• Un derby pas comme les autres

    USM ALGER 2 - MC ALGER 2
    La capitale fière de son derby


    Une autre preuve qu’un derby MCA- USMA tient généralement ses promesses, sur et autour du terrain et sur les tribunes. Même s’il est difficile de qualifier ce 62e rendez-vous mouloudéo-usmiste de match qui a atteint les sommets de l’art, il n’en demeure pas moins qu’il a tenu en haleine le Tout-Alger, voire forcément d’autres contrées d’ici et d’outre-mer.

    La veillée sera longue et les quelque 55 000 spectateurs qui ont garni le temple du 5-Juillet y avaient pour leur bourse. Une rencontre qui n’a, à aucun moment, “somnolé”. Juste quelques mouvements de respirations – expirations. Pour les acteurs (joueurs, staffs et supporters) et autant pour les branchés de la TV ou des ondes de la radio. Vendredi, Alger respirait le derby. Un match enflammé dès ses premiers soupirs par un Zidane, le défenseur usmiste qui faisait sa réapparition dans le onze de Lobello. L’ex-joueur du MCO donnera le tempo à une confrontation qui avait déjà commencé dans les artères de la capitale bien avant la rupture du jeûne de cette formidable soirée ramadhanesque. Le Mouloudia digérait mal cette “bouraka” dont l’axe Bouacida-Coulibaly en est responsable. Le Doyen n’en revenait pas, sonné par un tel coup de boule qui réussit apparemment bien à tous nos Zidane… Pour réagir, les Vert et Rouge ne pouvaient trouver mieux que les encouragements de leurs nombreux fans comme détonateur. Ce n’est pas des habitudes du kop mouloudéen de porter ses joueurs après une telle déconfiture, mais cette “nouvelle mode” semble confirmer que le public algérien est connaisseur. En termes de football et en sportivité surtout. Le MCA et son public ont tellement souffert de l’étiquette qui fait d’eux des violents coupables de sauvagerie, mais ce même public sait toutefois se montrer compréhensif et patient quand il est en “état” de fonctionner convenablement. Et envoyer ces jeunes et moins jeunes à Blida pour assister à leur derby est une manière de le mépriser et les pousser vers la faute… Et c’est justement grâce aux multiples fautes sanctionnées par l’arbitre Mohamed Zekrini que le MCA recouvrera son honneur. Un énième coup franc botté par Badji sur le point de penalty du périmètre unioniste où se trouvait Badache qui, du dos, détournera le cuir dans les filets de Zemmamouche et ce, malgré le retour désespéré de Ghazi (34’). En une demi-heure, la joie a basculé d’une Houma vers une autre. Alger vibrait et Bab-El-Oued et Soustara semblaient les plus heureux quartiers de la vieille cité. Les fiefs des Mouloudéens et des Usmistes n’avaient de senteurs que pour le derby. Oubliés les “bourakat”, tasses de chorba et la meïda de Ramadhan.
    Coulibaly allume le derby
    Le match est relancé. Sur des bases de plus en plus rigides. Les deux coaches formés à l’école française multiplient les mises en garde. Le match pouvant basculer à tout moment, Lobello et Bracci mettaient leurs joueurs à l’épreuve de la rigueur. Les couloirs sont verrouillés et les axes bétonnés. Comment les contourner, les dérouter ? L’énigme est entière. Le derby a besoin d’un vainqueur, voire deux. Une équipe en plus du beau jeu. Les essais échouent avant d’approcher les zones de Abdouni et Zemmamouche. Le Mouloudia a plus envie de faire la différence, contrairement à l’USMA qui semble se préserver. Dziri ne terminera pas le derby. Sa vieille élongation contractée la saison dernière s’est de nouveau réveillée. Au mauvais moment. Alors que l’émigré Aït Alia ressentait une douleur au niveau de son genou. Ammour se doit d’animer le jeu usmiste de plus en plus débridé. Lobello rappelle à ses joueurs que le MCA est mieux armé sur les contres et les balles arrêtées. Une balle arrêtée transformée, c’est rare chez nous. Même si depuis quelque temps, certains de nos artificiers montrent le chemin. Ce week-end, Lahmar le buteur de la JSMB, crucifiait Gaouaoui, le portier international de la JSK. Djediat en faisait la veille pareil devant un autre international, Ousserir du NAHD. Jamais deux sans trois, dit-on ? Eh bien, oui. On jouait la 62’ de ce derby coloré quand un coup-franc sifflé par M. Zekrini à proximité du rond central, côté usmiste. A cette distance (45 mètres environ), d’habitude, le tireur choisit de mettre sa balle dans le paquet, rarement en direction d’un équipier placé sur le couloir. Coulibaly Hadj Moussa a abandonné toutes ses habitudes. Le Bamakois choisira tout simplement une “Roberto Carlos”. Un missile qui échouera sous la barre transversale de Zemmamouche, un autre gardien des Verts, qui constatera les dégâts. Le but de l’année, assurément. Mais, malgré ce coup de tonnerre, la maison usmiste n’était pas prête à s’effondrer. Car, même pas quatre petites minutes après le Couli-bolide, que Bensaïd reprenait d’une majestueuse reprise de la tête un centre parfait de Hamdoud. Egalisation d’anthologie après un coup franc venu d’ailleurs, qui aurait prédit un tel scénario ? Sur le but de l’ex-Annabi et es- bourreau du MCA, Bouacida est de nouveau coupable. Tout comme l’arbitre Zekrini qui sifflera un penalty au profit du MCA quand Younès s’effilochera dans les six mètres, sans que le malheureux Zidane fait contact. Comme il y a une justice divine, Hadjadj chipe le cuir des mains de Belkaïd, prend Zemmamouche à contre-pied mais son essai échoue sur les chaussures du portier usmiste avant de revenir sur Hadjadj dont le retourné percute le poteau gauche. Les larmes de Zidane, exclu, avaient dès lors séché. Le derby n’a pas fait cette-ci de malheureux. Et c’est tant mieux pour sa pérennité. M.B.

