OMAR BETROUNI (ATTAQUANT DU MCA, DE L'USMA ET DE L'EN)
"L'USMA est meilleure, mais le Mouloudia vaincra"
Lancienne star du Mouloudia dAlger et de léquipe nationale Omar Betrouni qui a fait les beaux jours du football algérien, en remportant plusieurs titres avec le MCA dont deux coupes dAlgérie, et une médaille dor historique avec lEN face à léquipe de France lors des Jeux méditerranéens dAlger 1975 sera une nouvelle fois présent dans larène du 5-Juillet en qualité de supporteur. Lui qui a connu les joies du succès en remportant un autre trophée national sous le maillot de l USM Alger en 1981, sera au 5-Juillet parmi les grands témoins de lhistoire des confrontations du derby MCA - USMA. A loccasion de la finale de la coupe dAlgérie, le petit ailier de poche quétait Omar, qui a fait pleurer les Usmistes et plusieurs autres clubs algériens et continentaux, évoque le rendez-vous.
Que représente pour vous la quatrième finale entre le MCA et lUSMA ?
Cest un moment historique. La coupe restera la coupe surtout avec les confrontations algéroises qui resteront à jamais gravées dans les mémoires de toute la population. Après ma retraite sportive, jai assisté pratiquement à toutes les finales de la coupe dAlgérie, mais celles entre le MCA et lUSMA ont un cachet particulier.
Durant votre riche carrière, vous avez remporté trois coupes dAlgérie dont une avec lUSM Alger. Quel est le trophée qui vous a le plus marqué ?
En général, tous les titres remportés par un sportif sont des moments forts. Bien que jai savouré les trois coupes, la première coupe d'Algérie arrachée face à l'USM Alger (2- 0) en 1971 au stade Municipal du Ruisseau demeure inoubliable. Les premiers sacres marquent.
Ya-t-il une différence entre un trophée national et un titre de champion dAlgérie ?
Il ny a vraiment aucune comparaison. Comme je lai dit, la coupe restera la coupe, car elle a plus dengouement. La preuve, les finales de coupe sont non seulement suivies par tous les Algériens, mais aussi par dautres pays. Elle est aussi loccasion de serrer la main au président de la République. En championnat, on peut toujours se rattraper, mais pas en coupe dAlgérie. Cest ça le charme de Dame Coupe. Elle est toujours spectaculaire
Est-ce que vous attendiez que le MCA atteigne la finale, alors quil a réalisé un mauvais parcours en championnat ?
Sincèrement, non. Au vu de la piètre prestation produite au cours du championnat dAlgérie, je ne pensais pas que le Mouloudia dAlger allait atteindre ce cap. A ce stade, le MCA est bien parti pour remporter la coupe dAlgérie.
Quest-ce qui vous fait dire que le MCA va sadjuger la coupe dAlgérie ?
Le MCA est parvenu difficilement pour ne pas dire miraculeusement à se qualifier en finale après avoir remonté les deux penalties grâce à lexploit de Azzedine. La coupe semble promise au MCA. C'est sûr que l'USMA évoluera avec un esprit de revanche. Mon pronostic est que le meilleur gagne et fasse honneur à ses fans.
Mais l'USM Alger est plus homogène que le MC Alger pour viser cette couronne ?
Certes, comme on dit, sur le papier l'USMA est meilleure que le MCA surtout cette saison, mais le MC Alger, avec ses milliers de supporteurs, aura moins de pression. L'USMA fera le jeu, et le MCA va marquer. La tactique et la prudence seront de mise. Labsence de Younès pèsera sur le rendement de l'équipe.
Avez-vous un message à lancer aux deux galeries ?
De tout mon cur, j'appelle les deux galeries à faire preuve d'un esprit sportif au sens propre du terme. Il faut que les deux voisins soient à la hauteur de l'événement qui sera suivi à travers les chaînes satellitaires.
Propos recueillis par Chafik B.
