• BELLOUMI Lakhdar

    BELLOUMI Lakhdar

     

    "L'artiste casanier"

     

     

     

    Il possède une carrière de joueur riche de 24 années. Il a réussi à avoir une renommée internationale en étant cité parmi les plus grands joueurs du monde, alors qu’il n’a joué que quelques matchs à l’extérieur du pays. C’est l’artiste du football à l’état pur, doté d’une technique et d’une feinte des yeux incroyable, il s’appelle Lakhdar Belloumi. Il vient de recevoir, samedi soir, le Prix spécial des trihebdomadaires sportifs algériens Compétition et El-Kora, pour l’ensemble de sa carrière et de son apport au football algérien.

     

    Il est l’un des rares joueurs à avoir joué à un niveau élevé de la compétition alors qu’il était âgé de 42 ans.Il a voulu donner l’exemple aux jeunes qu’avec de la volonté, on joue toujours sur un niveau élevé même  à un âge avancé.

     

    Tout joueur algérien caresse le rêve d’avoir une carrière aussi riche que celle de Lakhdar Belloumi, cet artiste hors pair. Ce jeune qui s’est forgé au maniement de la balle, comme tout Algérien, en tapant dans un ballon de chiffon.

    Y-a-t-il meilleure reconnaissance que celle de son premier entraîneur, Cheikh Sadek Lagha, qui dit de lui : « Dès les premiers contacts, j'ai su qu'en matière de gestes techniques purs, je n'avais rien à lui apprendre. C'est plutôt le contraire qui aurait pu se produire... ».

    Cette phrase résume, elle seule, ce don que possède l’inusable Lakhdar Belloumi, né dans une famille modeste à Mascara, un certain 29 décembre 1958. 

     

    BELLOUMI Lakhdar

    Quelle riche carrière!

    Ce fils d’un humble ouvrier agricole signe sa première licence à 14 ans au sein de la catégorie minime de l'O. SEMPAC, l'équipe d'une entreprise nationale évoluant à l'époque en Division d’Honneur.

    Un an plus tard, il est déjà repéré pour être sélectionné chez les cadets où il côtoiera Assad et Kouici.

    À 16 ans, il est titularisé en équipe senior, son premier match contre El Amria Oran se soldera par une victoire 3-0, les trois buts inscrits par le jeune Belloumi.

    À 17 ans il est convoqué en EN Junior aux côtés déjà de Merezkane, Kaci-Saïd et Madjer.

    Cependant, il ne tardera pas à rallier l'élite en rejoignant le MC Oran, sous les ordres de Saïd Amara, cet ex-international et éducateur qui lui permet d’apprendre les métiers de la balle ronde.

    Il rejoint surtout le grand club de l'Ouest où il évoluera aux côtés de Hadefi, Belkedrouci ou encore Tedj Bensaoula. Cette saison là,  il explosera littéralement, finissant meilleur buteur du championnat avant d'être convoqué en équipe nationale A.

    Il n'a pas encore 20 ans quand il s'impose déjà comme un titulaire indiscutable au sein de l'échiquier de Rachid Mekhloufi. Il finira la saison avec 3 buts en 9 sélections.

      

    1979/1980, il entre sous les drapeaux et rejoint par la même occasion le plus grand club algérien de l'époque, le grand MC Alger.

      

    En mars, il emmènera les Verts jusqu'en finale de la CAN pour la première fois de leur histoire et, malgré la défaite face au pays organisateur, il sera élu meilleur attaquant du tournoi entrant dans la légende africaine.

    Au début des années 80, il sera honoré par un Ballon d'Or africain remis par France Football.

    Alors qu'il pouvait signer où il voulait, il retournera chez lui en signant au modeste GC Mascara.

    Il allait presque signer avec la grande équipe italienne, la Juventus, n’était cette blessure en Libye qui l’oblige à quitter momentanément les terrains.

    La volonté de notre footballeur racé lui permet de revenir avec force et damer le pion à une redoutable équipe allemande lors du mondial 1982 où il avait inscrit un but mémorable.

      

    En 1984 et après avoir porté le brassard de capitaine face au Gremio Porto Alegre, viendra en février 1985 le grand match référence que certains estiment être le meilleur de toute sa carrière. Il affrontera au stade du 5-Juillet la grande équipe de la Juventus de Turin de Michel Platini (double Ballon d'Or) et Boniek, entraînée par Giovanni Trapattoni qu'il battra pratiquement à lui seul sur le score de 3-2.