    A chaud…

    Bracci : «On a laissé filer une victoire, car on avait la possibilité d’ajouter un troisième but à six minutes de la fin sur le penalty manqué de Hadjadj. Je ne blâme pas le joueur. Dans l’ensemble, mon équipe a bien su revenir dans le match après qu’on ait été menés au score.On s’est même permis le luxe de prendre l’avantage suite à un splendide but de Coulibaly. Je pense qu’il y a quelques correctifs à apporter notamment au niveau de compartiment défensif qui a commis de bourdes.»
    Lobello :
    «Nous avons assisté à une belle rencontre. Aujourd’hui, mon équipe a montré un visage plus séduisant, nous avons su rectifier les erreurs commises face au NAHD. Les joueurs furent plus combatifs, on a été pénalisés par la sortie de Dziri, mais dans l’ensemble, je suis satisfait de la production de mes poulains. Pour moi, le score de 2 buts partout est équitable.»
    Moussa Coulibaly :
    «Même moi, j’étais très content de ce but, j’avais un pressentiment que je pouvais loger le cuir au fond des filets. Certes, la distance était assez lointaine, mais j’avais une bonne visibilité. J’ai bien armé et la suite vous la connaissez. J’ai, d’ailleurs, inscrit un but presque similaire face au CSC. Au Mali, mes amis me surnomment Roberto Carlos, car j’ai une lourde frappe. C’est bien dommage que nous n’avons pas pu remporter le derby pour faire plaisir à nos fans. J’espère que nous allons corriger nos erreurs afin d’être plus performants en vue de disputer le titre.» Propos recueillis par Amine A.

    « Un but venu d'ailleursen Hand le mouloudia couronné »

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