• DRIF ABDELKADER

    Drif remet un trophée au Mouloudéen Coulibaly
      
     
     
    ABDELKADER DRIF
     Président de la section football du MCA 1976
     LE PROJET DE 1976, C’EST LUI !
     
     

    Abdelkader Drif est né au mois de mars 1937 à Vialar (Tissemsilt), issu d’une famille de notables respectés. Il passa sa jeunesse dans sa ville natale où il entama ses études pour les poursuivre à Alger en 1950, date à laquelle sa famille s’installa dans la capitale.

    Drif Abdelkader est le premier président qui permit à un club algérien, le populaire Mouloudia d’Alger, de remporter la Coupe d’Afrique des clubs champions face à Hafia Conackry en 1976 au stade du 5 Juillet dans un match (épique) retour remporté 3-0 et séance des tirs au but après avoir enregistré le même score à ses dépens à l’aller.

    Après avoir dirigé le Doyen, Drif s’est retiré non sans suivre de loin le football algérien et étranger qui lui collent à la peau. Abdelkader est marié à la moudjahida Belgaïd Ghania. Le couple a eu deux garçons et une fille. 
     
     
    Abdelkader DRIF, c’est lui qui joua de son courage et de son influence pour lancer et accélérer le projet de la 1ère participation du Mouloudia d’Alger à la coupe d’Afrique des clubs champions. C’était en 1976 et le doyen des clubs Algériens venait de s’illustrer de fot belle manière en remportant le titre national et la coupe d’Algérie. L’idée de Abdelkader DRIF n’est pas très vite partagée. Certains dirigeants, ceux là même qu’il pensait pouvoir les avoir de son côté lui prêtent la sourde oreille dans un premier temps. En tant que Président de la section football, il ne plie pas les bras, au contraire il se débat comme un beau diable et réussit cette fois à concrétiser son ambitieuse idée. En quelques jours seulement, il instaure avec son bureau, une vraie réflexion, dans un contexte plutôt délicat. Malgré des problèmes évidents de trésorerie, Abdelkader et ses collègues engagent et gagnent leur pari fou. Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître et le Mouloudia bien encadré par ses dirigeants et bien mené sur le terrain par les BETROUNI, KAOUA, BOUSRI, BENCHEIKH, DRAOUI, BACHI…, remporte au « 5 juillet » d’Alger, le trophée tant souhaité devant le Président Houari BOUMEDIENE et près de 100.000 spectateurs en extase. Abdelkader DRIF qui est toujours resté un des personnages les plus médiatiques du football national, qui savait ce qu’il voulait et entendait suivre la politique qu’il s’est tracée n’a pu hélas apporter totalement sa contribution à la rigueur de la gestion et à la réorganisation du club. Il se retire des affaires du club sans gaieté de cœur. Abdelkader DRIF qui fait figure de dirigeant sérieux, appliqué et surtout désintéressé revient à l’occasion de la naissance de l’association « EL MOULOUDIA » qui récupère la section football de l’ASP-MCA parrainée par SONATRACH qui ne lui est pourtant pas promise par ses pairs. Il ne peut se mettre à fond au courant de la situation et ne peut par conséquent pas peser de tout son poids sur l’association qu’il souhaitait vivement diriger. Son nom restera indisociablement lié à celui du Mouloudia.A signaler que Drif a présidé aux destinées de la glorieuse formation du SCMO (Le médioni d'Oran) en 1967 »
     
    Le Mouloudia:cette légende vivante"
     
     
    Mise au point

    Je veux juste apporter une petite correction en ce qui concerne cet ancien dirigeant du Doyen
     
    En 1975/76 Monsieur Abdelkader DRIF était bel et bien Président de l'Association Omnisport MC Alger et non président de section comme on peut le voir depuis peu de temps dans la presse et aujourd'hui sur notre forum.

