• SI CHAIB Omar

    SI CHAIB Omar MCA

    si chaib vainqueur de la coupe d'Algérie avec le MCA en 1971

    si chaib omar

     SI CHAÏB Omar

    (EX-MILIEU DÉFENSIF DE L’ASTA, DU HAC ET DU MCA)

     

    Le bon «ouvrier»

     

    A 14 ans, il est déjà considéré comme un surdoué. Les responsables de l’ASTA (club sportif des Tramways algérois) qui le recrutent durant la saison 58/59 (cadet 1ère année), sont déjà ébahis par ses qualités techniques et physiques. Omar Si Chaïb, né le 25 janvier 1943 à Alger, se fait aisément une place au sein de l’équipe fanion à seulement 17 ans. Son abattage, son style de jeu et sa vista, ne laissent pas indifférents les dirigeants du GSAH, club de Hydra devenu HAC sous la férule du regretté Ali Benfaddah, l’entraîneur joueur et ex- élément de la glorieuse équipe du FLN. Avec ses qualités et sa très bonn lecture du jeu, il enfile de facto le numéro 4. Au MCA, qu’il rejoint durant la saison 67/68, Omar Si Chaïb se positionne dans l’axe de la défense mais assure également la défense au milieu du terrain. Sa grande besogne et son immense générosité sont appréciées par l’ensemble de la famille mouloudéenne. Le «bon ouvrier» (ont l’appelait ainsi) se signale également dans le marquage «strict». Véritable «sangsue», il devient l’empêcheur de tourner en rond des attaquants qu’il marque à la «culotte». Son éducation qui ne lui fait pas faire et dire n’importe quoi, est aussi un trait de caractère qui plaît à tout le monde. Déçu par le délabrement de notre football et ses mentalités qui sévissent, il n’a pas repris du service après sa retraite.


    Abdenour B.

    si chaib MCA 1972

     

    Si Chaib omar (MCA) contre Lalmas (CRB)

    • «Le marquage strict, c’était mon affaire»

     

    Que devient Omar Si Chaïb ?
    «Je coule une vie de retraité et père de famille . Mon temps libre me permet toutefois de prendre part à des activités à caractère caritatif. Je le fais de bon cœur et de manière totalement désintéressée. Je continuerai à être utile à la société tant que ma santé me le permet.

    Est-ce à dire que vous-n’avez plus de regard sur le football ?
    Totalement, car le délabrement du niveau et surtout des mentalités n’est pas fait pour m’encourager à me retremper dans l’ambiance des stades.

    Vous avez été pourtant dans un passé récent sollicité pour diriger le MCA, votre ancienne équipe...
    Certes des membres influents de la famille mouloudéenne m’ont contacté et ont souhaité me placer à la tête du club. J’ai refusé pour la simple raison que je ne voulais pas être le dindon de la farce, moi qui souhaite être l’élu par l’assemblée populaire. Possibilité qui m’aurait autorisé à choisir mon équipe et présenter mon programme.

    Et si ces mêmes membres venaient à vous relancer de nouveau ?
    Non, puisque j’ai définitivement fermé la parenthèse.

    Pouvez-vous nous rappeler votre itinéraire sportif ?
    C’est durant la saison 58/59 que j’ai fait mes premiers pas de football avec les cadets de l’ASTA club sportif des Tramways algérois qui évoluait en division d’honneur. Après quelques matchs joués comme arrière central, je suis retenu en équipe fanion par le regretté entraîneur Brahim Lalaï et Slimane Moungad. De mars 62 à juillet 62, je fais partie de l’équipe de la Colonne Voirol à Hydra, dirigée par Tayeb Boudjema, l’ancien goal de l’ASTA. Avec les Bousseloub, Rezkane, Lalili, Lalmas, Aoun, Guerrat, Salem, Ouchen, Belabed, Mechti, nous prenions part à des matchs inter-quartier seulement. Avec une aussi performante équipe, nous faisions dans le spectacle et l’exhibition et n’avions jamais été battus. Hacène Lalmas qui occupait le poste d’avant-centre faisait déjà sensation à chaque match.
    Dès la saison 62/63, et à l’exception de Lalmas et le gardien Ouchen qui ont respectivement opté pour l’OMR et le NAHD, l’ensemble de l’équipe de la Colonne Voirol rejoint la formation voisine de Hydra, le GSAH, devenu HAC comme l’a voulu le regretté Ali Benfaddah qui s’est inspiré de l’appellation du club français Le Havre athletic club. Avec l’équipe sus-citée, renforcée par l’arrivée de Naâmane et Aouini, j’évolue jusqu’à la fin de la saison 65/66. La saison d’après j’enfile le maillot du MCA entraîné par Omar Hahad. Je porte le numéro 4 et évolue en tant que milieu défensif aux côtés des Zerga, Bousseloub, Metrah, Mekideche, Aouedj, Berkani Bouras, Loucif, Tahir et même Bachi et Betrouni âgés d’à peine 17 et 18 ans. Après avoir quitté le MCA à la fin de la saison 72/73, je signe pour quelques matchs avec le Rama, club d’El Mouradia, mon quartier où j’évolue comme entraîneur-joueur avant de baisser une fois pour toutes le rideau sur ma carrière sportive.

