• MERZEKANE CHAABANE

    MERZEKANE Châabane

    Défenseur saison 1987/1988

    "Le Titan"

     

    Le héros est passé.Guerrier farouche sur son destrier intrépide, il a traversé les batailles sans jamais manquer d'ardeur, ni jamais rien perdre de sa vaillance.Même dans les combats les plus âpres, il gardait l'allure fière.Toujours téméraire, et méprisant la faiblesse, il allait la hargne au coeur et la poitrine au vent, plus brave qu'aucun autre à porter le danger dans le camp "ennemi".Et comme tous les braves que porte la bravoure, il a conquis des citadelles sans jamais y demeurer.Trop superbe pour être larve, il honnissait la petitesse.Et quand d'autres paradaient tout pleins de suffisance ajoutée aux lauriers, lui, il rêvait d'espaces imprenables et d'indomptables chevauchés.Trop rebelle pour être ange, il n'était quand même pas démon.Quelque peu fougueux, peut être, mais ainsi sont tous les hommes que forge la dure quand le destin les désigne à porter la glaive alors qu'ils sont encore enfants.

    Telle la foudre fend le ciel et meurt dans l'infini, il a déchiré l'ennui pesant des stades et brûlé ses jours de gloire sans presque ne pas exister.Ou à peine seulement dans l'imaginaire des foules dans le arènes qu'il soulevait à ses passages, tout comme s'il n'a été qu'un simple rêve que les conteurs inventent.

    Et cette foule qui tanguait d'ivresse en dansant ses exploits et ses victoires, et qui voulait le retenir, ne savait pas toujours que les nobles d'esprit ont horreur de s'attarder sur la pelouse.Encore plus dans les travées quand les vaincus se retirent...Le héros est passée, comme passent les jours heureux.Eclair dans un orage ou étoile au firmament, il a brillé un instant, éclaboussant tout de sa splendeur, puis est parti comme il était venu, le port altier et la dignité intacte, humble dans son habit de preux, magnifique dans son orgueil.

    Et il est déja loin dans les souvenirs que bousculent les années qui vont.Mais il se passera beaucoup de temps, trop de temps même, avant qu'un autre de sa race ne vienne le remplacer à l'aile de sa troupe où son poste est laissé vacant.Il se passera beaucoup de temps avant qu'on ne trouve un successeur, trempé dans le même acier, digne de vêtir l'armure de ce titan.On aurait tant aimé qu'il reste.La foule n'a même pas eu le temps de l'applaudir...

    On le disait gagneur, grincheux, mauvais perdant.Adulé par ses fans, il était craint par l'adversaire.Et son courage légendaire faisait parfois peur même à ses amis.C'était un dur.Un coriace.Un valeureux combattant comme ALLAH ne donne qu'une fois tous les cent ans...

    A le voir jouer, sillonant le terrain de sa foulée légère, le football paraissait si facile et l'effort si aisé.Le corps élancé et la musculature saillante, il réussissait là où les autres avouaient leur impuissance.Face aux plus dangereux, il demeurait le même, fantastique dans ses assauts, sachant autant mener sa troupe qu'il mettait de hardiesse à défendre ses positions.Bien souvent, debout au milieu de la tempête, il regardait venir le danger, prêt à riposter aux attaques, ne s'inquiètant que lorsqu'il voyait ses partenaires perdre de leur mordant.Il devenait alors le soutien moral, dépositaire de la dernière arme, pour exhorter ses camarades à faire comme lui.A lutter davantage, à se battre encore.A gagner en un mot parceque lui ne voulait pas perdre.

    L'homme ignorait la tricherie.Prenant à coeur la tâche pour s'acquitter de son devoir, vis-à-vis du pays, vis-à-vis du peuple, le seul jugement qu'il permettait que l'on porte sur lui, c'était lors qu'il portait le maillot.Et il préférait mille fois crever que plier l'échine ou tendre la main pour demander l'aumône...