    La saison suivante il devient "Premier vice Président du MCA" avec El Marhoum Ferhat BALLAMANE comme Président. Drif était cette saison-là (1976/77) effectivement le Président de la section Football.

    Et pour lever le voile sur le triplé de 1976 : il a été réalisé sous 2 Présidents différents (1975/76 et 1976/77) : Coupe - Championnat avec Mr DRIF (juillet 76) et coupe d'Afrique (décembre 1976) sous Mr BALLAMANE (les 2 premiers tours avec Mr DRIF bien sûr).

    "Rendre à Abdelkader ce qui appartient à Abdelkader"

    TAHIR1

    Drif Abdelkader

    Abdelkader Drif (ex-président du MCA) :

    “Si Marif se retire tout rentrera dans l'ordre”

    Il reste, pour l'histoire, celui qui a présidé le Mouloudia d'Alger lors de la conquête de la Coupe d'Afrique des clubs champions par ce club en 1976. Aujourd'hui, il se dit en retrait tout en restant un observateur de la vie du vieux club algérois. Il donne ici son avis sur une
    question qui a fait l'actualité sportive de cet été.

    Vous ne cessez de dire que vous êtes en retrait par rapport à la vie associative sportive. En tant qu'ancien président du Mouloudia d'Alger, vous n'allez tout de même pas nous dire que vous êtes insensible à ce qui se passe dans ce club ?
    Vous faites partie des journalistes qui me connaissent le mieux. Vous êtes de la sorte bien placé pour savoir que je ne suis pas de ceux qui aiment user de la langue de bois. Je n'ai jamais dit que mon retrait, ou plutôt recul, signifiait mon désintérêt pour ce qui passait dans ce club. Je tiens à préciser, puisque vous me donnez l'occasion de m'adresser à l'opinion sportive en général et particulièrement à celle du Mouloudia, que mon recul a été forcé car j'incarne une idée du Mouloudia d'Alger qui tend à disparaître.

    Cette idée est fondée sur le respect, dans tout ce qu'il représente comme symbolique, d'une véritable institution créée en 1921 bien avant tous les partis nationalistes et qui a fait que durant son histoire le passage du flambeau s'est effectué d'un président à un autre. Je reste ainsi le dernier président vivant d'avant la réforme sportive de 1977 qui a reçu ce flambeau de la direction de l'époque. Vous comprenez alors qu'on ne peut pas quitter ainsi ce club et à ce titre je le dis haut et fort, je n'ai jamais quitté le Mouloudia.

    Il se trouve que j'ai été forcé au recul par les forces actuelles qui sont à la tête de ce club, des forces foncièrement négatives que je ne peux combattre seul. Voilà pourquoi j'observe avec un œil critique et une âme triste quand je vois ce qui se passe dans ce prestigieux club et dont la presse, notamment spécialisée, en a fait ses choux gras.

    Parmi vos détracteurs, il y en a qui vous contestent le titre de dernier président vivant du Mouloudia d'avant la réforme sportive de 1977...
    On peut peut-être tout faire mais on ne peut pas contredire l'histoire. Je suis bien le dernier président encore vivant du Mouloudia d'Alger d'avant la réforme sportive de 1977. Je n'ai peut-être pas été élu au départ mais j'ai été coopté en 1974 à une période où il y avait le feu à la maison mouloudéenne, et ma première mission avait été d'éteindre cet incendie. Les acteurs de cette période difficile du club sont toujours vivants, notamment les joueurs. Ils peuvent témoigner de ce que j'affirme.

    Ceux qui cherchent à me réfuter ce titre sont soit des ignorants de l'histoire, soit des gens de mauvaise foi. En tout cas, c'est sous ma présidence que ce club a connu ses plus belles heures de gloire avec trois titres en une seule saison, à savoir le championnat d'Algérie, la Coupe d'Algérie et la Coupe d'Afrique des clubs champions. J'ajouterai une finale perdue de la Coupe maghrébine des clubs champions. A un niveau beaucoup plus modeste, c'est ce qu'a réalisé le grand Barça la saison passée. Cela, personne ne pourra me l'enlever.