    Qu’avez-vous comme palmarès à exhiber ?
    J’ai d’abord remporté durant la saison 64/65 le titre de champion de la division d’honneur avec le GSAH, avant d’aligner avec le MCA, les coupes d’Algérie et maghrébine en 70/71 et le titre de champion en 71/72.
    A titre individuel j’ai connu plusieurs sélections d’Alger durant le début des années 60 aux côtés des Bouseloub, Ouchen, Lalmas, Meziani, Amar, Tadilou, Belbekri, Tahir Kamel, Amirouche, Achour, Kalem, Selmi.

    Que retenez-vous comme meilleur souvenir de votre carrière ?
    Le match joué durant la saison 69/70 contre le CRB au stade municipal du Ruisseau, plein à craquer, en témoigne le public qui débordait ce jour là jusqu’au niveau de la piste et de la ligne de touche restera pour moi le moment le plus fort de mon parcours sportif.
    Nettement plus forts ce jour-là, nous avons infligé à notre adversaire donné archi favori devant son public, une véritable correction (3-1).
    Une nette victoire synonyme d’apogée du MCA et de début de déclin de la grande équipe du Chabab, des Lalmas, Kalem, Hamiti, Abrouk, Selmi, Kalem... La coupe d’Algérie remportée avec le MCA en 70/71 devant l’USMA (2-1) m’a considérablement fait plaisir d’autant que c’était mon premier grand trophée.

    Votre plus mauvais souvenir ?
    Mon premier match officiel avec le MCA. C’était durant la saison 66/67 à Saïda contre l’équipe locale. Ce jour-là, j’ai été agressé par un joueur de Saïda qui m’a donné gratuitement un terrible coup de poing au visage qui m’a causé la perte de deux dents Le pire dans cette histoire, c’est que j’ai été sanctionné par l’arbitre. Mon adversaire boxeur, n’a quant à lui pas écopé de la moindre sanction, ni d’une quelconque remontrance. Une injustice qui m’a longtemps causé une réelle douleur morale, car j’ai été doublement agressé.

    Quel est l’entraîneur qui vous a marqué ?
    J’ai eu énormément de plaisir à travailler sous la coupe de Omar Hahad, Smaïl Khabatou et du regretté Ali Benfaddah qui a été mon coéquipier à Hydra et au MCA.

    Le dirigeant ?
    J’ai eu énormément de respect pour le regretté Maloufi et Touati que j’ai connu à l’ASTA.
    Au MCA, les regrettés Braham Derriche et Mouloud Djazoui étaient à mes yeux de réelles références. Des dirigeants de leur trempe n’existent plus de nos jours.

    L’arbitre ?
    Le regretté Chekaïmi de Blida. Il était un éducateur au sens propre du terme.

    Quel est l’attaquant qui nous posait le plus de problèmes ?
    Hacène Lalmas qui est à mon humble avis le meilleur joueur algérien de tous les temps était, eu égard à son génie, insaisissable. Le marquer était une sacrée corvée. Boualem Amirouche du RCK qui était lui aussi un réel virtuose n’était pas facile à surveiller. J’ajouterai que Boualem était le grand spécialiste des penalties. Sa façon de tirer et de marquer était un réel régal pour les yeux.

