MCA 0 WAT 1
Stade du 5-Juillet : temps pluvieux, pelouse en mauvais état, affluence faible, arbitrage du trio Khelifi-Sedrati-Bougherara.
But : Djellit (10).
Avertissements : Bomaci (16), Belgherbi (31), Dif (38), Djellit (45+4), Larabi (72) pour le WAT et Hosni (61) pour le MCA
Expulsion : Bamogo (38) pour le WAT.
MCA : Ouamane (Azzedine, 46), Hosni, Babouche, Bouacida, Coulibaly (Diarra, 53), Zemit, Hadjadj, Badji, Younès, Badache (Sidibé, 53).
Entraîneur : Fabbro.
WAT : Gaouaoui, Hadjou, Larabi, Boudjakdji, Bougherara, Bamogo, Bomaci, Belgherbi (Tonkob, 78), Abdelaoui, Dif (Tebbal, 56), Djellit ( Benyamina, 86)
Entraîneur : Slimani.
Le Mouloudia dAlger sest incliné jeudi dernier dans son propre jardin face à une équipe de Tlemcen déterminée et qui a réussi un réel exploit, grâce notamment aux ex-Canaris Boudjakdji et Gaouaoui qui ont fait leur meilleur match de la saison. Le coach tlemcénien a réussi son coup, comme il la demandé à ses poulains avant le match de marquer dentrée. Ce qui fut à la dixième minute par lentremise de Djellit, le même qui a marqué aux Mouloudéens lors du match aller. Ceci même si le MCA fut le premier à frapper. On jouait la 9, lorsque Bouacida, sur un coup franc excentré, Hadjadj rate de peu le montant gauche de Gaouaoui dune tête plongeante.
Un exploit de taille pour le Widad qui séloigne ainsi de la zone rouge et de la relégation qui le guettait depuis le début de la saison. Cet exploit plonge tout simplement le Doyen dans une mini-crise car, du coup, sa dégringolade à la 9e place le met à trois points du premier relégable. Une déception totale du côté mouloudéen qui na pas trouvé les ressources nécessaires pour revenir au score et prendre à défaut lhomme du match, le gardien tlemcénien Gaouaoui Lounès. Ce dernier a été un rempart face aux attaquants mouloudéens, visiblement mal inspirés. Après avoir encaissé le but, Younès et ses camarades sont tombés dans la précipitation, comme ce fut le cas à la 14 lorsque le même Younès voit son tir croisé rebondir sur le poteau. À partir de là, Slimani demande à sa défense de resserrer ses rangs avec un Boudjakdji des grands jours et qui a rempli à merveille son nouveau rôle dans laxe défensif. Face à cette défense quadrillée, les attaquants mouloudéens, à limage de Badache, Younès et Bouguèche, nont rien pu faire malgré un Badji qui les a, à chaque fois, bien servis en ballons. Gaouaoui a toujours été dans le meilleur endroit pour éloigner le danger. Le Widad tient le coup jusquau sifflet de larbitre annonçant la fin de la première période. Du retour des vestiaires, lentraîneur italien Fabbro opère des changements et opte pour une tactique offensive à outrance et change même de gardien. Cest Azzedine qui prend la place dOuamane, responsable du but encaissé suite à une mésentente avec Coulibaly. Ce dernier cède à son tour sa place à lattaquant Diarra, alors que Sidibé remplace un Badache déboussolé. Les Vert et Rouge repartent à lassaut des Zianides qui se sont retrouvés à dix après lexpulsion de lancien mouloudéen Bamogo pour agression sur Hosni. Mais le Widad tient bon. Lors de cette seconde période, Younès et ses camarades ont augmenté la cadence et se sont créé dinnombrables occasions nettes de scorer, mais qui ont à chaque fois buté contre un excellent Gaouaoui. 47, tête de Bouguèche captée par Gaouaoui, suit un tir des 20 mètres qui dépasse le montant droit des buts tlemcéniens. 75, Sidibé, face à face à deux défenseurs, mais son tir trop croisé est facilement capté par le gardien du Widad. 85, cafouillage dans la surface, Bouguèche récupère le ballon et tir à bout portant, mais Gaouaoui dégage en corner. Enfin, à la 89, centre de Badji et reprise acrobatique de Hosni, que Gaouaoui dévia en corner. En somme, le Widad doit son exploit en premier lieu à Gaouaoui Lounès, pour qui Slimani a dailleurs rendu un vibrant hommage ainsi quà son camarade Boudjakdji.
La descente aux enfers des Algérois continue
Une seule action des Tlemcèniens leur a suffi pour créer la surprise et battre le Mouloudia dans son antre préféré du stade du 5-Juillet. Une première défaite des Vert et Rouge dans cette enceinte depuis le début de cette saison qui les met dans une position inconfortable. La menace de la descente guette désormais les Algérois.
Dix premières minutes fatales pour le MCA
Dans un match disputé devant une poignée de supporters des deux camps et sur une pelouse glissante, les Vert et Rouge ont eu du mal à entrer dans le vif du sujet. Leur manque de motivation constaté en début de la partie en particulier leur a finalement joué un mauvais tour. Cétait le moment choisi par les visiteurs pour surprendre le gardien Ouamane à la suite dun contre rapide que Djalti a su concrétiser en but à la 10 profitant dune faute dinattention de la part de Coulibaly et de son gardien.
