• "on est pas des casseurs"

    Et si le MCA avait perdu cette finale ?

    Samedi 17 Juin 2006

    Par Younes Hamidouche

    «La finale s’est déroulée dans un fair-play total et dans une ambiance chaleureuse. Le premier but était valable, et le penalty était justifié. Nous avons procédé à l’application stricte des lois du jeu.» Dans cette impression de Djamel Haïmoudi, arbitre central de l’affiche de jeudi dernier entre le MCA et l’USMA, il est à relever, au-delà de la fierté d’un homme en noir d’avoir été blanc et sans reproches dans la direction d’un duel aussi difficile et en finale de Coupe d’Algérie de surcroît, cette bonne note relative à «l’application stricte des lois du jeu».
    C’est cette même note qui est applicable au volet organisation générale de ce rendez-vous qui évidemment va bien plus loin qu’un simple match de foot.
    Il y a unanimité à souligner, à l’issue de cette finale de Coupe d’Algérie, que le fair-play a été au rendez-vous et que le public est à créditer d’une bonne et belle prestation. Des couleurs et de la joie. Mais… loin de l’éclat de la victoire du MCA, c’est à un autre débat que renvoie cette finale.
    Présent au temple du 5 Juillet, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a côtoyé les dirigeants du sport l’espace d’un après-midi pas comme les autres. Outre le ministre de la Jeunesse et des Sports, Yahia Guidoum, et le tout nouveau président de la Fédération algérienne de football (FAF), Hamid Haddadj, le chef de l’Etat a eu à échanger quelques points de vue avec les présidents des deux clubs vedettes du jour, le MCA (Mohamed Messaoudi) et l’USMA (Saïd Allik). Il se dit qu’à cette occasion, Abdelaziz Bouteflika aurait demandé aux deux parties de s’éloigner de la chose… politique. Il y a, dans le monde entier, des clubs de foot qui sont en réalité plus que des clubs de foot. Ce sont de véritables sociétés dans la société. A tous points de vue. Socio-politique y compris. Dans et aux abords des stades, la violence est souvent engendrée par une forte passion que seul le football peut procurer. C’est à ce niveau-là que peuvent et se doivent d’intervenir les pouvoirs publics et non à quelques heures seulement ou pendant le déroulement d’un match classé à hauts risques. Dépassionner. Une clé majeure.
    Une équipe du gabarit du Mouloudia, l’une des deux seules équipes algériennes capables de drainer des centaines de milliers de supporters lors d’un événement sportif contre des dizaines de milliers au maximum pour les autres clubs, est à mettre, en dehors de ce qu’elle produit sur le terrain, sur les exploits que sont capables de mettre en place, sur la même aire rectangulaire et verdoyante, des onze surprises tels que celui de l’Equateur présentement au Mondial allemand. «Cette équipe a montré qu’elle pouvait perturber les plus grands même quand elle ne joue pas en altitude à Quito», dixit l’entraîneur de la Mannschaft Jurgen Klinsmann. Ce qui est valable pour l’Equateur sur le terrain l’est aussi pour le Mouloudia en dehors de l’arène sportive. Qu’il joue à domicile ou à l’extérieur, le MCA est un club qui draine beaucoup de monde et à cette stature s’impose une organisation adéquate de ses comités de supporters.
    Dans les gradins et aux alentours d’un stade où joue le Mouloudia, c’est à une véritable effervescence que l’on peut assister. Avec, malheureusement, de déplorables dépassements quelquefois enregistrés. Ce qui s’est passé lors de la demi-finale disputée à Mostaganem contre le WA Tlemcen est à mettre dans ce registre. De regrettables et graves incidents ont provoqué encore le malheur de centaines de personnes, le plus souvent n’ayant aucun lien direct avec le match du jour.
    Jeudi dernier, certes, il ne s’est rien produit d’alarmant. Au contraire, l’esprit festif a pris le dessus. Beau à voir. Néanmoins, il est utile de s’interroger : que se serait-il produit si le MCA avait perdu cette finale ? Tout le monde sait que l’instance dirigeante du football mondial, la Fédération internationale de football association (FIFA) en l’occurrence, peut exclure de ses compétitions tout pays où le gouvernement persiste à se mêler des affaires de la fédération locale. Et si la réglementation régissant les lois du football en Algérie est édictée par l’international Board, il n’y a aucune honte à ce que les modèles d’organisation stricte et réussie des grands événements sportifs, drainant une forte implication socio-politique, ne soient pas répertoriés sur le vécu national ici en Algérie.
    Des méthodes de traitement de la violence et du hooliganisme dans et autour des stades existent dans nombre de pays où ce phénomène a pu être réduit de façon remarquable comme c’est notamment le cas en Angleterre. La gestion des foules, notamment en ce qui concerne l’approche liée aux déplacements, est aussi bien avancée dans d’autres pays d’Europe et d’ailleurs. Le cas de l’Argentine, pays fortement ancré dans le football mais aussi dans le vice de la violence (avec ses «barrabravas» -hooligans locaux dont l’appellation signifie membres de… «clubs de combat» !-), est édifiant à ce propos. Au pays de Maradona, ils ont provoqué la mort de plusieurs dizaines de morts ces dernières années.     

    Y. H.

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