• Hadji Othmane dit « Ramel » un martyr

    Hadji Othmane dit « Ramel »

    Hadji Othmane dit « Ramel »

    Un fervent Mouloudéen

    Les moudjahidine se sont inclinés à la mémoire d’un martyr tombé les armes à la main, au champ d’honneur en compagnie des martyrs Debbih Cherif dit « Si Mourad », Abdenour Benhafidh et Hamitouche Zahia le 26 août 1957 à l’issue d’un violent accrochage avec les forces coloniales au niveau de l’impasse Mokrane Zouaoui (ex-Saint Vincent de Paul), à la Casbah d’Alger.
     Hadji Othmane dit « Ramel », est un vaillant combattant qui, dès 1956, a rejoint les rangs de la Révolution où il s’est illustré avec courage et abnégation avec son compagnon d’armes, le chahid Abderrahmane Arbadji.
    Le moudjahid Mahmoud Arbadji, actuellement chargé du patrimoine et de l’histoire au niveau de la wilaya d’Alger, a prononcé une allocution pour dire que si la Révolution a triomphé, c’est bien sûr, grâce à Dieu le Tout-Puissant, mais aussi aux immenses sacrifices du peuple algérien pour se libérer du colonialisme. Ce sont de vaillants militants comme « Ramel » et les autres moudjahidine et les chouhada qui ont fait triompher la Révolution. Ces combattants ont fait le serment devant Dieu de vaincre ou de périr. Avec beaucoup d’émotion, l’assistance a pu se rappeler les circonstances de la mort héroïque des quatre chouhada que sont Hadji Othmane dit « Ramel », Debbih Cherif dit « Si Mourad », Abdenour Benhafidh et Hamitouche Zahia.

    Hadji Othmane dit « Ramel » un martyr


    Les moudjahidine ont insisté, à cette occasion, sur la nécessité de léguer le message glorieux du Premier Novembre 1954, aux générations actuelles et futures afin de leur apporter une bonne connaissance de leur histoire.  Ils étaient donc quatre braves combattants à tomber au champ d’honneur le 26 août 1957, tous membres d’un réseau de fabrication de bombes qui opérait dans la Zone autonome d’Alger (ZAA), mise en place à la suite du congrès de la Soummam en août 1956.
    Ce jour-là, à 13 heures, les militaires parachutistes du 3e RPC, commandés par le colonel Bigeard, agissant sur dénonciation, encerclaient la demeure située précisément au 4, impasse Saint-Vincent-de-Paul, où Si Mourad et Ramel avaient installé leur PC. Des fusils-mitrailleurs et des armes légères furent pointés en direction de la maison où ils étaient assiégés de toutes parts.
    Les soldats défoncèrent la porte d’entrée principale pour se diriger vers l’étage supérieur. En les voyant débouler dans le patio, Ramel et ses compagnons les accueillirent par des tirs nourris abattant un sous-officier et un caporal-chef des zouaves. Pris de panique, les assaillants durent battre en retraite. Profitant du désordre, Nourredine Benhafid se glissa en rampant jusqu’à la pièce voisine pour ramener des munitions et des bombes. En face de la maison cernée, les mitrailleuses des paras tiraient sur la façade sans interruption.
     
    Les grands moyens
    Pour les empêcher de s’échapper par la terrasse, les hélicoptères étaient là, survolant les pâtés de maisons. Appuyé par un tir de barrage dirigé de tous les côtés, l’ennemi tenta une seconde offensive, mais nos fidayin les forcèrent à se replier. Zahia Hamitouche, l’arme au poing, s’écroula, fauchée par la mitraille alors qu’elle n’avait que 20 ans. Ils n’étaient plus que trois et l’étau se resserrait davantage. Benhafid fut à son tour touché mortellement par les tirs nourris des parachutistes.
    Ne voyant pas d’issue à ce combat inégal, Ramel et Si Mourad élaborèrent un plan à mettre immédiatement à exécution. Ramel demanda à parlementer, en proposant de se « rendre », lui et son compagnon, et comme par miracle, le feu cessa.

    Hadji Othmane dit « Ramel » un martyr

    Debbih Chérif (si Mourad)


    Afin de rendre crédible son plan de « reddition », Ramel déclara qu’il était prêt à remettre armes et documents présumés en sa possession. C’était une ruse de guerre en fait, car dans le même temps, Si Mourad était en train de régler le mécanisme d’une bombe. Cette dernière, camouflée dans un couffin, fut glissée à l’aide d’une corde le long de la façade. Mus par un sentiment de triomphe anticipé, des soldats se précipitèrent pour en saisir le contenu. L’explosion fit plusieurs morts et de nombreux blessés dont le capitaine Chabanne des services de renseignement et de la ‘‘gégène’’ de la 10e division des parachutistes. Le colonel Bigeard en réchappa de justesse. La fusillade reprit sur-le-champ, du haut des terrasses, les fusils-mitrailleurs balayaient la cour et la pièce où étaient coincés nos deux combattants.
    Désirant avant tout épargner les locataires, dont la maison risquait d’un moment à l’autre d’être dynamitée, Ramel et Mourad décidèrent de sortir et de continuer à se battre dans la rue. Ramel, le premier, franchit le couloir sous les tirs et le lancer de grenades secouant l’immeuble. Un feu nourri de son arme lui permit de se frayer un chemin jusqu’à l’impasse Saint-Vincent-de-Paul. Ainsi, Hadji Othmane dit ‘‘Ramel’’ sera stoppé net dans sa progression par la densité de la mitraille.
    Cependant, les explosions se succédèrent encore à un rythme effrayant. Deux officiers et un sous-officier du 3e RPC s’élancèrent alors vers une deuxième forme étendue à terre à une dizaine de mètres de l’endroit où tomba Ramel, une dernière déflagration gronda dans le dédale des ruelles de la Casbah.
    Quand le nuage de fumée produit par la poudre se fut dissipé, on vit trois paras à terre, le commandant Lenoir, adjoint du colonel Bigeard, et deux paras blessés aux jambes par des éclats de bombe. Debbih Cherif « Si Mourad » sortit à son tour, tenant à la main une bombe préréglée qu’il jeta dans la mêlée.
    Une rafale tirée dans sa direction atteignit la bombe qui explosa et « Si Mourad » tomba au champ d´honneur à son tour. Ainsi moururent les héros que l’Algérie a enfantés.
     

    M. Bouraib
     

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