• SOFIANE MEZIANI

    ( USMA, Charleroi Belgique , Corbeil France, MCA, JSM Cheraga, Quimper France, Union Soliden de Cologne Allemagne, Unterhaching Allemagne, Wuppertal de Dusseldorf.Allemagne)

    «J’ai été injustement écarté de la Coupe du monde de Mexico»

     

     

    Que devient Sofiane Meziani ?
    Je n’ai hélas pas de temps pour aller au stade et puis je n’éprouve plus de plaisir à assister aux matchs de championnats guère emballants du fait de leur piètre niveau et de la violence et des débordements qui les caractérisent. Sachez tout de même que professionnellement, je reste actif et très passionné par ce que je fais. Après m’être investi durant huit ans à Dubaï dans les articles de sports que j’importais de Chine pour l’Algérie et l’Iran, aujourd’hui gérés à Alger par mes frères Fouzi et Mohamed, je me suis lancé depuis cinq ans dans l’immobilier avec comme partenaire un grand groupe saoudien.

    Etes-vous tout aussi talentueux comme le joueur que vous étiez et qui marquait beaucoup de but ?
    Je suis tout autant passionné et dynamique que convaincu et assez de marquer beaucoup de...buts pour le compte de mon pays, a qui je veux apporter un nouveau look tourné vers la modernité. Mes huit années passées à Dubaï m’encouragent à réussir mon challenge, mes projets qui sont du reste nombreux et que je veux garder secrets pour l’heure.

    Pouvez-vous nous rappeler votre itinéraire sportif ?
    C’est sur conseil et insistance de mon oncle Abderrahmane Meziani, ancien joueur de l’USMA que j’ai fais officiellement, mes premiers débuts de footballeurs au sein de l’école du même club. C’était durant la saison 71/72 et j’avais comme éducateur El Hadj Guittoun. Je porterais les couleur de l’USMA de 71 à 80, en faisant toutes mes classes.

    Quand avez-vous fait votre baptême avec l’équipe fanion ?
    J’ai été aligné pour la 1ère fois en senior, durant la saison 79/80 alors que j’étais seulement junior 2e année. J’ai joué de nombreux matchs aux côtés des Guedioura, Abdouche, Keddou, Slimani, Rabet, Amenouche, Ali Messaoud, Djebbar, Soumatia, Derouaz, Ali Messaoud....la saison d’après, je rejoins la JSK après avoir été contacté par Mahieddine Khalef, qui m’a vu évoluer lors d’un match amical joué entre l’équipe nationale A et l’USMA senior. Bien que encore junior 3e année, j’ai réussi ce jour-là, en tant que remplaçant de Guedioura, une excellente prestation avec à la clé 1 but inscrit et un penalty provoqué qui ont permis à l’USMA de revenir au score après avoir été menée par 2-0. Je préciserai que l’ENA qui s’est présentée avec les Madjer, Belloumi, Assad,... était dirigée par le duo Khalef-Rokov.

    A la JSK vous n’avez fait qu’un bref passage, n’est-ce pas ?
    Durant la presque totalité de la phase aller, j’ai fait partie de l’équipe junior avec comme coéquipiers les Sadmi, Adghigh, Abdesslam, Fettal..., tout en sm’entraînant avec les seniors. J’ai dû quitter la mort dans l’âme la JSK juste avant la phase retour.
    COnvoqué mais pas aligné comme titulaire par l’entraîneur Aymen lors du match MCA/JSK joué à Bologhine, qui m’a reproché d’avoir raté un seul entraînement durant la semaine précédant le match en question, j’ai décidé de prendre mes cliques et mes claques. Et dire que j’ai refusé de passer le Bac à Tizi-Ouzou et j’étais s'inscrit en classe de terminale, pour me consacrer à la seule équipe de la JSK. Les six derniers mois—phase retour-Je les passe avec l’USMA qui évoluait en division deux. Encore junior 3e année, j’arrive à décrocher une place de titulaire aux côtés de Betrouni, Rabet, Guedioura, Slimani...A la fin de la saison 80/81, je tente l’aventure professionnelle.
    Vous l’avez débuté où ?
    J’avais 20 ans à peine lorsque j’ai atterri en Belgique à Charleroi plus précisément qui évoluait en deuxième division. La saison suivante, mon manager me transfert à Corbeil équipe de deuxième division française dirigée l’entraîneur-joueur argenti Piazza, l’ex-star de la grande équipe de Saint Etienne. Dans cette équipe j’avais notamment comme partenaires les internationaux français Nossibor et Delest, qui étaient en fin de carrière. A la fin de la 2e saison, je quitte Corbeil reléguée en 3e division et qui avait déclaré faillite. Je préciserai qu’à Corbeil, j’ai pris la place de Djamel Zidane parti en Belgique.

