
"L'Enfant de la Casbah"
Né le: 30 Août 1922 à Alger
Taille: 1.82 kg
Poids: 82 Kg
Poste: Milieu de terrain
Clubs successifs:
1934/1946 Mouloudia Club Algérois (MCA) depuis les jeunes catégories
1946: Hammam Lif (Tunisie 3 mois seulement)
1946/1949: FC Séte
1949/1952: O.Marseille puis Toulouse en 1952
1952/1956: Toulouse
1956/1958 : Toulon
1958: Entraîneur/ joueur à Brignoles, un Club Amateur (France)
1958/1962: équipe FLN entraîneur et Encadreur
entraîneur entre temps de Sfax et Makarem El Mahdia (Tunisie)
1962/1964: retour en Algérie, Entraîneur du MCA
1964 /1971 Cellule Technique de la FAF et du MCA
1970/1971 co-entraineur de l'EN Militaire avec Arribi et Oualiken (et cellule technique du MCA)
Pour rappel il était Entraîneur de l'équipe FLN avec le Mouloudéen Aribi Mokhtar en 1958/1959 jusqu'en tournée dans les Pays de l'Est, en Russie entre autres.
il a dû arrêter suite à son ulcère qui le fit souffrir !
Champion de france D2 avec Toulouse
Vice champion de France 1955 avec Toulouse
Hadad est un enfant de Casbah et un pur produit du Mouloudia d'Alger, dit "Spagnoli" (L'Espagnol).Il débute au MCA et joue dans toutes les catégories. Aux côtés de (l'ex Sétois) Benouna Ali (qui a porté les couleurs de l'équipe de France en 1936 contre la tchécoslovaquie et la Belgique), ils forment alors qu'il est encore junior, un tandem redoutable.C'est le temps de la chanson de ralliement de tous les sportifs algériens.Le refrain "celui qui veut pratiquer le sport active au Mouloudia" est repris dans tous les stades où évolue une équipe musulmane.Il est retenu avec la sélection d'Alger et Benouna l'encourage à traverser la Méditerranée.Il se fixe à Séte, terre d'accueil des footballeurs algériens où encore une fois avec son ami Arribi, il reconstitue une paire qui fera "saliver" bon nombre de dirigeants.Ceux de l'Olympique de Marseille sont plus convaincants.Il faut dire qu'il a du talent et des titres à faire valoir.Il a frappé à plusieurs reprises à la porte de l'équipe de France et il compte 5 sélections avec l'équipe de France "B"
En 1952, il passe à Toulouse à la suite d'un échange avec son compatriote Ibrir Abderrahmane, le gardien de but international de l'équipe de France à cette époque.Il y retrouve, durant trois saisons, les deux stars Brahimi Said et Bouchouk Abdelhamid.
A 36 ans en 1958, il est en fin de carrière au sporting de Toulon losqu'il met le cap sur Tunis afin de s'occuperde l'équipe de la liberté (FLN).Devant son expérience et son sérieux, le Football Tunisien en plein mutation fait appel à ses services.Il entraîne le Club Sfaxien et, avec l'indépendance de l'Algérie, il retourne au club de ses amours, le Mouloudia d'Alger (1962-1964) comme entraîneur toujours.
Entraîneur de l'équipe FLN avec le Mouloudéen Aribi Mokhtar en 1958/1959 jusqu'en tournée dans les Pays de l'Est, en Russie entre autres.
Fatigué d'avoir un peu trop bourlingué, il jette les amarres loin des bruits des stades.Il décède en 1981 à la suite d'ulcères à l'estomac.
Ahmed BESSOL LAHOUARI
"1954-2003 Foot Algérien
les 100 Etoiles"
Les 32 joueurs du FLN
Equipe type :
Abderrhamane Boubekeur (MCA), Dahmane Defnoun , Mustapha Zitouni, Mohamed Soukhane, Mokhtar Arribi (MCA), Amar Rouaï, Abdelhamid Kermali, Rachid Mekloufi, Saïd Brahimi, Abdelaziz Ben Tifour, Abdelhamid Bouchouk.
Porte-voix de la Révolution, l’équipe FLN, constituée de joueurs professionnels évoluant pour la plupart en France, a joué un rôle de propagande important, en faisant connaître les idéaux de la lutte armée.