MOULDI AISSAOUI (ANCIEN JOUEUR DE L'USMA ET DE L'EN)
"Je n'ai pas de doute, l'USMA gagnera"
Le charmeur des foules est de retour. Sur le devant de la scène, pas sur les terrains quil a quittés à la fin des années. Mouldi, lenfant de la Coquette, est le témoin dune histoire qui se raconte au
futur. Le MCA-USMA est tellement grandiose que ses épisodes sont légion et inoubliables. Le dentiste, ancien ministre et ancien président de lUSMA et du CSJ, en connaît des bouts dune histoire tumultueuse. Celle dun onze de Soustara qui développait un football académique mal récompensé par les titres et trophées. «Dominer nest pas gagner» était, peut-être, une vertu pour les Rouge et Noir qui, malgré les déboires, sortaient avec les honneurs. Les larmes de laprès-défaites étaient celles dun bonheur paradoxal. Aujourdhui, la soixantaine franchie, Mouldi se retrempe dans lambiance des finales disputées, celles des derbies contre le Mouloudia en particulier.
Nous allons assister demain à une autre somptueuse finale entre lUSMA et le MCA. Un commentaire sur cette affiche?
Le hasard a bien fait les choses. Comme ça lUSMA va avoir sa revanche sportive sur le MCA. Sérieusement, cest une belle affiche entre ces deux formations riches par leur histoire, leurs gloires, leur football mais aussi par leur popularité.
Comment vous vivez ces derbies MCA-USMA ?
Cest un derby très particulier. Dès quil approche, la capitale connaît une grande effervescence. Les quartiers de Bab-El-Oued, de La Casbah et de Soustara ne parlent que de ce rendez-vous. Même dans les autres villes du pays, lengouement est le même tant la sympathie pour le MCA et pour lUSMA est grande.
Y a-t-il une différence entre votre époque et celle daujourdhui en termes dambiance ?
Oui, une grande différence même. Actuellement, les gradins sont remplis par des supporteurs dun âge plus jeune et donc plus enthousiastes. Je ne dirais pas que ceux de notre génération ne létaient pas, mais la ferveur daujourdhui est plus apparente. Il y a plus de banderoles, de fumigènes et de couleurs. Il y a aussi une surmédiatisation de lévénement. Cest totalement différent de notre époque.
Ce sera la quatrième fois que le MCA affronte lUSMA en finale et sur les trois confrontations, le MCA a toujours pris le dessus
Le jour de la finale, il faut que léquipe soit dans de bonnes dispositions. Un quelconque problème pourra déstabiliser léquipe. A mon avis, cest ce qui est toujours arrivé à lUSMA. Je peux vous citer un exemple : durant deux finales de suite, lUSMA se voit privée de son meilleur attaquant Chalabi, qui était sous les drapeaux.
Combien de finales vous avez disputées ?
Jai disputé cinq finales, soit les cinq premières finales qua jouées lUSMA. Malheureusement, je nen ai gagné aucune.
Vous restez toujours un fervent de lUSMA ?
Oui, et je crois fort en lUSMA qui va gagner cette finale. Il ny a pas de doute là dessus. Cest une équipe qui est dans une bonne forme.
Propos recueillis par A. A.
USMA-MCA
la fièvre monte à Alger
Comme lan dernier, Alger connaît une effervescence qui va crescendo à loccasion du big derby entre vrais frères et faux ennemis entrant dans le cadre de la finale de la 29e édition de la coupe Docteur-Maouche qui aura pour théâtre le temple du 5-Juillet demain à 17 h.
Nous avons, à cette occasion, tâté le pouls des uns et des autres à travers notre virée aux quartiers populaires de Bab El Oued et Soustara.
Il est 16 h 30 en ce lundi caniculaire. Nous entamons notre périple vers Soustara par la rue Bouzrina. Un grand drapeau de lUSMA est bien en vue au premier virage que nous amorçons. Poursuivant notre montée, deux bambins sur des vélos attirent notre attention par lair quils entonnent : «Mazal Mouloudia ! Mazal mazal !». En passant près deux, Farid notre chauffeur me dit : «Voilà un drapeau du MCA». Et il en sera ainsi dans chaque artère importante de la ville. A la rue Debbih- Cherif, Fouzi le photographe et moi-même descendons de la voiture pour aller poser quelques questions routinières au vendeur d articles de sport des deux clubs, un certain Amir. «Nous sommes entre frères et que le meilleur gagne. Nous on essaye de contenter tout le monde avec ce commerce de circonstance». - «Vous écoulez bien votre marchandise ?» avons-nous demandé. La réponse est spontanée : «Oui, ça marche comme lannée dernière. Cela fait une semaine que les fans des deux cubs achètent les articles que je leur propose». Notre présence sur les lieux a attiré des badauds dont lun deux affiche ses couleurs : «Je suis supporter de lUSMA !».
