envisagé avant le début de la saison et bonjour la galère.

    Des calculs pour le titre, aux calculs pour le maintien
    Même s’ils n’étaient pas nombreux dans le stade, les supporters du Mouloudia n’arrivaient pas à croire que leur équipe venait de subir un nouveau revers. Ils avaient d’ailleurs tous le même commentaire à la bouche à l’issue du match. «Désormais, on est rentré maintenant dans les calculs du maintien»
    Eh oui, le MCA, sur qui nombreux ont parié avant l’entame de la saison pour jouer la carte du titre, est en train de voir sa saison tourner au cauchemar. Des calculs pour le titre, on passe maintenant aux calculs pour le maintien. Un scénario jamais envisagé au vu de l’effectif riche que renferme l’équipe, un effectif, et on ne le dira jamais assez, qui a coûté des milliards de centimes à la trésorerie du club.

    Des milliards partent en fumée
    Au train où vont les choses, il n y a vraiment pas de différence entre un club comme le MCA qui a déboursé tous ces milliards pour monter une équipe de vedettes, ou des formations comme le WAT, l’ASMO ou le PAC, pour ne citer que ceux-là, dont l’argent dépensé sur leurs effectifs respectifs est de loin, inférieur à celui du MCA. A l’arrivée, toutes ces équipes jouent, au même titre que le Doyen, pour éviter la relégation.
    On se demande alors à quoi ont servi tous ces milliards, d’autant que des joueurs comme Illoul, Tahraoui ou Belkaïd qui ont coûté à eux seuls presque deux milliards de centimes , ont passé la majeure partie de la saison, soit sur le banc ou à la maison. C’est ce qu’on appelle le grand gâchis. Mais pour la plupart, peu importe puisqu’il s’agit de l’argent du contribuable, autrement dit du peuple.

    Vers une fin de saison cauchemardesque
    Le simple supporter du Doyen à beau croire en son équipe, mais la réalité est là. Les objectifs du club s’envolent les uns après les autres. Tout récemment, et à la suite de l’élimination précoce du MCA de la coupe de la CAF, dirigeants, entraîneurs et joueurs se sont donné le mot pour terminer le championnat à la troisième ou quatrième place. Pour eux, il s’agit là de la moindre des choses à réaliser pour sauver la face. Mais apparemment, ils ont tous mal calculé. Pis, c’est le spectre de la relégation qui commence à se profiler à l’horizon. Les supporters l’ont d’ailleurs compris, et ce n’est pas par hasard qu’ils se sont tous mis à scander à la fin du match de jeudi : «La saison prochaine à Boufarik», une manière pour eux de déverser leur colère certes, mais aussi et surtout de tirer la sonnette d’alarme. 
    Dans tout cela, une seule question revient sur toutes les lèvres et qui n’a pas trouvé de réponse : qui est le responsable ?
    Il est tout simplement temps de tout revoir.
    L’heure de la «révolution» a plus que jamais sonné. A bon entendeur …

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