GUERROUABI El-Hachemi
"Chanteur châabi"
Bon ailier droit, il jouera sa dernière saison en 1951-52, sous les couleurs de la Redoute AC puis fait un bref passage en jeune au Mouloudia Club dAlger) navait jamais caché sa passion pour le football.. Au début des années 50, il commença à sintéresser à la musique et tout particulièrement à El-Anka, Mrizek, Hssissen, Zerbout et Lachab. Au music hall El Arbi, il se distingue en obtenant deux prix. Grâce à Mahieddine Bachetarzi, il rejoint lOpéra dAlger, en 1953 à 1954, ou il chantera Magrounet Lehwahjeb qui fut un succès.
Engagé à lOpéra comme chanteur,El Hachemi Guerouabi fera aussi de la comédie et jouera dans plusieurs pièces et dans de nombreux sketches dont Dahmane la chaire et Haroun Errachid. Après lindépendance, il rencontre Mahboub Bati avec lequel il enrichit ses connaissances, se perfectionne et enregistre des chansonnettes. En 1962 et face à linvasion des chansons occidentales et égyptiennes, il fallait trouver une place pour le chaâbi auprès des Jeunes. Guerrouabi introduit des changements sur le genre et, avec EI barah, il aura beaucoup dimpact. Dans ce courant rénovateur auquel sopposeront les conservateurs, on trouvera aussi El Ankis et bien entendu le compositeur Mahboub Bati. Toutefois, El harraz et Youm EI Djemaâ ont la préférence de Guerouabi qui excelle dailleurs dans le mdih et les nabawiyates. Il effectue un pélerinage à la Mecque en 1987. Guerouabi qui a commencé à taquiner la mandole à lâge de neuf ans, a accumulé un capital immense grâce au contact et au travail assidu auprès de nombreux maîtres du genre.
Toutefois son prestige découle du fait quil a su apporter sa touche personnelle et broder une variante singulière sur létoffe commune quest le chaâbi. Il na jamais cessé en fait, même pendant les moments difficiles de sa carrière, dêtre à la hauteur de sa réputation, qui a largement dépassé les frontières nationales. A son actif, des centaines de compositions, dont des adaptations de poèmes des XVI Iè et Xvlllè siècles. Il en courage son fils Mustapha à le suivre sur le même chemin et chanter en duo avec lui en 1990. Héritier populaire des grands maîtres du genre et figure emblématique de toute une génération, il renoue avec les textes fiévreux et les poésies qui ont fait sa renommée, dès et début des années 50. La voix suave légèrement éraillée, le " rescapé algérois dune musique qui sévaporait de plus en plus dans la variété refait, au début des années 90, un retour éblouissant avec un CD sorti chez Sonodisc, en France, Le chaâbi des maîtres. Cithare, piano, tablas, violons, banjos et guitare constituent linstrumentation dun répertoire classique revitalisé et toujours distillé en arabe dialectal. avec une diction et une sérénité extraordinaires.
Guerouabi est né à la Redoute (El Mouradia) en 1938, à la veille du déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale. Mais cest à Belcourt quil grandit et quil fut happé par deux passions : le sport et la musique. La capitale vaquait à ses occupations dans un climat marqué par un regain de nationalisme. La vie artistique battait son plein dans les années 1940. « Le vieil Alger, cest El Baz chanté par El Anka, cest le Mouloudia écrasant le Galia par 2 à 0. Cest le quartier de la Marine, le vieil Alger, cest Omar Kouidri qui bat Mangin par KO au troisième round. Ça va Hadj Boualem ? Un moitié-moitié ? Cest dans cette ambiance quEl Hachemi commencera à taquiner le mandole. Sous les conseils de Mahieddine Bachtarzi, musicien, chanteur, comédien, dramaturge, pionnier du théâtre algérien, le jeune Guerouabi est engagé en tant que chanteur. Il se souvient très bien de ses premiers pas sur les planches de lOpéra dAlger qui laccueillera à bras ouverts et qui accaparera son activité artistique, puisquil fera de la comédie et jouera plusieurs pièces de théâtre, dès la fin des années 1950. Comme le costume ne lui allait pas trop bien, El Hachemi préféra retourner à ses premières amours, le registre, étant à ses yeux plus conforme à ses aptitudes ! « Cétait plus fort que moi », avouera-t-il plus tard. Et puis un jour, le compositeur Mahboub Bati, puisant son inspiration dAznavour, lui concocta une chanson El Barah, à laquelle Guerouabi sidentifiera et qui aura un formidable écho auprès du public. Cétait la clef de laventure, car El Hachemi, au fil des ans, deviendra lun des maîtres du chaâbi « genre noble et populaire déclinaison de la musique classique arabo-andalouse, adaptation festive et conviviale de cette musique savante ». Il revendique son statut en déclarant qu « il y a des chanteurs pas des maîtres. Pour avoir le titre de cheikh, il faut avoir appris sur des bases solides. Avoir été élevé avec les maîtres. Maintenant, il y a des chanteurs pas plus », décrète-il. Ses apparitions se font rares bien quil ait à son actif des tournées prestigieuses.
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