Amir poursuit : «Personnellement, jaimerais bien quelle remporte le trophée. Le Mouloudia la remporté lan dernier, ça leur suffit !». Sur son étal de fortune, installé à même le trottoir, Amir étale drapeaux, fanions, tenues pour enfants, feux dartifices, bracelets et deux CD Rom fraîchement sortis des bacs en lhonneur du MCA. Lun sintitule Mouloudia Chnaoua et le second Chnaoua. Cest un groupe de jeunes supporters qui les ont concoctés à loccasion de cette finale, explique Amir. Celui de lUSMA sera sur les étals dici demain, ajoute-t-il.
- «Mais pourquoi vendez-vous les fumigènes puisquils sont interdits au stade ? «Je les écoulerai particulièrement le dernier jour qui précède la finale pour faire la fête (aujourdhui, ndlr). ça va chauffer!». Vous avez compris, Amir est simplement intéressé par la vente de ses produits. Concernant les fumigènes, par exemple, le prix de revient à lunité oscille entre 700 et 1 200 DA. En guise dambiance, cest Farid le chauffeur qui mettra du sien en passant le CD du Mouloudia. Cela tombe bien car nous nallons pas tarder à rejoindre le cercle du doyen au 14, rue Debbih -Chérif.
«La finale à la Place des Martyrs !»
Cette seconde escale se fera donc dans un café où lon sadonne aux jeux de dominos et de cartes. Le serveur nous annonce comme étant journalistes à la télévision. Il nen fallait pas plus pour soulever lire dune partie des jeunes attablés. «Nous navons rien à dire ».
Après ce malentendu, nous avons, bien entendu, rectifié lerreur du serveur et Fouzi nous fait signe quune personne est disposée à exprimer son opinion à propos de cette finale. Cela tombe bien, car renseignements pris, il sagit de lentraîneur de Bou Ismaïl, un club qui évolue en régionale II. Mechedal, puisque cest de lui quil sagit, dira : «Ce sera un match très difficile ; normalement cette année sera celle de lUSMA. Mais que le meilleur gagne !», tout en soulignant quen termes de cercle, ce café rassemble des supporters de plusieurs clubs à linstar de ceux de lUSMA, du MCA, de la JSK, de lESS et pour mieux convaincre, il attire notre attention sur les photos des équipes qui ornent les murs des lieux et le supporter de la JSK qui est en sa compagnie dira : «Cela fait longtemps que le MCA na pas de cercle. Cest un SDF», plaisante-t-il. «Je crois que cette année nous aurons la coupe pour peu quun arbitrage impartial soit au rendez-vous. Beaucoup darbitres sont malhonnêtes. Cest les arbitres qui font les beaux matches. Lan dernier, cest la sortie injuste de Ghazi qui a faussé la finale», a tenu à ajouter ce fan usmiste. Nous avons ensuite interrogé Rezki, le fan des Vert et Jaune. Il nous apprend quil est originaire de Tizi Ghenif et quil travaille à la Pêcherie. Voici ce quil pense de cette finale : «Au vu du retour en force de lUSMA, je peux dire quelle est bien partie pour sadjuger le trophée. Je suis bien ici avec mes amis Mouloudéens et Usmistes». Revenant sur la victoire usmiste acquise devant cette même JSK en demi-finale, Rezki refuse dadmettre cette défaite, arguant que cest la JSK qui a offert à son adversaire la victoire car sétant présentée diminuée de plusieurs joueurs, qui plus est connaît des remous internes. «Elle est passée à côté de la plaque». Les supporters du MCA se mettent à hausser le ton tout à coup, taquinant ouvertement Rezki dont ils ont retenu quelques bribes de son kabyle. «Nous, à lUSMA sommes plus sportifs puisque nous lécoutons avec beaucoup de respect et dattention», renchérira Mechedal. Nous avons alors décidé de donner la parole à ceux-là mêmes qui lavaient refusée au départ et voilà ce quils nous confient avec un humour corrosif que seule lopium du peuple (le football, ndlr) permet. «InchAllah, le MCA lemportera. Nous méritons plus de 4 titres et regarde comment le domino est fermé», ironise-t-il. Sid Ali, lautre inconditionnel du Mouloudia, sur un ton plus moqueur assène : «En 1971, on