    On vous reproche souvent de trop parler et de ne pas agir...
    Agir oui mais avec quelles forces ? L'Etat lui-même est incapable de combattre les forces négatives qui activent au Mouloudia d'Alger. Comment voulez-vous que le simple citoyen que je suis puisse le faire ? Trouvez-vous normal qu'un monsieur du nom de Rachid Marif, ambassadeur d'Algérie en Italie, ambassadeur d'Algérie auprès de la Bosnie, ambassadeur d'Algérie auprès de Malte, représentant de l'Algérie auprès de la FAO, autant dire des missions importantes, puisse ajouter à cette panoplie le rôle d'ambassadeur du Mouloudia d'Alger installé à Rome. Cela se fait au vu et au su de tout le monde.

    Rachid Marif fait et défait tout ce qui se passe au club. Il est celui qui tire les ficelles. Je reste persuadé que si on lui imposait de cesser toute activité au Mouloudia d'Alger, les choses vont s'améliorer dans ce club. En ce qui me concerne, on ne pourra pas nier le fait que j'ai été celui qui a contribué à mettre fin à la gabegie qui durant 7 années a vu deux Mouloudias en lice, celui de Sonatrach et celui d'El Mouloudia, alors que ceux qui étaient censé faire respecter la réglementation n'avaient rien fait.

    A l'époque, le PDG de Sonatrach, qui se trouvait être M. Bouhafs, avait décidé de coopter certains dirigeants du Mouloudia. A partir de là, El Mouloudia devait être dissoute. J'avais donné à M. Marif un mois pour le faire. Ayant constaté qu'il ne l'avait pas fait, j'avais remis ma démission.

    Avec du recul, ne croyez-vous pas que la création d'El Mouloudia avait été une erreur ?

    Non, ce n'en était pas une. L'idée qui était la nôtre au départ, du moins celle qui était la mienne, était d'amener Sonatrach, dans sa gestion du sport et du football en particulier, à accepter l'aide de gens qui étaient rompus aux affaires de ce sport. L'argent était disponible ainsi que les moyens également, les compétences ne manquaient pas. Il fallait en plus créer une section football entièrement arrimée à son public et nous pensions qu'El Mouloudia pouvait assumer ce rôle.

    Aujourd'hui, tout le monde veut commander au Mouloudia, alors que, et la presse en fait référence, on sait que rien ne se fait sans l'accord de M. Marif...
    Cela veut dire qu'il n'y a qu'un seul commandant et un mauvais commandant de surcroît. La débandade et l'indiscipline qui règnent dans ce club viennent de là. A partir du moment où vous choisissez ceux qui vont diriger le club comme vous le feriez pour de simples pions de jeu de dames, ce n'est plus de la gestion.

    Ajoutez à cela que quand on gère d'une manière aussi fluide, c'est-à-dire marquer sa présence sans être là, comment voulez-vous que les choses se passent normalement ? Pour un certain nombre de dirigeants, M. Marif c'est comme l'Arlésienne. On en parle mais on ne le voit jamais. Par contre, il décide. Quand on mettra fin à une telle situation, les choses rentreront dans l'ordre.

    Quelle est votre réaction lorsque vous apprenez que le Mouloudia a deux têtes en ce moment, l'une incarnée par Sadek Amrous reconnue par la DJS et l'autre par Hamid Zedek reconnue par la DRAG ?
    On remarque, une fois de plus, l'absence de l'autorité de l'Etat dans une affaire de ce genre. Si M. Zedek dispose d'une décision de justice en sa faveur et qu'elle n'est pas appliquée, cela veut dire que M. Amrous est en état de rébellion et qu'il se croit au-dessus des lois. Tout ce qui se passe aujourd'hui au Mouloudia a un nom et c'est toujours M. Marif qui en est l'auteur. C'est son système qui fait que nous en arrivions à cette situation là et c'est toléré par la puissance administrative.