    Encensé par la presse internationale et les plus grands techniciens, des clubs français tels le PSG ou Saint-Étienne, le Bayern Munich, le Barça ou encore la Juventus revenaient souvent à la charge pour l’enrôler. 

    Belloumi tutoie les nuages et va d'exploit en exploit au mois de Mars, enchaînant avec le club de son cœur une victoire 4-0 en Coupe des Clubs Champions puis, à nouveau 4-0,en équipe nationale en éliminatoires de la CAN 1986.

      

    En juin 1986, la Coupe du Monde le verra frôler l'exploit face au Brésil avant de sombrer face à l'Espagne. Une petite année pour un grand joueur qui subira comme toute l'équipe l'après Mexico et son cortège de commérages.

    Il tentera sa seule aventure professionnelle en 1986 en s'engageant avec l'équipe de Murcie en première division espagnole, mais il ne restera pas plus d'un mois avant de retourner au pays.

    Il continuera encore pendant une dizaine d'années à s'adonner à son plaisir favori. Il jouera pendant trois ans au club d'Al Sadd au Qatar avant de tenter une aventure sans lendemain dans un club français de troisième division. Il reviendra au MC Oran lors de la saison 1993/1994 avant de rentrer définitivement dans sa ville de toujours pour y jouer encore cinq saisons à l'échelon inférieur avant de raccrocher définitivement en 1999 à l'âge de 40 ans aprés un passage à l'ASM Oran.

    Il passera ensuite ses diplômes d'entraîneur en Allemagne où il finira major de sa promotion. Il entamera sa carrière  sur les bancs de touche au MCO durant quelques mois avant d'être nommé Manager Général à l'USM Bel Abbés. En 2003 il sera engagé par le club qatari d'El Tadhamoun en deuxième division, mais il ne restera qu'un petit mois alors que son club était en deuxième position. Revenu au pays, il réintègre les rangs du GC Mascara au poste de Manager réussissant la montée, ce qui n'était plus arrivé depuis 1987. On lui confiera la barre technique à l'entame de la saison 2004/2005 avant de la lui retirer. Il ne chômera pas longtemps puisque, deux mois plus tard, il est appelé par Ali Fergani pour le seconder à la tête de l'équipe nationale. Il devient par la suite Manager de l’ES Mostaganem.

    Belloumi, était, est, et restera l’un des plus grands joueurs de football qu’a enfanté l’Algérie.

     

    Belloumi a joué son 1er match officiel avec l'EN alors qu'il portait les couleur du MCA en Septembre 1979. 

    Durant les 2 saisons de Lakhdar Belloumi au MCA (1979/1980 et 1980/1981), il a qualifié le MCA en 1/4 de final de la champions league Africaine, il a remporté le Ballon d'OR, il a emmené l'Algerie en 1/2 finale des JM de Split, il a emmené l'Algérie en finale de la CAN de Lagos 1980, il a emmené l'Algérie en 1/4 des JO de Moscou 1980 et finalement il a qualifié l'Algérie en coupe du monde Espagnole 1982.  

     

    Ils ont dit de lui :

    Rachid Mekhloufi (Entraîneur de l'EN) : « Lors de sa première sélection contre le Malawi, je lui ai demandé de jouer comme il savait le faire. Je n'avais même pas besoin de le canaliser. Rien n'était superflu dans son jeu ».

     

    Raymond Domenech (Entraîneur de Mulhouse) : « Quel formidable meneur de jeu ce gars là, il vaut bien un quatuor d'attaquants ! » Septembre 1985

     

    Bilima Kigoma (Entraîneur du Zaïre) : » Belloumi est un grand joueur. On ne dirait pas que c'est Africain, on dirait un Brésilien ! »

     

    Mahieddine Khalef (Entraîneur de l'EN) : «  On ne savait plus qui était le Brésilien, Lakhdar ou les autres. Il a été formidable, je suis fier de lui ! » Après le match de Gala de la FIFA en 1982.

     

    LAKHDAR BELLOUMI

    (EX-MENEUR DE JEU DE L’EN DES ANNÉES 1980)

    Le magicien du ballon

    Lakhdar Belloumi, ex-joueur du GCM, du MCO, de l’USMBA, du SCAF, de l’ASMO, du MCA et surtout de l’équipe nationale des années 1980, est une légende du football national.