    Avec quels coéquipiers aviez-vous le plus d’affinités sur et en dehors des terrains ?
    A Hydra, j’étais très complice avec Nourredine Rezkane qui a également joué à l’ES Mostaganem. Au MCA, je me sentais réellement proche de l’ensemble de mes coéquipiers. Nous étions unis comme les doigts d’une main.

    Votre modèle de joueur ?
    Belbekri dit Bob de l’USMA et Neskens de l’Ajax d’Amsterdam étaient de loin mes préférés.

    Vos principales qualités ?
    J’étais un battant et j’excellais dans le marquage strict que j’appliquais de manière très propre, dois-je le préciser. Dans ma vie de tous les jours, je demeure quelqu’un d’honnête et de généreux. J’ai toujours été un homme de parole.

    Vos défauts majeurs ?
    Je ne supportais pas la défaite et m’emportais souvent envers mes coéquipiers. En dehors du terrain, je continue à être un peu trop exigeant y compris envers moi-même.

    Quelle est la qualité première que vous appréciez chez l’homme ?
    L’honnêteté au sens le plus large du terme.

    Le défaut que vous détestez le plus ?
    J’ai une haine viscérale pour quelqu’un qui vit dans les mensonges. Je trouve ça horrible et indigne d’un musulman. J’ajouterai que le mensonge est devenu la source de tous les maux de notre société. C’est désolant et grave à la fois.

    Que vous a apporté le football ?
    S’il ne m’a pas servi sur le plan matériel, il m’a par contre permis d’avoir une notoriété. Quarante ans après je continue à être connu et très respecté aux quatre coins du pays. Ceci n’a pas de prix à mes yeux.

    Votre avis sur la montée de la violence ?
    Elle s’est généralisée et a atteint des proportions alarmantes. J’ai eu tout de même beaucoup de plaisir à suivre à la télé la finale CRB-CABBA qui s’est par contre déroulée sans la moindre animosité ni heurt particulier. Un fair-play pareil on en redemande.

    Etes-vous branché politique ?
    Bien entendu !

    Un homme politique préféré ?
    Les regrettés présidents du GPRA Benyoucef Benkhedda et Ferhat Abbès. Deux des pionniers de la politique algérienne. Le chahid Didouche Mourad restera pour moi pour ceux qui comme moi ont grandi au quartier de la Redoute, El Mouradia, un repère éternel.

    Quelle comparaison faites-vous entre le football de votre génération et celui de ces dernières années ?
    A mon époque, le football était et je le pense sincèrement, plus technique, plus sincère et plus loyal. Avant, les dirigeants étaient réellement désintéressés et se comportaient en véritables éducateurs. Ce n’est plus le cas de nos jours, car ceux qui dirigent nos clubs sont dans leur majorité des affairistes notaires et ont vendu leur âme au diable. Je dirais même que ce sont ces dirigeants sans scrupules qui ont fait perdre à notre football son âme et ses valeurs.

    Avez-vous un quelconque passe-temps favori ?
    Avant, j’étais un féru du jeu de la belote.
    Maintenant, je m’adonne régulièrement à la lecture du Coran. Les moments passés auprès de ma famille meublent harmonieusement mon temps.

    Un plat de cuisine préféré ?
    Les beignets de sardines, j’en raffole, croyez-moi.

    Pour conclure ?
    Je souhaite de tout cœur que notre football retrouve ses valeurs d’éducation et que notre très pays retrouve la totale sérénité.

     

    Entretien réalisé par Abdenour Belkheïr.

     

     

    si chaib omar

     

     

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  • Commentaires

    1
    FRAN
    Lundi 23 Avril 2012 à 22:43
    Bonjour,
    avez vous connu RIBèS de l'ASTA, j cherche une photo de francis RIBèS (françois) mon défunt père
      • sebbar1 Profil de sebbar1
        Mardi 24 Avril 2012 à 13:02
        salutation Fran et bienvenu sur ton blog....si vous pouvez nous préciser la saison où votre pére évoluait avec l'ASTA pour essayer de trouver des photos de l'époque en question...C'est avec une immense joie si on arrive à les trouver et les publier pour vous.Amicalement
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