    Vous pensez réellement que c'est lui qui est derrière tout ça ?
    Absolument. J'en suis plus que sûr.

    Mais qu'a-t-il à gagner avec deux présidents ?

    Il ne gagne rien. Il s'enfonce davantage.

    Et vous qu'en pensez-vous ?
    Je me contente d'observer et de poser le problème qui est le suivant. Amrous est un président élu. Bon ou mal élu, toujours est-il que c'est lui qui dirige le club. Il se trouve aujourd'hui contesté par ceux-là mêmes qui l'ont élu. S'il s'avère qu'il a transgressé les règles de gestion ou si on a quelque chose à lui reprocher, il faut laisser agir la souveraineté de l'assemblée générale.

    M. Zedek affirme avoir en sa faveur une décision de justice...
    Ecoutez, si réellement il avait une telle décision, qu'attend-il pour la faire appliquer ?

    Il aurait envoyé pour cela un huissier de justice que M. Amrous n'aurait pas daigné recevoir...
    Un huissier de justice vous transmet une décision de justice. Il ne peut, en aucun cas, appliquer cette décision. Seule la force publique, requise par un juge, peut le faire. Quand je vois comment les choses évoluent je doute fort que M. Zedek ait réellement le document de justice ou même celui de l'administration dont il parle.

    Ne croyez-vous pas que nous sommes en train d'assister à un retour de Sonatrach dans la gestion de ce club ?

    J'espère bien que c'est ce qui est en train de se faire. Je suis de ceux qui souhaitent voir le retour aux affaires du club de cette entreprise. Je n'ai jamais dit que Sonatrach devait partir mais qu'elle devait rester pour aider le club à s'émanciper. Ce n'est qu'avec elle que le club pourra être relancé et servir le football algérien.

    Un Mouloudia fort c'est une assurance pour la lutte contre toutes les déviations notamment celles qui se nourrissent de la violence. Sonatrach doit être auprès de ce club. La saison dernière elle a aidé le Mouloudia à hauteur de 12 milliards de centimes. C'est loin d'être négligeable. Cela veut dire que Sonatrach est revenue.

    On indique également que Sonatrach souhaiterait faire de ce club un club professionnel...
    Pourquoi pas ? Encore faut-il que l'entreprise trouve les gens capables de gérer un tel club. Il ne sert à rien de donner un autre habillage juridique au club pour retrouver M. Marif et compagnie à la direction de ce club. En tout cas, même si je l'ai déjà dit, le MCA est en SPA depuis 1977, c'est-à-dire depuis qu'il a été placé sous la coupe de Sonatrach.

    Entretien réalisé par Ahmed Achour

    le 01.08.2009 letempsdz.com

    Drif Abdelkader

    DRIF ABDELKADER

    Drif Abdelkader : 80 ans, ancien président du MCA, vainqueur de la coupe d’afrique en 1976
    L’homme qui ne voulait pas être président

    le 20.04.17 sur EL WATAN
     
    Abdelkader Drif est né au mois de mars 1937 à Vialar (Tissemsilt), issu d’une famille de notables respectés. Il passa sa jeunesse dans sa ville natale où il entama ses études pour les poursuivre à Alger en 1950, date à laquelle sa famille s’installa dans la capitale.

    Drif Abdelkader est le premier président qui permit à un club algérien, le populaire Mouloudia d’Alger, de remporter la Coupe d’Afrique des clubs champions face à Hafia Conackry en 1976 au stade du 5 Juillet dans un match (épique) retour remporté 3-0 et séance des tirs au but après avoir enregistré le même score à ses dépens à l’aller.

    Après avoir dirigé le Doyen, Drif s’est retiré non sans suivre de loin le football algérien et étranger qui lui collent à la peau. Abdelkader est marié à la moudjahida Belgaïd Ghania. Le couple a eu deux garçons et une fille.
     