Au-delà des résultats sportifs, au demeurant flatteurs, l’équipe a sillonné le monde et a eu les faveurs des publics rencontrés.Lorsqu’on m’a sollicité pour écrire sur l’histoire de l’équipe FLN, j’ai longtemps hésité avant de me raviser. Je ne voulais pas parler pour les autres au risque de froisser les susceptibilités. Mais après réflexion, j’ai décidé de témoigner. Pour l’histoire et à la mémoire de tous ceux qui nous ont quittés. Que Dieu ait leur âme.
Il y a eu les 22 qui ont été à l’origine du déclenchement de la Révolution et il y a eu les 32 footballeurs qui ont sillonné le monde pour porter haut la voix de l’Algérie. C’était une époque formidable où le sacrifice n’était pas un vain mot. Mais avant d’évoquer toutes les étapes qui ont conduit à la mise sur pied de cette équipe, rendons un vibrant hommage au concepteur de cette œuvre grandiose, Mohamed Boumezrag El Mokrani. Cet homme a eu une idée formidable. Après son retour des jeux de l’Amitié organisés à Moscou en 1956, il a eu la géniale idée de mettre en place une équipe de football, dont le rôle est de faire connaître la cause algérienne et le dur combat mené par les moudjahidine. L’impact de cette opération aurait un retentissement extraordinaire, a-t-il pensé. Et joignant le geste à la parole, il se mit à concrétiser son projet dès son retour en France : former une grande équipe nationale composée de joueurs professionnels opérant dans les grands clubs français de l’époque, tels que Monaco, Saint-Etienne, Lyon, Toulouse, Reims, Bordeaux... Boumezrag n’avait pas informé ses proches de cette initiative, même les responsables de l’OCFLN n’étaient pas au courant. Soupçonneux et méfiant, Boumezrag travaillait dans le secret. N’en étaient informés que ses lieutenants, Mokhtar Arribi (MCA) et Abdelaziz Bentifour, qui multipliaient les réunions clandestines entre décembre 1957 et avril 1958.
C’est lors d’une rencontre au café Le Départ de Saint-Michel que Boumezrag, accompagné de Arribi et du Dr Moulay, un gars de Saïda, qui s’occupait des étudiants, me mit au parfum. On passa directement à l’acte en contactant individuellement les joueurs au sein de leurs clubs respectifs. Comme ces joueurs algériens étaient souvent les coqueluches de leur club, on imaginait la réaction de leurs dirigeants. Mais tout se passa comme prévu et nul ne rechigna à l’appel. La presse de l’époque s’empara de la question en lui accordant une grande importance (grosses manchettes à la une, photos à l’appui) d’autant que cela intervenait à quelques semaines seulement de la Coupe du monde en Suède, avec l’engagement des Tricolores qui renfermaient deux joueurs algériens considérés comme des titulaires potentiels, à savoir Mustapha Zitouni et Rachid Mekhloufi. Mise sur les rails, l’équipe, du moins une bonne partie, se retrouva à Tunis en avril 1958 pour commencer ce qui allait être une véritable épopée. Les résultats techniques sur le terrain furent brillants, mais ce qui l’était davantage, c’était l’impact politique et médiatique que cette équipe a su capitaliser au bénéfice de l’Algérie combattante. Les tournées commencèrent au niveau des pays amis issus de l’ex-bloc de l’Est et qui comptaient parmi les nations les plus avancées en matière de football. Qui ne se souvient de la Hongrie ou de la Yougoslavie ? Là où l’équipe algérienne passait, elle laissait son empreinte et était saluée comme il se doit. Le salut et l’hommage s’adressaient plutôt au combat mené et à la juste cause pour laquelle se sacrifiaient des milliers d’Algériens. Arrêté par la police, j’ai dû croupir en prison durant de longs mois. Lorsque j’en suis sorti en novembre 1960, j’ai repris du service aux côtés de Boumezrag et Arribi. Ma dernière mission via la Suisse consistait à ramener en Tunisie sur ordre de maître Benabdellah, avocat du FLN, la dernière fournée de joueurs professionnels, à savoir Bouchache Hocine, Amara Saïd, Bouricha, Oualiken Mokrane et Kerroum. Je peux dire qu’on a vécu des moments formidables au sein de cette équipe, notamment au cours des dernières tournées dans les pays de l’Est en 1961. Pour l’anecdote, on a joué contre la Yougoslavie et gagné par 6 à 1 devant 80 000 spectateurs