• OUCIF Abdelaziz

    2008 Aziz Oucif à l’extrême gauche comme directeur technique des jeunes catégories du MCA. Ici avec les membres du staff technique

     

     

    ABDELAZIZ OUCIF

    (EX-ATTAQUANT

    DU MCA ET DE L’EN DES ANNÉES 60 ET 70)

    Un immense potentiel

     

    En 1960, il est déjà junior lorsqu’il affûtera ses premières armes au sein de la formation guelmie, l’ESG. Très vite, Abdelaziz Oucif, né le 1er octobre 1943 à Guelma, aujourd’hui père de 4 enfants (3 filles et 1 garçon), attire l’attention des responsables du club qui cernent son immense potentiel d’attaquant.

    Technicien racé et au caractère déjà bien trempé, le jeune Aziz brûle les étapes au point de devenir, l’espace de quelques matchs, un élément incontournable dans l’échiquier de l’Escadron noir où figurent déjà des joueurs à la renommée tout aussi naissante tels les frères Seridi, Maghmouli, Hachouf, Kheloufi, ...Puissant, bien sur ses appuis, rapide et bon technicien, particulièrement doué de la tête, Aziz progresse sans cesse et marque beaucoup de buts souvent spectaculaires et décisifs. C’est durant la saison 63/64 qu’il est recruté par le MCA. Adepte du football spectacle, il a une touche de balle à la brésilienne et une impressionnante force de pénétration.
    Avec ses débordements, il surprend les défenses les plus coriaces. Avec sa personnalité marquée, l’attaquant de charme des Vert et Rouge garde les nerfs solides même dans les moments difficiles. Son excellent niveau technique mais aussi son sérieux lui ouvrent les portes de la sélection nationale où il évolue là aussi tantôt comme avant-centre tantôt comme ailier gauche.
    Une fois sa carrière consommée (il a arrêté en 1971 à 28 ans, après avoir contracté un blessure à l’épaule), Aziz, qui a suivi la formation de maître d’EPS, a eu l’insigne mérite d’être le précurseur du sport dans le monde du travail qu’il a lancé avec la SNTV en 1975.
    Il deviendra l’entraîneur de la JSM Chéraga, avant de prendre du recul et revenir cette saison au MCA où il occupe le poste de directeur technique des jeunes catégories. Une mission qu’il accomplit avec autant de passion que de rigueur.
    Abdenour B.

     

     

     

     

     

    «L’enjeu a tué le beau jeu»

     

     

    Que devient Abdelaziz Oucif ?
    Je suis retraité cadre du MJS détaché à l’ex-SNTV en 1974 en tant que responsable du service des sports. Je fais depuis cette saison une vacation au MCA en tant que DTS des jeunes.

    Pouvez-vous nous rappeler votre parcours footballistique ?
    J’ai chaussé mes crampons en 1960 au sein de l’équipe junior de l’ES Guelma, où j’avais déjà comme coéquipiers les frères Seridi, Kheloufi, Maghmouli, Salhi et le regretté Hachouf entre autres.
    Après trois saisons et après avoir régulièrement enfilé le maillot de l’équipe fanion, je quitte Guelma pour me rendre en France où tout en poursuivant mes études au lycée Mont-Morillant, je joue en championnat promotionnel.
    J’ai même été sélectionné avec l’équipe régionale du département de Poitiers. A la fin de l’année 1963, je retourne au bercail pour suivre une formation de maître d’EPS à Alger aux côtés des Lemoui, Zerar, Bourtal, Guellil, Benyelles, Mimoun. C’est aussi durant cette saison que je signe ma licence avec le MCA où je décroche d’emblée une place de titulaire. J’ai évolué au Mouloudia jusqu’en 1971. La saison d’après, je lance avec Kamel Lemoui l’école de football de la JSEB, avec les Menad, Bouiche, Neggazi...De fin 72 à fin 74, je dirige la JSM Chéraga qui évoluait en championnat régional et qui comptait en son sein les Cheradi, Assad, El Kolli...En 1975, je me retrouve à la tête du service des sports de la SNTV.
    J’ai eu également l’honneur et le mérite de diriger plus de dix sections sportives.
    Je quitte la SNTV en 1979, avant de me lancer dans le secteur privé. En tant qu’entraîneur, je reprends du service à la tête de la JSMC durant les saisons 86/87 et 93/94. J’ai dirigé les minimes et cadets du MCA de 63 à 65 en ayant en sous ma coupe les Betrouni, Belkaïd, Aïzel, Zenir, Bachi...