    «La politique, ce n’est pas de résoudre les problèmes, c’est de faire taire ceux qui les posent.» (Henri Queuille)


    Abdelkader sait toujours se montrer accueillant et disponible. Lorsque nous sommes allés à sa rencontre, mon collègue Yazid Ouahib et moi, il venait de rentrer de Tissemsilt où il était invité, au même titre que les anciens internationaux menés par Ali Fergani, à un tournoi en salle. Si pour ces derniers, l’événement sportif auquel ils étaient conviés était le clou de leur voyage, il en était autrement pour Si Abdelkader qui est allé se ressourcer dans ces terres qui l’ont vu naître qui, de bourg sans relief, sont devenues une ville, chef-lieu de wilaya métamorphosée. Abdelkader pousse plus loin son «pèlerinage» en se rendant au piémont du majestueux Ouarsenis, haut lieu de la résistance qu’il a bien connu dans sa jeunesse.

    Si la nature est restée la même, luxuriante et attachante, celle des hommes l’est nettement moins, car Abdelkader y a décelé les comportements condamnables «de certains potentats bien établis ici qui sévissent depuis des années du haut de leur posture dans les institutions, rétifs à toute évolution et qui menacent de muter le wali en place. Celui-ci a pourtant fait un travail appréciable. Ce lien solide entre l’administré et le commis de l’Etat a créé une symbiose où le dialogue et la confiance sont permanents.

    Pourquoi donc parasiter cette communion si ce n’est pour des intérêts égoïstes et étroits ?» s’est interrogé notre interlocuteur qui tenait absolument à livrer ce message dans son carnet de voyage. Nous avons demandé à M. Drif, qui a signé un long bail avec le sport, notamment au MCA, pourquoi a-t-il refusé de diriger la FAF par le passé alors que les portes de celle-ci lui étaient grandes ouvertes. Il s’en explique en convoquant aussi sa mémoire pour nous relater les péripéties qui ont présidé à la conquête du premier sacre africain d’après indépendance. Bien évidemment, en fin critique, il n’omet pas de nous entretenir sur l’actualité brûlante, tumultueuse, parfois ubuesque du ballon rond algérien.

    Un dirigeant respectable

    A propos de son refus de diriger la FAF, il donne son avis : «Moi, je ne crois pas à l’homme providentiel. Pourquoi ça a bien marché sous la présidence de Bekka ? Il est venu avec une équipe soudée pour exécuter un programme en s’entourant d’hommes compétents, intègres, désintéressés tels que Kezzal, Moulay, Amrani, Brahiti, Belfadel notamment. Moi, je crois profondément au travail collégial en ayant la confiance totale de la famille du football. Imposer quelqu’un aux autres est contraire à ma culture», résume-t-il.

    Pour étayer ses propos, Abdelkader nous raconte ce fait : «Lorsque Bouteflika a inauguré la Place de l’équipe du FLN à la Grande Poste, j’y étais. Et lorsque la cérémonie allait s’achever, le président a pris en aparté Mekhloufi pour lui dire que le football doit revenir aux footballeurs. Tout le monde avait interprété cela comme une caution. D’où le concept de candidat du pouvoir accolé à Mekhloufi qui a même été reçu par Sellal, alors MJS, qui lui a suggéré le poste de président de la FAF.

    J’ai contacté Kezzal pour nous y opposer, car on était contre ce procédé autoritaire. Je l’ai dit à Sellal qui m’avait reçu et m’avait interpellé sur une supposée animosité avec Mekhloufi. J’ai dit qu’il n’en était rien et que je n’avais rien contre l’homme. Je n’admettais pas l’habillage ‘‘candidat du pouvoir’’ avec qui du reste je ne partageais pas la même approche du développement du football. Pas de parachutage, mais des élections libres qui permettent aux meilleurs d’émerger. La suite nous a donné raison puisque le scrutin a été largement en faveur de Kezzal.