a rencontré lUSMA sur un terrain en tuf, en 1973 sur du tartan, en 2006 sur du gazon ; à chaque confrontation nous les avons battus. Maintenant nous demandons aux autorités pour quelles fassent jouer cette finale sur la dalle de sol de la Place des Martyrs». Evoquant léquipe nationale, celui-ci affirme quil y a lieu de changer dentraîneur, surtout Heddane, précisera-t-il. «Nous disposons de la crème des joueurs professionnels quon ne doit pas sacrifier » «Faisons appel à Madjer», proposera son voisin avant de le laisser poursuivre. «Nous avons un niveau de championnat très bas. Du reste, jirai assister à cette finale tout en évitant de me faire des illusions sachant par avance que jaurai droit à un niveau algérien. Toute lAlgérie sattend à ce quon fasse partir la fédération. On na pas de football. Tout le quartier de Soustara salue Rachid Smati du Cadix. Promettez-moi de passer ce message SVP!» Avant de quitter les lieux, nous navons pas manqué de poser la question, qui saute aux yeux depuis le début de notre périple, à savoir le manque dambiance à la veille de cette finale. Et à lentraîneur de Bou Ismaïl de trouver lexplication : «Il ny a plus dengouement populaire pour cette finale parce que nous avons perdu les traditions footballistiques dantan. Si aujourdhui on crée lambiance, cest pour mieux vous piquer votre portable... La véritable ambiance sera celle qui aura lieu au stade du 5-Juillet».
Bab el Oued : entre les deux, le cur balance
On descend sur Bab El Oued en empruntant le lieu historiquement célèbre pour son fameux coup déventail Bab Edjedid en Haute Casbah à hauteur du Triolet, où un immense drapeau installé dans le quartier apprend aux passants quun tournoi de football à la mémoire de Aïssa Draoui, ancienne gloire du football national et du doyen, aura lieu le 28 août prochain. Une initiative prise par la Fondation Derriche en collaboration avec le MJS, la FAF et lENTV. Mais comme le déplore un supporter rencontré sur les lieux, «cest louable comme initiative mais on aimerait bien voir des hommages rendus à des hommes qui le méritent de leur vivant». Ce lieu presque désert à notre arrivée grouillera de monde. Des badauds nous entourent dès lors que nous avons décliné notre identité. «Moi je suis supporter de la JSK», sesclaffe en arabe algérois lun deux. Voulant tester sil dit vrai, nous lavons alors interrogé en kabyle. «Répétez votre question...». Après quoi, il marmonne quelques mots en déclarant mais avec moins de ferveur «Que le meilleur gagne même si mon cur penche du côté mouloudéen».
Sécurité renforcée
Au siège du club cher à Soustara qui grouille de monde surtout après notre passage, chacun y va de sa version propre mais pour dire à lunisson que la coupe, cette année, sera remportée aisément par lUSMA qui, disent-ils, est mieux préparée. Ils sont unanimes pour ne pas parler de revanche à prendre mais dune année qui est la leur. A limage du stadier Rabah qui clame de vive voix : «Nous sommes les plus forts et sommes fiers dannoncer que nous allons remporter le trophée. Le président Saïd Allik nous la assuré en personne. Les joueurs nous ont également promis de ramener cette coupe. Le Mouloudia pourra sestimer heureux de sen sortir avec un 2 à 0». Certaines vieilles gloires usmistes se trouvaient sur les lieux ou carrément évoquées. A linstar du fils de Hamadouche Abderrahmane arrière central des années 1950 navigateur de son état qui embarque pour Marseille où, disait-il, se trouvent des supporters au café «Aâmi Moh» et compte revenir assister à cette finale le jour J vers 11 h. Ou encore Mustapha Stof ancien demi-gauche cadet/junior qui dira que le quartier est divisé en deux par les deux équipes. Sur un autre registre, un fan usmiste a tenu à souligner combien sont violents les chnaoua, quils gagnent ou quils perdent. «LUSMA est une grande équipe qui est soutenue par des supporters au cur de diamant».
