Indignes du Mouloudia !
Paradoxe: Les travaux de lassemblée générale élective du MCA sont une parfaite illustration dun paradoxe qui existe au sein du club. Il a été démontré que chacun «aime» le club à sa manière.
Cette assemblée générale élective du Mouloudia dAlger sest terminée en queue-de-poisson puisquil ny a eu ni élection ni autre chose de remarquable, juste une mascarade qui a duré plus de sept heures et à laquelle ont assisté impuissants plusieurs anciens membres de lAG et les représentants des médias. Aucune décision officielle na été prise, et cest certainement la commission des candidatures qui annoncera les suites à donner à la tragi-comédie offerte par la famille mouloudéenne à ses amoureux et à lopinion sportive. Club avant-gardiste et prestigieux, qui nest plus à présenter, le MCA a touché hier le fond en matière de décadence. Les discours des deux candidats sont beaux, mais restent creux puisquils ne reflètent guère la réalité amère que vit ce club depuis des années. Et ce ne sont pas les coupes dAlgérie, ni la légitimité historique de ceux qui ont écrit les belles pages de ce club ou la légitimité de ceux qui détiennent aujourdhui les finances et veulent saccaparer du pouvoir par tous les moyens qui vont nous convaincre du contraire de ce qui se passe dans ce club. De source proche de la DJSL nous avons appris quune commission de recours va être installée pour étudier les dossiers des membres nouvellement admis au sein de lAG lors de la dernière assemblée générale extraordinaire pour lamendement des statuts. Or, et à en croire les partisans de Gaceb, ces derniers vont eux aussi tenter de faire valoir une liste additive de 38 membres, comprenant des anciens joueurs et des bienfaiteurs. Ce qui aboutira apparemment à une impasse et privilégiera la piste du retour à un autre directoire, comme cela a-t-il été murmuré hier dans la salle moite de la Maison de jeunes de Hammamet. Dautant que le mandat du futur président est dune année seulement, ensuite il faudra repasser par une autre assemblée élective.
Des accrochages à gogo
Les membres de lassemblée générale du Mouloudia nont eu de cesse de se chamailler et se disputer tout le long de la soirée. Des insultes ont fusé, des coups de poing ont failli être échangés, le tout dans une pagaille indescriptible donnant une image indigne dun club qui veut redorer son image et atteindre une autre dimension que celle constatée hier. Entre le discours des uns et la réalité du terrain, il y a un monde et avec ce quon a vu lors de cette AGE avortée, on reste sceptique quant à lavenir de ce club prestigieux dont les dirigeants et membres de la même famille sentredéchirent pour la prise de pouvoir et les gros intérêts quil charrie. Ainsi, on a vu Anwar Bachta, menacé de mort, la veille au téléphone, saccrocher durement avec Ali Mebrek qui, aidé par Hadj Mehdi, ont été les bras «armés» de la protesta du clan Kercouche et ardents défenseurs des membres bienfaiteurs. Le Pr Rachedi a failli en venir aux mains avec Chaâbane Louanès lorsque les deux hommes se sont échangés quelques «amabilités», sous le regard passif des représentants de la DJSL qui nont même pas été capables dexclure les personnes ne faisant pas partie de lassemblée générale. Quant à Zoubir Bachi, le capitaine valeureux de léquipe des années 1970, sest Farci Hakim Kolli, lui aussi dirigeant de la section football et membre bienfaiteur qui, à la limite, lui a presque manqué de respect.
Mostefaoui pique une colère noire
Si dhabitude il est calme et réservé, Nabil Mostefaoui, lun des membres bienfaiteurs du club, a piqué une colère noire en saccrochant avec Chaâbane Louanès, le défiant sur les sommes quil aurait données au MCA. «Tu na rien donné, je te mets au défi de me prouver que ce que tu as donné au club est le plus conséquent que ce quon a fait nous depuis deux ans.» De son côté, Khaled Adnane était déçu, mais ne perdant pas son calme. «Trouvez-vous normal quun joueur qui exerce dans un autre club depuis plus dune année a le droit de faire partie de lAG, alors que mes amis et moi qui avons investi des milliards et décroché trois trophées soyons mis dehors. Cest ridicule. Nous demandons juste nos droits, on ne veut pas créer de problèmes, mais juste faire partie de lAG et pouvoir voter comme tout le monde». Par ailleurs, Mourad Benslimane, le boute-en-train du clan Gaceb na cessé de contester ladmission des bienfaiteurs et a juré de monter au siège du club à Chéraga, provoquant ainsi lautre camp. Pour réponse, Sekhri Fouad lui répondit sèchement : «Soit le bienvenu, mais si tu veux semer la pagaille tu auras à faire à moi !»