Cette réalisation a eu leffet dune douche froide sur tous les Mouloudéens dont la plupart croyaient dur comme fer que les siens vont vite réussir à renverser la vapeur. La balle de Younès qui a percuté le poteau à la 15 est intervenue au bon moment pour rassurer les plus sceptiques parmi les Mouloudéens, cétait sans compter toutefois sur la détermination des coéquipiers de lexcellent Boudjakdji pour préserver leur maigre acquis.
En effet, la défense des Zianides na à aucun moment abdiqué devant les raids de Badji et Cie, même sil faudra reconnaître que les attaquants mouloudéens nont été que rarement dangereux dans ce premier half
38, Bamogo expulsé, mais le WAT résiste
On jouait la 38 lorsque sest déroulé un événement quon avait pensé quil allait être le tournant du match. On fait allusion à lexpulsion du Burkinabé Bamogo, un joueur du MCA prêté au WAT durant le mercato. Une expulsion somme toute méritée après quil ait frappé de la tête deux de ses anciens coéquipiers.
Cette supériorité numérique des Algérois ne les aura pas servi, puisque les poulains de Slimani ont réussi à rejoindre les vestiaires avec une avance dun but, en attendant la grande bataille de la deuxième période.
Et comme on pouvait sy attendre dailleurs, les joueurs du WAT sont revenus encore plus décidés à défendre jusquau bout leur petite, mais ô combien précieuse avance. Pour ce faire, ils ont tout simplement joué la défense à outrance. Le coach Slimani sest avéré un entraîneur qui maîtrise le «caténaccio», un système défensif cher aux Italiens, mieux que son homologue du jour litalien Fabbro lui-même.
Quand Gaouaoui décourage le Mouloudia
Et comme tout semblait réussir aux Zianides dans cette soirée, ils avaient la chance davoir dans leur rang les deux anciens Kabyles, Gaouaoui et Boudjakdji. Ces deux éléments ont réussi à eux seuls à décourager lattaque algéroise, pourtant renforcée par lincorporation des deux Maliens Sidibé et Diarra, rentrés à la fois à la 53.
Le dernier quart dheure va connaître la distinction du portier Gaouaoui qui a brillé par trois arrêts décisifs réussissant ainsi à lui seul à décourager les attaquants mouloudéens. Les 5 minutes qua comptabilisées larbitre comme temps additionnel ne vont rien changer dans le cours des choses. Le MCA sest montré impuissant à réussir au moins le but égalisateur. Du coup, ses joueurs ne pouvaient éviter une troisième défaite consécutive en championnat non sans les mettre dans la peau dun menacé de la relégation. Un scénario que personne navait envisagé avant le début de la saison et bonjour la galère.
Des calculs pour le titre, aux calculs pour le maintien
Même sils nétaient pas nombreux dans le stade, les supporters du Mouloudia narrivaient pas à croire que leur équipe venait de subir un nouveau revers. Ils avaient dailleurs tous le même commentaire à la bouche à lissue du match. «Désormais, on est rentré maintenant dans les calculs du maintien»
Eh oui, le MCA, sur qui nombreux ont parié avant lentame de la saison pour jouer la carte du titre, est en train de voir sa saison tourner au cauchemar. Des calculs pour le titre, on passe maintenant aux calculs pour le maintien. Un scénario jamais envisagé au vu de leffectif riche que renferme léquipe, un effectif, et on ne le dira jamais assez, qui a coûté des milliards de centimes à la trésorerie du club.
Des milliards partent en fumée
Au train où vont les choses, il n y a vraiment pas de différence entre un club comme le MCA qui a déboursé tous ces milliards pour monter une équipe de vedettes, ou des formations comme le WAT, lASMO ou le PAC, pour ne citer que ceux-là, dont largent dépensé sur leurs effectifs respectifs est de loin, inférieur à celui du MCA. A larrivée, toutes ces équipes jouent, au même titre que le Doyen, pour éviter la relégation.
On se demande alors à quoi ont servi tous ces milliards, dautant que des joueurs comme Illoul, Tahraoui ou Belkaïd qui ont coûté à eux seuls presque deux milliards de centimes , ont passé la majeure partie de la saison, soit sur le banc ou à la maison. Cest ce quon appelle le grand gâchis. Mais pour la plupart, peu importe puisquil sagit de largent du contribuable, autrement dit du peuple.
Vers une fin de saison cauchemardesque
Le simple supporter du Doyen à beau croire en son équipe, mais la réalité est là. Les objectifs du club senvolent les uns après les autres. Tout récemment, et à la suite de lélimination précoce du MCA de la coupe de la CAF, dirigeants, entraîneurs et joueurs se sont donné le mot pour terminer le championnat à la troisième ou quatrième place. Pour eux, il sagit là de la moindre des choses à réaliser pour sauver la face. Mais apparemment, ils ont tous mal calculé. Pis, cest le spectre de la relégation qui commence à se profiler à lhorizon. Les supporters lont dailleurs compris, et ce nest pas par hasard quils se sont tous mis à scander à la fin du match de jeudi : «La saison prochaine à Boufarik», une manière pour eux de déverser leur colère certes, mais aussi et surtout de tirer la sonnette dalarme.
Dans tout cela, une seule question revient sur toutes les lèvres et qui na pas trouvé de réponse : qui est le responsable ?
Il est tout simplement temps de tout revoir. Lheure de la «révolution» a plus que jamais sonné. A bon entendeur