    Quelques années avant, lorsque j’avais été sollicité par le MJS Kamel Bouchama, il n’ avait pas de candidat pour la présidence. Le conseiller Noureddine Youb s’est démené comme un diable pour me convaincre. Je lui ai dit que je pouvais accompagner le futur élu (Lacarne), car je n’avais aucune prétention... Le ministre Lebib, que j’ai connu en tant que judoka au MCA, m’avait aussi proposé le poste de président de la FAF. Il a longuement tenté de me rallier à sa thèse, mais sans résultat.

    Excédé, il s’est emparé de l’étendard national qui trônait dans son bureau pour me le remettre : ‘‘on me l’a confié’, je te le confie et en tant qu’aîné tu ne dois pas refuser’’, m’avait-il suggéré. Je suis resté de marbre. De guerre lasse, il a compris ma position. Je lui ai soufflé le nom de Aïssaoui, ancien footballeur, dentiste, avec la ferme intention de l’aider. C’est ainsi que je me suis retrouvé au sein d’un bureau fédéral, présidé par Aïssaoui, dont je ne connaissais que deux membres.

    Il n’y avait pas de programme. On en a préparé un dans mon domicile après 15 jours de laborieux travaux, qu’on a soumis au président, mais la manière d’appréhender notre travail nous a profondément déçus. Son incorrection nous a choqués. Il était évident que nous ne pouvions faire le même chemin. C’est là où j’ai dit que le football national allait avoir un enterrement de première classe.»

    Retour en arrière. 1976. Première consécration continentale pour un club algérien. Le Mouloudia est champion d’Afrique. Abdelkader en était président. «J’avais pris le club à mon corps défendant quelques mois auparavant, on avait joué une coupe du Maghreb à Tunis, en éliminant l’Espérance et en livrant un match épique en finale face au Club africain, perdu aux tirs au but. Notre ambassadeur à Tunis, Ali Kafi, était ravi par notre prestation et nous a soutenus jusqu’au bout. Dans le bus qui nous ramenait à l’hôtel, il y avait une ambiance d’enterrement. J’ai appelé Bachi, capitaine aussi bien sur le terrain qu’en dehors, pour l’informer qu’on allait faire la fête pour décompresser. Le groupe adhéra, et le soir la bonne humeur était de retour.

    Dans l’avion qui nous ramenait à Alger, Zenir m’accosta pour me signifier qu’il fallait viser plus haut que le championnat national. C’est là que l’idée de prendre part à la Coupe d’Afrique a germé. A la FAF, on a demandé notre engagement à un Bekka interloqué par notre proposition. Les joueurs étaient unanimes. Ils voulaient seulement se frotter à l’Afrique. C’est de là que tout est parti pour aboutir à la conquête de la Coupe en 1976 dans une atmosphère de liesse indescriptible.»

    La coupe d’Afrique : Un rêve

    «Pour en arriver là, on a convenu avec le MJS de partager les charges, d’autant que durant la même saison, outre la place de finaliste dans le tournoi maghrébin, on a obtenu le championnat, remporté la coupe d’Algérie et, cerise sur le gâteau, la Coupe d’Afrique. Cette dernière compétition a été un long fleuve loin d’être tranquille. A Conakry, face au Hafia, l’arbitre gambien a officié à sens unique. Il a même arrêté sans raison la partie pour aller consulter à la tribune officielle son ministre des Sports qui lui a intimé l’ordre de sortir Bencheikh. A son retour sur le terrain, il a brandi le carton rouge à la face d’Ali sans aucune explication.