    A chaque aube nouvelle, à chaque veille d'un match d'importance, son nom rejaillissait sur les lévres, de n'importe où.Qu'importait aux masses que le joueur fut écarté pour indiscipline ou qu'il manquât d'entraînement.Sa valeur était trop sûre.Sa présence trop précieuse.

    Tel était le héros qui a fait à l'E.N ses plus belles heures de joie.Telle et l'image rapportée par ceux qui l'ont vu batailler sur les terrains de split, de lagos, d'Espagne ou d'ailleurs...Et bien des jours couleront sans triomphe, et des rencontres sans éclats, avant que les successeurs des baroudeurs de Gijon ne lui trouvent un digne remplaçant...Merzekane, le guerrier farouche.L'intrépide cavalier.Le titan face à l'allemagne.Toi l'homme, mon ami, mon frére...

    Abdelkrim Lakhdar EZZINE "Le Doyen" la Revue du Mouloudia 1989

     

    MERZEKANE Châabane

    "Un bref passage chez le Doyen"

    Châabane Merzekane, l'enfant terrible du football Algérien de l'après indépendance ne gardera pas un souvenir impérissable de son bref passage (saison 1987/88) au Mouloudia d'Alger.

    Venu (sur insistance de son ami Bencheikh) tout auréolé de deux participations en coupe du monde (1982 et 1986) et d'une réputation qui dépasse largement les frontières algériennes, l'ex joueur du NAHD où il a fait toutes ses classes, est un des principaux bourreau de l'ex RFA.

    Châabane Merzekane n'a pu trouver chez le Doyen un terrain d'expression à sa convenance.Incompris et arrivant de surcroît à une période "mouvementé", il ne fait que quelques rares apparitions guère à la mesure de son immense potentiel et a des difficultés à livrer comme à son habitude des matchs prodigieux de vaillance et de réussite technique.

    "Le Mouloudia:cette légende vivante" page 213

     

    CHAABANE MERZKANE

    (ANCIEN DÉFENSEUR DU NAHD ET DE L’EN DES ANNÉES 80)

    La fureur de vaincre

     

     

    Exceptionnelle ! Comment qualifier autrement la prestation de Chaâbane Merzekane lors de l’historique victoire (2-1) des Verts face à l’Allemagne en coupe du monde de 1982 à Gijon. Infranchissable pour les attaquants pourtant redoutables, il donna du fil à retordre aux défenseurs adverses avec des “montées” qui de véritables ravages.
    Exemple de présence physique et de maîtrise, il fera la “une” de la presse internationale qui longtemps durant reviendra sur le match et le potentiel énorme de Chaâbane. Arrière droit, au souffle inépuisable et à la rage de vaincre sans pareille, le”bourreau” de l’ogre allemand a été longtemps incontournable dans l’échiquier du NAHD et de l’EN. Avec sa célèbre rage de vaincre et son incroyable énergie, Chaâbane (âgé aujourd’hui de 49 ans), l’enfant terrible d’Hussein-Dey et du football national, donnait l’impression d’être inaccessible à la moindre fatigue. Avec son caractère de feu, sa personnalité de fer et en mouillant à chaque fois son maillot jusqu’au bout, il assurait à lui seul le spectacle. Défenseur sec, nerveux, il avait constamment les nerfs à fleur de peau. Déterminé et réaliste, il n’avait pas froid aux yeux et disait réellement ce qu’il pensait. Beaucoup de clubs professionnels étrangers notamment français ont fait des pieds et des mains pour le recruter, mais lui ne voulait pas quitter le NAHD,   sauf pour le doyen des clubs Algériens le MCA,  qu’il chérissait par dessus tout.
    Abdenour B.

     

     

    «Notre football a besoin de moments de vérité»

     

    «Je suis pour l’apport de pros qui apportent réellement un plus pour l’équipe nationale».

