BADJI Mohamed
"El Baz"
Le Révolutionnaire du Mouloudia
"Condamné à mort"
Badji Mohamed né le 13 mai 1933 à Frais-Vallon (près d’El Biar), et a grandi à la Redoute à El Mouradia (Alger), était un auteur-compositeur-interprète du style "Chaâbi algérien".
Plus connu sous le sobriquet "d'EI Baz", il a écrit et composé des chansons que d’autres ont dit, notamment Amar Ezzahi, Aziouz Raïs, Reda Doumaz et des dizaines d’autres.
Son attachement à la musique remonte à 1947. Ayant une voix rocailleuse et profonde, son chant reste une quête permanente d’échapper à la douleur.Il était aussi un virtuose de la Guitare et fan du Flamenco ce style qui inspirait ses moments de réflexions.
Arrêté pendant la Grève des Huit jours, en 1957, il a été torturé, jugé et condamné à mort. Son exécution n’aura pas lieu. Son emprisonnement à Serkadji l’a profondément marqué comme en témoigne sa chanson « Maqnine Ezzine » (Mon bel oiseau) dédié au jeune guillotiné Boualem Rahal son compagnon et aussi ancien joueur de son Club préféré le Mouloudia Club Algérois. D’autres compositions naîtront dont le célèbre « Bahr Ettofane » (Le Déluge).
Il a chanté à l’occasion des fêtes populaires dans différents orchestres.Il est originaire des hauts plateaux de l’est d’El Eulma, amoureux du vieil Alger et de son Mouloudia il est resté très attaché aux valeurs d'antan et aux symboles de la Bravoure, de la dignité et de la fierté au point de devenir un farouche opposant au régime de Houari Boumediene et de sa gestion Totalitaire mais aussi en défendant les droits des Artistes auprès des différents Ministres de la Culture sans pouvoir atteindre son objectif à savoir l'élaboration d'un Statut des Artistes afin d'avoir une réelle protection contre les abus..
Supporteur du Mouloudia Club Algérois à l'instar de la plus grande partie des habitants de son quartier El Mouradia, notre "rebelle" se reconnaissait dans le combat que menaient les dirigeants et Athlètes de ce club au temps du Colonialisme en livrant chaque Dimanche une lutte identitaire contre le "Roumi" pour exister et faire valoir le courage des musulmans "indigènes" contre la "Hogra" du "Gawri" et l'injustice de la colonisation.
Badji est décédé le 28 juin 2003.