    On a compris qu’il était quasi impossible de s’imposer dans de telles conditions. On a perdu 3 à 0. On a commencé la préparation du match retour dans les jardins de l’ambassadeur Messaoudi, que Dieu ait son âme. A l’aéroport, des militaires sont venus chercher notre chef de délégation, M. Kezzal, au motif qu’il devait être reçu par le chef de l’Etat, M. Sekou Touré, qui lui signifia qu’il était passible du tribunal militaire en raison de l’affront subi par l’Etat guinéen qui avait mal digéré l’absence de la délégation algérienne aux festivités suivant le match.

    L’attente fut longue et seule la peur d’un incident diplomatique a pu dénouer cette mini crise.» L’expulsion de Bencheikh, même à tort, valait au moins un match automatique. Comment a-t-il pu être amnistié ? La CAF devait se réunir à Alger en marge du match retour et il fallait faire quelque chose pour Bencheikh.

    «Tessema, ancien ministre des Affaires étrangères d’Ethiopie, présidait la CAF et était l’ami de son homologue algérien Bouteflika. Il y avait un Algérien à la CAF en la personne de Mihoub Guidouche et les 3 Egyptiens du comité exécutif de la CAF nous étaient favorables. Ils avaient été ‘‘excellemment’’ reçus à l’hôtel El Aurassi, en plus d’une soirée organisée à son domicile par Bouteflika et animée par Cheikh El Ghafour.

    Même Boumediène n’avait pas apprécié le sort qui nous a été réservé dans la capitale guinéenne.» La réunion de la CAF, qui a duré de 9h à 22h, s’est tenue à l’hôtel Aletti et nous l’avions suivie presque à la minute en tant que jeunes journalistes à El Moudjahid, à un jet de pierre de l’hôtel. «C’est comme cela qu’on a réhabilité Bencheikh et l’écart psychologique de 3 buts a été presque comblé.» Quant aux feux follets, Petit Sory et Cherif Soulimane, ils avaient été «corrigés» déjà dans le tunnel, révèle M. Drif. «A la mi-temps, on ne menait que par 1 à 0 et un incident est survenu dans les vestiaires où une altercation verbale a mis aux prises Zouba et Draoui.

    Le premier déniant au second de n’être pas un ‘‘vrai’’ Skikdi. Fou de rage, Aïssa était dans tous ses états. Mais sur le terrain, il s’est brusquement métamorphosé. Son génie a explosé lors du second half.» «Zouba tient sûrement cette façon de ‘‘secouer’’ ses éléments de son coach Kader Firoud», précise Drif. Lorsque le match s’est terminé dans l’apothéose, le premier à féliciter Zouba a été... Draoui qui ne pouvait être qu’un vrai Skikdi, l’ayant au demeurant toujours été.

    Le foot... le camp

    Drif pourrait nous raconter à satiété les différentes étapes de sa présence au MCA et les anecdotes parfois croustillantes qui les accompagnent. «Drif a vraiment tenu en main les rênes du club, malgré les ruades des uns, les dérobades des autres, ou les piaffements des impatients», témoigne l’ancien trésorier du club, le banquier Abderrahmane Maloufi.

    Drif regarde le cheminement du football actuel avec un étonnement amusé. Pêle-mêle quelques griefs : «Les jeunes sont sélectionnés en fonction du statut social de leurs parents, même s’ils n’ont pas de talent. Je trouve cette manière d’agir inadmissible. Si le jeune a sa place, s’il la mérite, on ne doit pas tenir compte d’où il vient. Ainsi, les gosses issus des couches modestes sont exclus de facto. C’est inacceptable. En 1990, après l’ouverture ‘‘démocratique’’, l’Etat a jeté les clubs à la rue. A Sonatrach, j’ai connu un président sensé qui avait envie de réussir, j’ai nommé M. Boumdal que j’ai aidé.

    Un jour, le premier responsable de l’entreprise m’a dit : ‘‘Nous sommes un établissement public. On ne peut traiter avec des individus, mais avec des organismes’’. Je suis sorti de son bureau en battant le rappel des Mouloudéens pour créer El Mouloudia, association présidée par Rachid Marif, mais qui devait mourir de sa belle mort. Aujourd’hui, ce n’est guère mieux. Il y a deux intrusions malheureuses dans le football en laissant la rue s’ingérer directement dans la gestion. Secundo, il y a l’incapacité des dirigeants à juguler les crises ou les dérives, sans compter les faillites financières.