     

    Quand avez-vous joué vos premier et dernier matchs avec le MCA ?
    Ma première apparition avec le Mouloudia je l’ai faite durant la saison 63/64 à l’occasion du derby joué au stade Saint-Eugène contre l’USMA.
    Lors de ce match joué en présence du président Ahmed Ben Bella, nous avions battu notre adversaire par 3 buts à 0. J’ai été l’auteur d’une honorable prestation et du troisième but. Ce jour là, j’ai eu comme coéquipiers les Zerga, Bouras, Lemouri, Metrah, Senane, Bousseloub, Djazouli, Aouedj, Maârouf. J’ai arrêté ma carrière en 1974 suite à une blessure contractée à la clavicule lors du match MCA-ESS. J’avais à peine 28 ans.

     

    A quoi se résume votre palmarès?
    Au grade d’international espoir et A, sans plus.

     

    Que retenez-vous comme meilleur souvenir de votre carrière ?
    Ce beau but inscrit contre l’équipe de Médioni à Oran durant la saison 66/67. Lors de ce match comptant pour le championnat de division deux, le MCA a gagné par 1-0 grâce au but que j’ai marqué d’une tête plongeante. Au passage, je signalerai que le président de Medioni, qui a assisté à la rencontre, était un certain Abdelkader Drif.

     

    Votre plus mauvais souvenir ?
    La première relégation du MCA en 65/66.

     

    L’entraîneur qui vous a le plus marqué ?
    Le regretté Mustapha El Kamel et Smaïl Khabatou m’ont profondément marqué par leurs compétences, mais également par leurs immenses qualités humaines.
    Ils étaient en avance sur leur temps. Je n’omettrais pas de citer aussi l’entraîneur français Lucien Leduc, qui a fait un passage de six mois au Mouloudia, avec qui nous avons énormément appris.

     

    Le ou les dirigeants ?
    Il m’est difficile de choisir tant ils étaient nombreux à représenter à mes yeux le dirigeant et l’éducateur modèles. Je citerai tout de même Braham Derriche, Mouloud Djazouli, Mustapha Katrandji, Maloufi, Keloui, Abdelaoui...
    Ils étaient tous des bénévoles et se dévouaient sans retenue pour le club. Cette race de dirigeants est devenue une denrée rare de nos jours.

     

    L’arbitre ?
    J’ai eu énormément de respect pour Aouissi, Khelifi, Benganif, Chekaïmi, Benzellat, Benghezal, Daho...Tous étaient compétents, honnêtes et avaient un sens aiguisé de la communication.

     

    Avec quel coéquipiers aviez-vous le plus d’affinités tant sur le terrain qu’en dehors ?
    Kamel Lemoui était pour moi plus qu’un partenaire. Il était un ami, un frère au sens le plus large du terme.

     

    Vos principales qualités aussi bien sur le terrain qu’en dehors ?

    Rapidité, opportunisme, technique et un très bon jeu de tête. Dans ma vie de tous les jours, j’ai toujours cultivé tout à la fois la rigueur, la sagesse et la modestie.

     

    Vos défauts majeurs ?
    Un peu flemmard, je ne défendais pas assez et je m’oubliais de temps en temps. En dehors du terrain, je reste quelqu’un de très gentil et de réservé ce qui fait dire injustement à certains que je suis quelqu’un d’imbu de sa personne.

     

    Votre expérience comme entraîneur a été un peu courte, pourquoi ?
    J’ai tellement voulu donner plus de consistance à ma reconversion en tant qu’entraîneur, il se trouve hélas que je n’éprouvais plus de plaisir à continuer à le faire du fait de la dégradation des mentalités à tous les niveaux.
    Sachez tout de même que j’ai entraîné les jeunes du MCA et de la JSEB, les seniors de la JSMC et du MCA en tant qu’adjoint de Khabatou en 70/71 mais aussi l’équipe nationale universitaire de 68 à 72.

     

    Ne pensez-vous pas reprendre du service ?
    Dans une conjoncture pareille, je n’oserais jamais le faire. Je préfère et de loin activer comme conseiller technique, comme je le fais à l’heure actuelle auprès des jeunes du MCA.

     

    Que vous a apporté le football ?
    Rien sur le plan matériel. Il m’a quand même permis de connaître des gens de différentes couches sociales, m’a aguerri et m’a permis de voyager.

     

    Votre footballeur modèle ?
    Rachid Mekhloufi et Pelé.