enthousiastes. C’était un match historique. Après la rencontre, dans l’hôtel, on a fait un véritable boucan. On utilisait plusieurs instruments de musique. Nos colocataires brésiliens de Bangu, champions de leur pays, nous avaient pris pour un orchestre. Lorsqu’on a demandé à jouer contre eux en amical, ils ont carrément refusé, non pas parce qu’on était des « musiciens », mais parce qu’on avait battu sévèrement la Yougoslavie et qu’ils avaient peur de subir le même sort. Cela dit, on s’amusait, mais dans les limites permises, car nos dirigeants ne badinaient pas avec la discipline. Je vous cite un exemple en Bulgarie. Durant l’année 1961, les entraîneurs se sont passés des services de Bentifour, pourtant titulaire indiscutable dans son poste. Fou de rage, Bentifour s’est rendu dans la chambre qu’on partageait et a accroché les crampons au plafond. « Moi, on me fait raccrocher les crampons », ruminait-il. Bien évidemment, ce n’était qu’une simple sanction puisqu’au match suivant il fit son apparition parmi le onze rentrant... 50 ans après le déclenchement de la Révolution, je peux dire que l’équipe FLN y occupe une place de choix. L’occasion m’est offerte pour m’incliner devant la mémoire de ceux qui nous ont quittés : Boumezrag, Arribi Mokhtar, Ibrir Abderrahmane, Bentifour Abdelaziz, Benfadah Ali, Bourtal, Chabri, Bouchache Chérif et Hocine, Hadad Saïd, Mazouza Abdelkader, Boubekeur Abderahmane, Bouchouk Abdelhamid et Brahimi Saïd. 50 ans plus tard, la mission pour laquelle nous avons été investis a été accomplie puisque le FLN a réussi à arracher l’indépendance. Après 1962, on pensait que le parti allait jouer la carte de la démocratie et que chacun allait retourner à son parti d’origine. Hélas, rien de tout cela n’eut lieu ! Aujourd’hui, on réclame toujours la justice sociale. Le décollage tarde à venir, alors que les énergies ne sont pas libérées et les investisseurs se heurtent à des obstacles de toutes sortes. La jeunesse est toujours marginalisée. Pour que l’indépendance - chèrement acquise - puisse avoir un sens, il faut régler tous ces problèmes.
Mohamed Maouche
Said Hadad, Dit "Spagnoli"
Le devoir familial
Dans le langage des gens humbles, la pauverté, n’est pas une honte.
Ne dit-on pas que la véritable richesse se trouve dans les cœurs et les mentalités saines. Le destin imposant cette contrainte de la vie matérielle constitue en fait, une école de formation non structurée, appelée l’école de la rue. Elle a assuré la formation d’hommes au sens propre du terme car il est difficile d’affronter les vicissitudes de la vie tout en gardant sa dignité. Said Haddad fait partie de ces grands hommes. Il jouait en équipe minime au Mouloudia et déjà jeune il était orphelin de père Remplacer le père au plan affectif relève d’une mission délicate. Mais Said Haddad se démenait pour garantir le pain blanc à sa petite famille sans pour autant verser dans l’illégalité. Il se dépensait comme la plupart des algériens avec honneur. Il arrivait souvent en retard aux rendez-vous fixés par le club le matin de bonheur pour aller jouer un match de football et pour cause, il se consacrait à effectuer la corvée habituelle en approvisionnat la maison en eau potable. Il habitait à ce moment là à la casbah. Ces efforts et comportements de dignitaires sont révélateurs de grandes qualités humaines. Les dirigeants du Mouloudia appréciaient beaucoup ces agissements qu’ils accueillaient et approuvaient à grande joie. Ainsi ils ne manquaient pas de lui apporter leur aide et assistance au même titre que tous les jeunes se trouvant dans la même situation. Les dirigeants du Mouloudia, en hommes expérimentés et connaisseurs en la matière avaient prédit que Said Hadad finira un jour à gravir de grands échelons dans la vie sociale et footbalistique. Ces propos n’étaient pas des mots en l’aire et ont fini par se confirmer dans le temps. Ce dernier embrassera une belle carrière professionnelle en France et rejoindra la glorieuse équipe du FLN, en appel au devoir national.
in "Le Doyen raconte le Mouloudia" Djazouli Mouloud Page 317
Un grand merci à janine d'Alger et aux neveux du joueur qui nous ont aidé à actualiser la biographie de Said Hadad