    Aussi d’aucuns le considèrent à bon droit comme le plus grand stratège algérien de tous les temps et parmi les meilleurs n°10 au monde. Il enflammait les foules. A lui seul, il assurait le spectacle. Avec sa technique raffiné, son intelligence, sa clairvoyance, ses passes millimétrées lui donnant toujours un temps d’avance sur ses coéquipiers et adversaires, ses coups de génie, dont lui seul avait le secret, Lakhdar offrait aux puristes de grands moments de plaisir.

    Avec ses 147 sélections, il est le plus capé de tous les internationaux algériens (peut-être au monde selon certains spécialistes des statistiques). De 1978 à 1989, l’enfant prodige de Mascara s’est imposé comme le dépositaire du jeu algérien. Avec lui, la joie de jouer, de créer, n’est pas un simple vœu. Elle n’est jamais absente. Son point fort, la déviation de l’extérieur du pied qui déstabilisait les adversaires les plus avertis. Joueur d’exception, l’ancien meneur des Verts a poli un palmarès des plus éloquents.

    Participation à quatre coupes d’Afrique, deux coupes du monde (82 et 86), sacré meilleur joueur algérien, arabe et africain, ballon d’or africain en 1981. 

    Sélectionné dans l’équipe du reste du monde aux côtés des Zico, Socrates, Junior, Falcao, Nikono....et celle de la sélection arabe. Durant la folle épopée de l’EN en coupe du monde de 82 à Gijon, Lakhdar, tout comme les Madjer, Assad, Zidane, Dahleb, Merzekane, Cerbah, Guendouz, Mansouri, Korichi, Fergani, réussit sous les yeux du monde entier à donner davantage de mesure à son déjà immense talent. 

    Lors de la victoire de l’Algérie (2-1) devant l’ogre allemand des Briegel, Stilike, Rummunige..., le numéro dix des Verts inscrit, suite à une étourdissante action collective, le but de la victoire. Roi du contre-pied et de la feinte et malgré la sûreté du geste, Lakhdar attisait souvent les crampons malintentionnés.

    Le 15 mars 1985 à Tripoli, à l’occasion du match de coupe d’Afrique joué entre l’Ittihad local et le CG Mascara, le maître à jouer algérien fit l’objet d’une agression caractérisée qui lui occasionna une blessure au tibia droit. Une blessure qui choquera tous les Algériens et qui privera pratiquement Lakhdar d’une carrière professionnelle tant promise et qui lui tendait merveilleusement les bras. Il ratera de très peu d’importants contrats avec Murcea (Espagne), l’OGC Nice, Bordeaux, l’AS Saint Etienne, et même le FC Barcelone.

    Joueur de caractère, Lakhdar n’était pas du genre à avoir la langue dans sa poche, il disait réellement ce qu’il pensait. Notre magicien du ballon était aussi pour ceux qui l’ont connu et approché de près un homme de cœur et d’honneur. 

    En somme, bien heureux sont ceux qui ont eu la chance de le voir à l’œuvre

    Abdenour Belkheïr.

    «Le Barça me voulait»

    Que devient Lakhdar Belloumi ?

    Je suis toujours dans le milieu du football, même si je me fais un peu discret. En effet, j’occupe le poste de manager général au GC Mascara, le club de mes premières amours.

    Avez-vous gardé en mémoire le parcours de votre riche et longue carrière ?

    C’est en minimes, en 1972, que j’ai signé ma première licence avec l’équipe de la Sempas de Mascara dont j’ai porté les couleurs durant trois autres saisons. Durant la saison 1976/77, je fais partie de l’EN junior, et j’ai opté, par ou concours de circonstances, au SCAF.

    La saison d’après, 1977/78, à l’avènement de la réforme sportive, je retourne à Mascara qui évolue en régionale. Durant l’exercice suivant, je fais mon baptême du feu avec l’élite. Je signe au MCO à l’âge de 20 ans. Ça se précipite pour moi puisque après seulement trois mois de présence chez les Hamraoua, je suis convoqué en EN.

    Je n’avais pas encore bouclé mes vingt ans, le 16 octobre 1978. Contraint de changer d’air de nouveau, j’entame mon service national à l’EMEPS de Béni-Messous durant la saison 1979/80 en portant les couleurs du MCA. Je passe deux inoubliables saisons avec les fameux Chnoua qui m’ont vite adopté. Avec le MCA je prends part à la coupe d’Afrique. On est éliminés par le Canon de Yaoundé en 1/4 de finale. La saison d’après, on prend le meilleur Stella Abidjan. J’ai eu l’honneur de marquer le but qualificatif dans le temps additionnel au match retour qui a eu lieu au stade du 20-Août. Mon service national terminé, je retourne au GC Mascara où je passe six années consécutives. En 1988/89, je porte les couleurs du MCO. Avec une équipe homogène et un encadrement compétent, nous sommes sacrés champions d’Algérie. La saison d’après, je tente l’expérience à l’étranger avec le club al Arabi de Doha.