Le casier judiciaire de Chaâbane rallume la mèche
M. Amrous fera part du retrait de Ali Bencheïkh, candidat au comité directeur, faute davoir remis son casier judiciaire (pièce exigé dans le dossier de candidature) et de labsence de cette même pièce dans le dossier de Chaâbane Louanès. Comme il rappellera les noms des six dossiers de recours de MM. Kolli H., Rachedi D., Sekhri F., Adnane K. et Mostefaoui B. Les cas de procuration, notamment celle de Ali Boukaroum, posent problème puisque deux membres possédaient ce document pour la même personne. Ce qui a obligé la commission de candidature de trancher en annulant les procurations que détenaient Mourad Berkani et Mohamed Laroussi.Passé difficilement le cap du cas Chaâbane, le président Amrous invite les deux candidats, Gaceb et Kercouche, à monter sur «scène» pour se présenter aux membres de lAG et présenter rapidement les grandes lignes de leurs programmes respectifs. Ce qui fut fait par les deux hommes qui se sont salués chaleureusement en sadonnant laccolade, voulant ainsi donner lexemple de ce que pourrait être un duel démocratique au sommet.
23h 30, tout le monde à la maison
Tout le monde quitte les lieux, malheureusement, sans entraîner dans le reste des membres de lAG, notamment les partisans des deux camps, qui ont poursuivi leurs accrochages jusquà lannonce, vers 23 h 30, de lajournement des travaux de lassemblée élective dans un climat délétère où des membres indignes du Mouloudia dAlger se sont donnés en spectacle devant limpuissance et lincompétence des pouvoirs publics censés faire régner lordre et lapplication des lois et règlement régissant les assemblées générales.
Noms introduits une première fois par la DJSL :
Mekhazni Mohamed Zedek Abdelhamid Adnane Khaled (président section football, bienfaiteur) Mostefaoui Abdelbasset (vice-président section football, bienfaiteur) Touileb Sid-Ali (dirigeant, bienfaiteur) Meguelati Abdelhak (entraîneur) Aniat Abderahmane (Kinésithérapeute) Annabi Karim (soigneur) Hadj Larbi Sofiane (Médecin) Sekhri Fouad (dirigeant) Kolli Hakim (dirigeant) Badji Fayçal (joueur) Azzedine Sofiane (joueur) Aouadi Abderahmane (dirigeant) Ayad Djoudi (dirigeant).
Noms réintroduits et ne faisant plus partie du club :
Farhi Youcef (ex-entraîneur) Seksaf Khaled (ex-DTS) Benali Ameur (ex-joueur) Ouahid Brahim (ex-joueur) Hamoutène Khaled (ex-joueur) Deghiche Mesbah (ex-joueur) Boukaroum Ali (ex-joueur) Braham-Chaouch Karim (ex-joueur) Ouaniss Abdelkader (commissaire aux comptes) Aït Gana Arezki (comptable).
La Djsl, impuissance et incompétence
Inaptitude n Sil y a vraiment un fait à retenir et à souligner lors de la mascarade dhier, cest le rôle négatif joué par les représentants des pouvoirs publics.