     

    Que devient Merzekane ?
    Je suis toujours dans le monde du football en tant qu’entraîneur et je viens il y a peine une semaine de prendre en main l’équipe du MO Bejaïa.

     

    Comment se présentent les choses avec votre nouvelle équipe ?
    Tout ce passe pour le mieux pour l’instant. J’espère être à la hauteur des espérances des dirigeants, joueurs et supporters qui m’ont accueilli les bras ouverts.

     

    Quel a été votre itinéraire sportif ?
    J’ai fais mes premiers pas r chez les minimes de l’Onalait d’Hussein-Dey. Rabah Madjer était déjà avec moi. Lui débutait comme défenseur, moi comme attaquant. C’est au NAHD que j’ai fait toutes mes classes. Je n’omettrais pas de signaler que j’ai fait une petite virée au MCA durant la saison 87/88. En outre, j’ai fait partie de l’équipe nationale A durant près d’une décennie.

     

    Quels sont les titres et distinctions qui ont orné votre palmarès ?
    La coupe d’Algérie de 1979, remportée par 2-1 au stade du 5-Juillet devant la JSK. A la barre technique du club, il y avait Bahmane et Kalem. J’ai pris part à deux coupes du monde, en 1982 et 1986. J’ai également fait partie des différentes sélections nationales, des minimes jusqu’en seniors. Avec l’équipe nationale A, je comptabilise près de 80 sélections.

     

    Quel a été votre meilleur souvenir ?
    J’en ai gardé énormément. Chacune des années passées avec le NAHD ou en équipe nationale m’ont permis de vivre des moments merveilleux.

     

    Quel a été par contre le plus mouvais ?
    Je ne garde que les bons souvenirs. Les mauvais moments et les situations difficiles, je les oublie vite et je ne me fais pas de bile pour cela.

     

    Avez-vous un footballeur modèle ?
    J’ai toujours été un admirateur de Hacène Lalmas, d’abord pour son immense talent de joueur, ensuite pour sa forte personnalité et son charisme. Son nom restera à jamais associé au football national. J’apprécias également Kalem, Hadefi et Bencheïkh.

     

    Pensez-vous avoir eu la carrière que vous méritiez ?
    En analysant bien les choses, je peux dire que j’ai eu une carrière réussie et bien remplie.

     

    Pas de regrets pour n’avoir pu tenter l’aventure professionnelle ?
    Pas la moindre frustration même si j’ai eu à maintes reprises la possibilité de signer dans quelques-uns des grands clubs européens. Rester au NAHD a été ma devise.

     

    Vous avez pourtant quitté le NAHD la mort dans l’âme ...
    Effectivement, car j’ai été forcé de le faire durant la saison 87/88 au profit du MCA. L’incompétence, voire l’hypocrisie, de certains dirigeants de l’époque m’ont poussé à quitter le club qui constituait ma raison d’être. Je ne pouvais céder à leur chantage encore moins à participer à la ruine de club. Il faut dire que je n’étais pas le seul joueur à changer d’air. Pour les mêmes raisons que je vous ai citées, neuf autres coéquipiers ont eux aussi préféré partir.

     

    Avec quel joueur aviez-vous le plus d’affinités ?
    Ils sont tellement nombreux que j’ai des difficultés à les citer. Toutefois c’est avec Ali Bencheïkh que j’étais le plus en conformité avec ses traits de caractère aussi bien sur le terrain qu’en dehors.

     

    Quel est l’entraîneur qui vous a le plus marqué ?
    Le fait d’avoir souvent passé un temps très court avec l’ensemble des entraîneurs ne me permet pas de porter un réel jugement. Je citerai toutefois, Abdelkader Bellamine qui m’a encadré dans les petites catégories du NAHD et dont l’influence éducative m’a profondément marqué.