    Vous retournez en Algérie mais votre cœur balance entre le MCA et l’USMA. Pourquoi ceci ?
    Ce problème ne s’est pas posé ainsi et je n’avais pas l’embarras du choix en question. Dès mon retour de France précipité du reste, j’étais persuadé de retrouver l’USMA mon club formateur, d’autant que mon oncle Abderrahmane y tenait fermement. En me présentant à l’hôtel Mouflon d’Or j’ai été choqué en apprenant de la bouche même de Mustapha Aksouh l’entraîneur, que le club affichait complet. Ayant appris que j’étais donc libre, Ali Bencheïkh et Rabah Ghrib qui jouaient au Mouloudia et qui étaient mes voisins de quartier de Soustara, m’ont conseillé de les rejoindre. Kermali, m’a vu évoluer à Aïn Bénian avec les espoirs du club confrontés à l’équipe locale. Séduit par ma prestation, il me retiendra au stage de préparation en Allemagne. En concurrence au poste d’ailier gauche avec Bellemou, Khelloufi et Azzouz, j’ai été choisi au retour à Alger, comme titulaire numéro Un. Bellemou et Khelloufi sont partis d’eux mêmes parce qu’ils refusaient le statut de remplaçants. Azzouz a payé quant à lui le choix de Kermali. Régulièrement aligné et bien en jambes, je gagne durant la même saison. 83/84 le galon d’international BN avec Kamel Lemoui, et A avec Mahieddine Khalef
    Avec l’EN. J’ai fais ma 1ère apparition le 1er Novembre 84 à l’occasion du match amical joué contre l’équipe brésilienne Gremio de Porte Allègre. Je réalise une prestation de 1ère grandeur aux côtés de Belloumi, Megharia, Bouiche du MCA, Kaci Saïd, Meghichi, Cerbah, Merzekane...Kaci Saïd, Yahi, Badache, Guendouz. Après une brève présence parmi les Verts, je suis injustement écarté par Saâdane qui a remplacé Khalef.

    Une mise à l’écart qui a coïncidé avec votre départ du MCA. Est-ce exact ?
    Pas tout à fait puisque je continue à porter le maillot du Mouloudia jusqu’à la fin de saison 85/86. Entre temps, j’ai fais partie de l’équipe nationale militaire encadrée par Mekhloufi et Soukhane et composée des Menad, Belkhetouat, Cherif El Ouazzani...

    Ensuite vous reprenez votre bâton de pèlerin et vous rejouez à l'étranger où exactement ?
    Avant de m’exiler une seconde fois, je joue durant la saison 86/87 à la JSM Chéraga où je rejoins Bencheikh, Ghrib, Iratni, mes coéquipiers au MCA. A la fin de saison, je signe au club français de division 2 Quimper où avaient déjà joué mes compatriotes Djamel Tlemçani, et Djamel Zidane. Union Soliden de Cologne de la division 2 de la Bundesliga. De 92 à 94, je défends les couleurs de l’autre club allemand du même niveau Unterhaching. Avant de tirer ma révérence, je passe deux saisons 94/96 au club de 3e division Wuppertal du côté de Dusseldorf.

    Une idée sur votre palmarès ?
    Pas très riche hélas, du fait d’avoir émigré très jeune. Sachez quand même que j’ai été international cadet, junior, espoir, militaire, B et A. J’ai également été classé 3e meilleur joueur du tournoi junior de Roubaix et 3e meilleur footballeur algérien en 84/85 lors du prix décerné par l’APS à Menad.

    Que retenez-vous comme meilleur souvenir de votre riche et longue carrière ?
    Incontestablement mon 1er match avec l’ENA joué le 1er tour la 84 à Alger contre l’équipe brésilienne de gremio.

    Votre plus mauvais souvenir ?
    Mon injuste mise à l’écart de la Coupe du monde de Mexico en 86 et la blessure aux adducteurs contractée lors d’un match joué avec mon club allemand Unterhachine qui m’a privé de prendre part à la CAN 90 d’Alger. Un coup du sort qui m’a terriblement affecté au point de pleurer, d’autant que j’ai été officiellement retenu et que la manifestation en question à laquelle je n’ai jamais pris part, était ma dernière chance. C’est une tristesse qui reste encore enfouie en moi.

    Quel est l’entraîneur qui vous a le plus marqué dans votre carrière ?
    Mahieddiene Khalef et Abdelhakim Kermali, pour qui j’ai toujours un profond respect, étaient à mes yeux des entraîneurs particulièrement compétents et à la personnalité marquante. Ils m’ont énormément encouragé et ont voulu faire de moi le réel successeur de Rabah Madjer. C’est dire tout l’intérêt que me portaient ses deux grands messieurs du football algérien.