     

    Quel est le défenseur que vous craigniez le plus ?
    Lacarne de Bel-Abbès, Besbes de Batna et Amar du CRB étaient très difficiles à prendre en défaut, car très durs sur l’homme et impressionnants physiquement.

     

    Quelle comparaison faites-vous entre le football de votre génération et celui de ces dernières années ?
    La différence est de taille. A notre époque, le jeu était plus spectaculaire. Nous jouions avec notre instinct et nous n’étions pas cadenassés dans un système de jeu strict et trop dirigé, comme de nos jours.
    Aussi, nous jouions pour les couleurs du club. Il se trouve malheureusement que ces dernières années, l’enjeu a pris le dessus sur le jeu.

     

    Que pensez de l’apport des techniciens étrangers ?
    Je suis pour s’ils viennent pour la formation et non pas pour l’entraînement. Il y a de bons techniciens locaux qu’il faut tout juste encourager et à qui il faut faire confiance. Voyez par exemple ceux qui monnayent leurs compétences à l’étranger.
    Tous réussissent dans leur travail à l’image de Fergani et Benchikha. Au fait, à quoi servent les instituts de formation de haut niveau tels les ITS et l’ISTS ?

     

    Quelle analyse faites-vous de la violence ?
    Elle a atteint des propositions alarmantes et souvent déborde dans la rue, ce qui est très grave. La politique déstructive du résultat coûte que coûte, l’incompétence, voire la malhonnêteté, de beaucoup de dirigeants ainsi que le manque de sensibilisation et l’impunité à tous les niveaux sont à mes yeux les principales causes de la montée de la violence en tous genres.
    Par ailleurs, il faut reconnaître qu’il y a une certaine presse qui souffle sur les braises, attissant rancœurs et rancunes.

     

    Quelle est la qualité que vous appréciez le plus chez l’homme ?
    L’honnêteté, la sincérité et la sagesse.

     

    Le défaut que vous détestez le plus ?
    L’hypocrisie et le mensonge.

     

    Etre heureux, c’est quoi au juste pour vous ?
    Vivre sereinement en famille et ne pas se compliquer l’existence.

     

    Etre malheureux ?
    Etre frustré.

     

    Etes-vous branché politique ?
    Je suis le cours des évènements tant nationaux qu’internationaux sans plus.

     

    Votre homme politique préféré ?
    (Longue réflexion). Le regretté Président Houari Boumediène et Abdelaziz Bouteflika.

     

    Plat de cuisine favori ?
    Le couscous bien garni et la tchaktchoukha.

     

    Pour conclure ?
    Je souhaite vivement que le MCA retrouve la pleine sérénité et reste définitivement à l’abri de la guerre des tranchées qui lui a fait très mal ces dernières années.
    Je souhaite aussi qu’à l’avenir tous ceux qui de près ou de loin aiment le Mouloudia prônent l’union sacrée et défendent l’intérêt du club avant tout
    .

     

    Entretien réalisé par Abdenour Belkheïr.

    « Le MCA retrouve son MouloudiaBesseghir 5ème recrue du MCA »

  • Commentaires

    1
    visiteur_retayeb@yah
    Mardi 5 Août 2008 à 19:16
    merci pour toutes la famille du mouloudia ,je suis un oranais ,j aime le M C A lorsque j etait au service national a alger cmeps avec aiziel 2 la seule equipe qui ma attire et surtout ces hommes qui sont sage et y save gere les situations les plus defficile, mercin encore.
    2
    sirine
    Vendredi 20 Mai 2011 à 16:02
    merci bien monsieur oucif je suis fierte de toi et moi aussi je suis galmoise de la famille attaoua je te remerci bien car tu es parmi les brave hommes quisont rares aujourd'hui et qui ont les bonnes qualité et l'esprie sportif surtout merci
    3
    sebbar1 Profil de sebbar1
    Samedi 21 Mai 2011 à 10:16
    Merci Sirine pour ton commentaire et ta contribution...Salutations pour tout les guelmis et toute la famille sportive de l'escadron noir de l'ESG....bienvenu dans ton blog.Oucif était un grand joueur qui a tant donné à notre cher Mouloudia
    4
    reg
    Dimanche 10 Février 2013 à 18:25


    aziz c' était de la grande classe et de l'élégance


    c'était mon prof de sport au college paul doumer à elbiar dans les années 70 et tous les dimanches on aller le suppoter au stade de st eugene  il y avait du beau jeu et du plaisir avec les anciens 


    salam


     


    l

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