La presse est mise à lindex par un autre qui nous prend à témoin à propos dun titre «provocateur» dun de nos confères qui a récemment écrit : «Le MCA veut un 4e bébé». Nous avons appris également que les deux galeries auront à se partager les tribunes. Une décision prise de commun accord entre les autorités de la wilaya dAlger, les deux présidents de club et le directeur de lOffice du complexe olympique. Ce sont les militaires qui vont les séparer au n°11 de la tribune ainsi quà la tribune dite du flambeau. En matière de sécurité toujours, pas moins de huit mille policiers sont mobilisés pour veiller sur lordre public. Les principaux axes qui mènent au temple du
5-Juillet seront fermés à la circulation dès demain matin de 9 h à 22 h. Les bretelles Chevalley-5-Juillet ou Ben Aknoun-5-Juillet font partie de cette interdiction de circuler pour une meilleure fluidité et sécurité. Reste léternelle problématique des fumigènes qui, même interdits, sont toujours introduits à lintérieur du stade malgré la fouille systématique des services de sécurité. Lun deux nous révélera que cest par lintermédiaire des enfants quils y sont introduits, puisque rarement fouillés, pendant que certains complices les écoulent à lintérieur même de lenceinte. Ce qui est dommageable à plus dun titre, car cette finale doit être une fiesta pour lensemble des supporters et quel que soit le vainqueur, cest le football national qui en sortira grandi.
Par Rabah Douik
La billetterie qui commençait à sécouler sur les différentes places dAlger depuis lundi dernier au prix oscillant entre 150 et 300 DA selon que lon réserve pour les gradins et/ou les tribunes couvertes, vient de voir sa vente doublée, voire quadruplée pour atteindre, hier seulement, la barre des 600 DA, au marché noir, bien entendu. Les retardataires risquent de se voir proposer le sésame dentrée beaucoup plus cher aujourdhui, veille de cette grandiose finale.
R. D.
Quand le douzième homme sexprime !
A vingt-quatre heures du grand rendez-vous de la Coupe, les langues se délient des deux côtés et les supporteurs des deux grands clubs de la capitale y vont avec leurs commentaires pimentés pour la circonstance. Cest dire que Dame Coupe déchaîne les passions, et plus est, quand il sagit des frères ennemis à la rivalité légendaire, et qui drainent un nombre très important de supporteurs. La rencontre se disputera, certes, sur le terrain, mais elle a débuté, en fait, depuis un bon bout de temps, et précisément depuis la qualification des deux teams, dans les cafés, fiefs des deux équipes, et lieux publics de la capitale et de ses alentours. Certes, les «chnaoua», sobriquet qui désignent les supporteurs du doyen des clubs algériens, sont plus nombreux et promettent déjà lenfer à leurs rivaux de lUSMA, mais les «Messamîa», sont également présents sur le terrain et affirment déjà que leurs favoris simposeront et quils garantiront la fête dans les gradins. La capitale, ces jours-ci, a connu une animation très particulière, puisque de Bab el Oued, quartier général des Mouloudéens, en passant par Soustara, fief traditionnel des Usmistes, et jusquà Bab Ezzouar, Zeghara, Bouzaréah, Birkhadem, El Biar, Réghaïa, Rouiba, Dar el Beïda, et même dans certaines localités des wilayas limitrophes, à savoir, Blida, Boumerdès et Tipaza, la fête a déjà commencé, avec des banderoles aux couleurs des deux clubs qui sont accrochées partout.
Chacun fait ce quil peut pour taquiner lautre, mais le plus important dans tout cela, cest que tout se fait dans la bonne humeur et les règles de lart. Pas de débordement jusque-là, ce qui honore les jeunes inconditionnels des deux grands clubs. Espérons seulement que cette ambiance se poursuivra demain soir dans les tribunes du temple du 5-Juillet, et ce, quel que soit le vainqueur de cette épreuve. Car le plus important, cest que cela se passe dans un fair-play total et loin de cette violence néfaste et qui devrait être bannie à jamais de nos stades.
La passion est un sentiment noble quon doit savoir contrôler, et les Mouloudéens ainsi que les Usmistes doivent comprendre quen définitive, cela nest quun jeu, et que la victoire est toujours pour le meilleur et, pourquoi pas , pour demain...
Anouar M.