    L’économie informelle a supplanté l’économie officielle. L’argent qui circule provient de l’argent brassé au noir et qui est ainsi recyclé. Les clubs sont devenus des lessiveuses. Le malheur, c’est que les institutions de l’Etat acceptent de jouer ce jeu malsain. Je pose la question à un PDG de Sonatrach : vous avez les destinées de la vache laitière de l’Algérie. Votre mission est noble et périlleuse. Vous avez décidé de vous intéresser au sport.

    Soit. Comment une filiale de foot peut payer un joueur avec un salaire mensuel de 300 millions, alors que des ingénieurs, dont les études ont été chèrement et laborieusement payées par des parents aux revenus modestes sont payés 20 fois moins ? Certes, les deux ont chacun son apport, mais le déséquilibre est flagrant !» Ces temps-ci, hélas, pour le foot comme pour le reste, il y a pénurie d’avenir ! La crise sociale, sociétale qui affecte tout le peuple, celle de civilisation qui ébranle tout le monde, ne peuvent engendrer qu’une détresse morale qui a tendance à tout engloutir, y compris le souci national.

    Même le football n’est pas épargné par le monde des corrupteurs et des corrompus. Pour ceux qui le tiennent encore pour un des derniers espaces de loyauté, le constat est douloureux. Mais peut-il en être autrement lorsque le business s’invite dans une jungle mercantile, où le seul baromètre de mesure est le Dieu argent ! Aussi, quand on évoque avec Drif le «professionnalisme» à l’algérienne, il esquisse une moue significative : «Quel professionnalisme ?

    Cela fait partie des arnaques algériennes. C’est un tour de passe-passe. Soyons sérieux. N’est-il pas honteux que l’équipe nationale soit importée à presque 100% ? Qu’a-t-on fait pour faire émerger une élite respectée et respectable ? A quoi servent donc ces clubs dits professionnels budgétivores. Il y a une crise profonde. Faut-il s’interroger sur le départ énigmatique et voulu de Halilhodzic qui a refusé de rester parce qu’il ne veut pas tricher ?

    Il était écœuré par le comportement du premier responsable de la FAF. Il n’a même pas été sensible à l’appel du président de la République.» Quant au nouvel entraîneur national, l’Espagnol Alcaraz, celui-ci ne semble pas avoir les faveurs de Drif. «D’après mes lectures, ce ne serait pas un lion. Son dernier club, c’est Grenade qui pointe aux dernières loges de la Liga. Peut-être que Zetchi a eu la main heureuse en le recrutant. Mais on aurait souhaité une grosse pointure avec les 700 milliards qui dorment dans les caisses de la FAF...»
     
     
     
     
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  • Commentaires

    6
    visiteur_sebbar
    Vendredi 25 Janvier 2008 à 18:46
    Bon courage ?'?ipe de Hadjout pour l'accession.J'ai un ancien article sur l'USMM Hadjout que je vais publier incessament inchallah
    5
    visiteur_Sebbar
    Vendredi 25 Janvier 2008 à 18:44
    Merci Kamel pour cette pr?sion.Effectivement Mr Drif est un homme de coeur qui a beaucoup donner au Mouloudia et au sport national.Son seul d?ut c'est qu'il pense tout haut ce que les autres pensent tout bas.Son franc-parler d?nge.
    B
    4
    visiteur_kamel sahra
    Mardi 22 Janvier 2008 à 19:55
    Mr DRIF ABDELKADER outre ses fonctions est une personne associ?u d?loppement du sport national, notamment le grand MOULOUDIA, c'est aussi un homme de coeur allah itoual ?rou
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