
ZOUBIR AOUADJ
(EX- MENEUR DE JEU DU MCA ET DE L’EN DES ANNÉES 60)
Monsieur «Coups francs»
C’est à l’aube de la saison sportive 64/65 que le regretté Zoubir Aouedj (né en 1940 à Alger) A opté pour le MCA après avoir fait toutes ses classes au club voisin de L’O.M Saint-Eugène, club du quartier de son enfance. Il a vingt trois ans et ne perd pas de temps pour s’imposer au poste de meneur de jeu (n° 10).
Cela se passe super vite pour lui et malgré l’impressionnante richesse de l’effectif (Zerga, Maarouf, Zeriat, Bousseloub, Metrah, Senane, Bouras, Djazouli Mustapha, Meziani, Lemoui, Ramdani, Sâadi, Atbi, Naâmane etc ...) le transfuge de l’OMSE qui montre des aptitudes exceptionnelles, devint un réel homme de base du onze du regretté coach Mustapha El Kamel.
Ce dernier, dont la méthode de travail et les rapports humains plaisent à tout le monde, dira au jeune Zoubir qui l’impressionne par la pureté du geste, l’intelligence de jeu, la phénoménale force de frappe du gauche mais aussi par son solide tempérament «Mets toi bien dans la tête que tu es l’homme décisif. Tu peux à toi seul changer le cours du jeu et faire basculer le match en faveur de ton équipe».
En effet, malgré sa petite taille (1,60 m environ) et son petit pied (pointure 38 !), Zoubir qui oriente le jeu de son équipe et le stimule, est devenu la crainte de toutes les défenses.
Excellant dans les balles arrêtées, grâce à une très bonne frappe de balle, une adresse et une efficacité remarquables, Zoubir devenu le capitaine charismatique, sauvera souvent, grâce à ses nombreux buts inscrits sur «coups francs», son équipe de situation bien difficiles.
«Le regretté Zoubir Aouedj, dira Larbi Bousseloub, son ancien coéquipier et défenseur, était un joueur d’exception.
Il était le métronome de l’équipe et le véritable spécialiste des coups francs et les pénalties. Je garde toujours en mémoire les buts qu’il a inscrit de manière superbe sur coups francs durant le même mois de la saison 64/65 et au même endroit du stade municipal du Ruisseau aux pourtant excellents gardiens Nassou du CRB et Ouchen du NAHD.
Dans sa vie de tous les jours, le regretté Zoubir Aouedj, était un véritable humaniste. Il était tout à la fois simple et plein de générosité».
Ce but que le meneur de jeu des «Vert et Rouge» inscrira en 1966 à Blida contre l’équipe locale (USMB 3-MCA 2) était aussi spectaculaire qu’imprévisible. Zaragoci, le célèbre gardien blidéen n’avait pas fini de se placer et de diriger sa défense que le tir de «l’artificier» mouloudéen fit mouche.
Un but que les nostalgiques gardent encore en mémoire.
Toujours servi par sa frappe terrible, Zoubir Aouedj battra à lui seul, l’équipe d’El Asnam (2-0). Deux «tirs canons» qui restent eux aussi vicaces dans les esprits des inconditionnels mouloudéens.
Aussi, c’est tout aussi logiquement que le «patron» de l’équipe mouloudéenne, enfilera durant les années 60, le maillot de l’équipe nationale, aux côtés des célébrités de l’époque (Lalmas, Seridi, Hachouf, Amirouche, Meziani...).
Même s’il n’a pu atteindre la véritable dimension internationale (notre équipe nationale des années 60 était tout juste en construction), Zoubir Aouedj, aura l’insigne mérite de porter à maintes reprises le maillot «Vert» de l’EN et inscrira beaucoup de buts, notamment grâce à son superbe coup de pied arrêté du gauche. Zoubir Aouedj, qui affichait une assurance inaltérable quels que soient le nom de l’équipe adverse, du vis-à-vis ou de l’enjeu du match, forçait l’admiration et le respect de ses coéquipier mais aussi de ses adversaires. Pour Zoubir Bachi qui était son jeune coéquipiers «Zoubir Aouedj, était la sobriété même et la modestie personnifiée.
J’étais à peine junior en 1968 lorsque j’ai eu le privilège de jouer à ses côtés. Il avait un pied gauche magique. Il était, grâce à présence et son souffle inépuisable, le poumon de l’équipe. Dommage que sa carrière n’a pas été concrétisée par des titres. Du regretté Zoubir, parti prématurément, je garde d’excellents souvenirs. Il était un modèle de générosité et d’humilité».
En somme, si les observateurs de l’époque admiraient les immenses qualités techniques, les tirs puissants et précis et les nombreux buts du regretté Zoubir Aouedj, ils ne pouvaient rester indifférents à sa discrétion et sa force tranquille.Rare était le joueur mouloudéen, voire algérien qui suscitait à l’époque un aussi grand engouement auprès des amoureux de la balle ronde, pourtant marquée par quelques réelles personnalités.
Une certitude : le regretté Zoubir Aouedj, décédé à 52 ans des suites d’une implacable maladie, aurait pu embrasser une carrière professionnelle des plus brillante.
Malgré son immense aura, Zoubir Aouedj qui a toujours fait preuve de fair-play, de discrétion, (il n’était pas du genre «m’as tu vu»?) et d’altruisme. Il laissera de lui, pour la grande famille du Mouloudia et du football national, une très belle image.
Abdenour Belkheir.