    Le dirigeant ?
    Très jeune, j’ai été impressionné par l’étoffe et le savoir-faire de Hadj Boumdal l’ancien président de l’ASP MCA. Dommage qu’il se soit retiré des affaires du sport et du football.

    L’arbitre ?
    Mohamed Hansal, a été de loin mon préféré. Véritable gentleman, il était apprécié pas tout le monde et savait gérer comme il se doit même les derniers et les matchs à hauts risques.

    Quels étaient vos coéquipiers les plus proches ?
    Ghrib au MCA, Boutemine à l’USMA, Kadri et Amani en équipe nationale, étaient et sont encore pour moi de réels complices.

    Vos joueurs modèles ?
    Mon oncle Abderrahmane qui jouait à l’USMA Madjer, Belloumi et Assad en Algérie, Cruifs et Maradona à l’étranger sont mes préférés.

    Quel est le défenseur qui vous posait le plus de problème ?
    Hamid Sadmi de la JSK, qui est un ami et avec qui j’ai un petit lien de parenté était une réelle sangsue, un réel pot de colle. Je précise tout de même qu’il n’usait pas de jeu dur. Bouhedda, l’arrière droit de l’ASO, était lui par contre spécialiste du jeu musclé et de l’agression.

    Pourquoi n’avez-vous pas tenté une carrière d’entrÂaîneur ?
    Le monde des affaires, honnêtes je précise, est plus intéressant. C’est un autre monde qui m’a mis à l’abri des blessures, des critiques et des aléas du football.

    Que vous a apporté tout de même le football ?
    Il m’a appris le sérieux, la discipline et le respect de l’autre. Il m’a également permis d’aiguiser mon sens du relationnel. C’est en jouant au football que j’ai pu aussi me reconvertir en homme d’affaires.

    Quelles étaient vos qualités sur le terrain ?
    La rapidité et une technique bien léchée.

    Vos principaux défauts ?
    Mon jeu de tête était ma principale tare.

    Que pensez-vous de la montée de la violence ?
    C’est la résultante de la conjoncture née de la décennie noire. La malvie, l’oisiveté et le manque d’éducation à tous les paliers de la société sont à mes yeux les principales causes de la violence qui a atteint des proportions alarmantes. Le plus regrettable dans tout cela, c’est de voir des dirigeants censés être éducateurs être à l’origine de graves débordements. Il n’y a pas longtemps j’ai assisté au stade du 5-Juillet au match USMA-MCA et j’ai été fort scandalisé par une honteuse bagarre à la tribu ne officielle entre un dirigeant de l’USMA et un autre du MCA. J’ai dû personnellement intervenir pour les séparer. Depuis cette piteuse image, je n’ai plus remis les pieds dans un stade.

    Quelle comparaison faites-vous de l’USMA et du MCA de votre époque et ceux de ces dernières années ?
    Ces deux formations, qui sont parmi les plus prestigieuses du pays ont beaucoup régressé à l’image de tout le football national qui a atteint malheureusement l’abîme. La formation doit être le réel cheval de bataille, des responsables à tous les niveaux. Sans socle solide, notre football continuera à évoluer sur des sables mouvants qui le mèneront inévitablement à sa mort. Ce serait tellement dommage car notre football dispose de grande potentialités.

    Qu’est-ce qui peut vous rendre heureux ?
    Réussir dans mes projets, c’est mon vœu le plus cher, car je meurs d’envie d’être utile à la nation.

    Qu’est-ce qui peut par contre vous énerver ?
    Le manque d’éducation et la violence dans les stades m’irritent au plus haut point.

    Un passe temps favori ?
    La présence auprès de ma famille, et l’éducation de mes enfants, la lecture du Coran et sur la vie du prophète Mohamed (QSSL) meublent de manière harmonieuse mon quotidien et constituent une réelle source de motivation pour mon travail professionnel.

    Etes-vous branché politique ?
    Totalement. L’économie elle aussi m’intéresse car elle évolue selon la politique nationale et internationale.

    Votre homme politique préféré ?
    Les présidents feu Houari Boumediène et Abdelaziz Bouteflika à qui je souhaite un 3e mandat pour l’exécution de ses projets.

    Plat de cuisine préféré ?
    Le couscous au poulet et la vraie pizza italienne.

    Quelque chose pour conclure ?
    Je souhaite vivement que l’Algérie retrouve la paix totale et la stabilité et prospère dans tous les secteurs d’activités. Aussi, je saisis ici l’occasion qui m’est donnée pour rendre hommage à tous ceux qui m’ont aidé et soutenu, notamment mes parents que je me remercierai jamais assez à qui je souhaite longue vie et puisse Dieu les bénir. Je n’omettrais pas de souhaiter plein de réussites à mes frères Fouzi et Mohamed que j’ai lancé dans l’article de sports.
    Je remercie également le quotidien Horizons qui a pensé à moi.


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