Les gars de la Djsl, représentant de lEtat, ont preuve dincompétence et dimpuissance pour gérer lassemblée générale élective du Mouloudia dAlger et de faire appliquer convenablement et à la lettre la réglementation en vigueur ainsi que les statuts de lassociation. Il faut dire que dès le début, cest-à-dire au lendemain de lassemblée générale ordinaire du 23 octobre 2006, qui a entraîné la destitution du président Messaoudi, la Djsl na cessé de multiplier les bourdes et les incohérences, et ce à tous les niveaux. Névoquons pas là le directoire, structure provisoire censée préparer lassemblée générale élective dans de plus brefs délais qui a duré toute la saison avec en prime deux titres (deux coupes dAlgérie), mais ce qui a précédé lassemblée générale extraordinaire et la préparation catastrophique de celle élective. Dabord, à lorigine du problème dhier qui a fait capoter les travaux de lAGE, cest cette double liste des membres de lAGE que la Djsl a pondue en lespace de 24 heures qui en a dérouté plus dun. En effet, la première liste était plus logique puisquelle a été actualisée en ne comprenant plus les anciens membres (voir ci-dessous) et en introduisant les nouveaux. Sauf que cette liste, quun des représentants de la Djsl, en loccurrence M. Bouti, membre du directoire en même temps, a considérée la plus officielle, battant ainsi en brèche la position de sa première responsable Mme Chikhaoui, a été changée. Par on ne sait quel enchantement ou par quel interprétation des statuts, on est revenu à la liste de 2004. Sagissant de lassemblée générale extraordinaire, les membres de lex-directoire ont saisi loccasion de lamendement des statuts pour se faire admettre au sein de lAG en qualité de bienfaiteurs. Sur ce coup, le clan Gaceb a été pris de vitesse, mais il est revenu à la charge lors de lAGE en refusant ladmission de ces membres estimant quils doivent avoir activé durant trois ans pour être membres à part entière, ce qua refusé le clan Kercouche qui a tout fait pour que lAGE nait pas lieu. Et il est arrivé à ses fins. Il est clair que des dirigeants qui ont activé depuis plus dune année et qui ont ramené des sommes faramineuses (on parle de 7 milliards de centimes) dans les caisses du club nacceptent pas dêtre marginalisés ou chassés de la sorte.
Mais pour revenir à la responsabilité des pouvoirs publics, comment expliquer les tergiversations et le laxisme (mot prononcé et attitude reconnue par un de ses représentants, à savoir M. Bouti) de ces derniers dans la préparation et la gestion de lAGE. Lannonce de léligibilité ou non des candidats à la présidence et au comité directeur na pas été faite de manière officielle par la DJSL (déclaration de M. Amrous, président de la commission des candidatures), ensuite labsence de la commission de recours et du bureau de vote. Alors que les règlements sont clairs la-dessus.
Les jeux troubles de la Djsl
Avouons que depuis 2001, et la rétrocession de la section football par la Sonatrach à lassociation El-Mouloudia, la Djsl na jamais eu une position claire et tranchée sur le dossier MCA, et lhistoire ne fait que continuer de mal en pis. Ce qui sest déroulée hier à la maison de jeunes de Hammamet (un vrai bain maure dailleurs), illustre parfaitement lincapacité, pour ne pas dire lincompétence des représentants du ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) de mettre fin à une mascarade qui a assez duré.
Tranches d'une soirée moite et regrettable
Les larmes d'Amrous :Le président de la commission des candidatures, Saddek Amrous, ancien joueur et dont le frère Tayeb est décédé sur un terrain de football sous les couleurs du Mouloudia dAlger, a tout fait pour exprimer sa neutralité et celle de sa commission. «Sil vous plaît, ne doutez pas de cette commission. Jai refusé de manger avec tel ou tel autre candidat juste pour vous prouver que je ne roule pour personne», sécria-t-il à la face de lassemblée générale. Il aura même les larmes aux yeux lorsquil se rappellera son défunt frère et les pressions quil subit à Bordj Menaïel à cause du MCA.
Bouti,le comédien
M. Bouti, le représentant de la Djsl et ex-membre du directoire du Mouloudia dAlger, na pas cessé de multiplier les interventions pour essayer de cadrer les travaux de lAGE, usant même de quelques attitudes, parfois attendrissantes et parfois navrantes. Bouti sest révélé un vrai comédien, mais il na rien pu faire en fin de compte pour faire aboutir les travaux et sensibiliser tous les membres de lAG à passer au vote.