     

    Celui qui vous a le plus déçu ?
    C’est un ex-entraîneur national, dont je préfère taire le nom. Il m’a franchement déçu non pour son incompétence mais pour le fait qu’il a été incapable de prendre ses responsabilités. Tous les joueurs de ma génération qui l’ont connu et approché pourront le confirmer.

     

    Quels sont vos joueurs étrangers préférés ?

    J’ai toujours été en admiration pour Pelé, Cruyff, Beckenbauer, Van Basten et Gullit.

     

    En dehors du football, êtes-vous passionné par une autre discipline sportive ?
    Je ne vois pas... ou plutôt si, la boxe, professionnelle surtout.

     

    A part le football, quel autre métier auriez-vous aimé faire ?
    Aucun à part le football qui m’absorbe totalement et dont j’ai fait mon gagne pain.

     

    Que pense Chaâbane de l’apport des techniciens étrangers ?
    Je suis contre le recrutement d’entraîneurs étrangers qui n’ont rien prouvé à l’échelle internationale. Les illustres inconnus qui ont exerce jusque-là ont, en raison de leur incompétence, davantage enfoncé le clou.

     

    Et des joueurs pros algériens ?
    Je suis pour l’apport de pros qui apportent réellement un plus pour l’équipe nationale. Les sélections de complaisance n’arrangent personne et portent atteinte au football algérien.

     

    Quelles sont les principales qualités de Chaâbane tant sur le terrain qu’en dehors ?
    Je vous laisse le soin de juger.

     

    Vos défauts ?
    Oui, j’ai des défauts. Je fais avec et je ne m’en plains pas. Et puis qui n’en a pas ?

     

    Comment voyez-vous l’homme idéal ?
    Je suis persuadé que l’homme idéal n’existe pas. Etre honnête c’est déjà essentiel.

     

    Avez-vous un passe-temps favori ?
    Aucun à part le football qui meuble tout mon temps.

     

    Que détestez-vous le plus chez l’homme ?
    Surtout le mensonge. Avec des affirmations contraires à la vérité, l’homme peut tromper et tout faire.

     

    Qui fait l’équipe, l’entraîneur ou les joueurs ?
    C’est difficile de répondre à cette question qui du reste est très vague.

     

    Pourriez-vous vivre dans un autre pays ?
    Je ne pourrais jamais le faire pour tout l’or du monde.

     

    Votre plat de cuisine préféré ?
    J’aime globalement la cuisi ne algérienne mais j’ai une préférence pour le couscous royal.

     

    Quel est le plus beau geste que vous avez fait dans votre vie ?
    Ce que je fais de bien dans ma vie de tous les jours ne concerne que moi. Je ne suis pas du genre à le raconter sur tous les toits. Un bienfaiteur doit toujours rester humble et doit manifester l’effacement.

     

    Quel est votre homme politique modèle ?
    Aucun.

     

    Que pensez-vous de l’actuelle équipe nationale ?
    Hélas, elle présente un visage terme et sans caractère et ne force plus le respect même devant les petites équipes.
    C’est un crime de la laisser mourir ainsi. Notre football a besoin de moments de vérité. Entre lui et le football mondial, le fossé se creuse de plus en plus.

     

    Entretien réalisé par Abdenour Belkheïr le 18.10.2007

    « AZEB OMARMCA 1993/1994 »

  • Commentaires

    1
    un ami
    Mardi 22 Décembre 2009 à 19:13
    on vie dans une epoque que tout les monde parle de l'honneteter quelle comedie je meurs de rire toi charbane hahahah
    2
    sebbar1 Profil de sebbar1
    Vendredi 25 Décembre 2009 à 09:52
    Bonjour mon ami et merci pour le commentaire....C'est vrai qu'on vit dans une époque ou les pricipes et l'éthique morale n'ont pas leur place face au matérialisme sans scrupule....je ne peux me subtituer à chaâbane mais je pense tout le monde a des défauts et chacun de nous peut à tout moment se repentir et corriger ses erreurs.
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