    Pas motivé dans ce championnat de faible niveau et ne regroupant que six équipes, je demande ma libération au mercato, au profit du MCO avec lequel je perds la finale de la coupe d’Afrique contre le Raja de Casablanca. La saison d’après, je signe à l’USMBA qui fait partie de la division Une. A la fin de saison, retour à Mascara où je passe deux saisons. En 1994/95, j’allais encore une fois au MCO, que je quitte après une saison au profit de l’ASMO. Je passe une année au CGM avant de retrouver en 1998/99 le MCO. Mon match d’adieu je le joue durant la saison 2000 à Mascara contre l’USMB.

    Combien de sélections et de buts comptez-vous avec l’EN A ?

    Je comptabilise, de 1978 à 1989, 147 sélections, ce qui constitue le record en Algérie et peut-être même mondial, qui aurait pu être officiellement établi si la FAF envoyait régulièrement les feuilles de matchs à la FIFA. J’ai inscrit pour le compte de l’équipe nationale 34 but. Dans le cadre du championnat national, j’ai porté à plus de 200 mon capital buts.

    A votre palmarès vous avez accroché plusieurs distinctions et titres pouvez-vous nous les rappeler ?

    J’ai pris part à 4 coupes d’Afrique des nations celles de 80 au Nigéria, 82 en Libye, de 84 en Côte-d’Ivoire et de 88 au Maroc. Avec l’EN, j’étais également présent aux JO de Moscou en 80, à deux phases finales de coupe du monde. J’ai été sacré ballon d’or africain et meilleur athlète africain, toutes disciplines confondues en 1981. J’ai fait partie en 1982 de la sélection arabe qui a battu la Hollande à Doha par 4 buts à 2. J’avais réalisé ce jour là un doublé. 

    Durant la même année, j’ai l’insigne privilège de figurer dans la sélection du reste du monde qui a été battue à New York par la sélection d’Europe par 3 buts à 2. Là aussi, j’ai réussi à inscrire un but pour la sélection du reste du monde où figuraient d’illustres joueurs tels les Brésiliens Zico, Falcao, Socrates, Junior. Je n’omettrais pas de signaler qu’en 78 j’ai été sacré meilleur joueur algérien, arabe et africain.

    Que retenez-vous comme meilleur souvenir ?

    La coupe du monde 82 et la victoirecontre le géant allemand. Le but victorieux que j’ai inscrit a été pour moi la cerise sur le gâteau.

    Quel est votre plus mauvais souvenir ?

    La blessure contractée le 15 mars 1985 à Tripoli à l’occasion du match de Coupe d’Afrique des clubs joué entre l’Ittihad de Tripoli et le GC Mascara. Je remercie au passage les responsables algériens qui ont vite pris la décision de m’évacuer vers Paris où j’ai été opéré.

    Vous avez raté une carrière professionnelle qui s’annonçait fort prometteuse 

    Le jour où j’étais décidé de partir à l’étranger, j’ai contracté cette blessure de Tripoli. Avec l’équipe espagnole de Murcea, j’ai signé un contrat d’une année que j’ai sur place annulé, car ce jour là, les dirigeants de Mascara où j’étais encore signataire, qui étaient hébergés, contre toute attente, avec les dirigeants espagnols à l’hôtel Aurassi, m’ont pris en flagrant délit de négociations. Ils m’ont convaincu d’annuler le contrat et de rester à Mascara. J’ai failli signer avec le PSG, l’OGC Nice, l’AS Saint-Etienne. 

    Le célèbre entraîneur Helenio Herrera, qui entraînait le Barça, qui m’a supervisé en 1981 à Constantine à l’occasion du match Algérie-Nigéria comptant pour la qualification au mondial de 82, m’a contacté pour signer au Barça. Je n’ai pu répondre à toutes ces offres car nous n’avions pas le droit de quitter le pays à moins de 28 ans.

    Quelle comparaison faites-vous entre l’EN des Belloumi, Madjer, Assad,...et celle de ces dernières années ?

    L’équipe des années 1980 n’est pas le fruit du hasard. C’est grâce à un travail de longue haleine, des compétences de l’encadrement, et d’une politique stable et cohérente que notre génération a atteint la notoriété qu’on connaît. De nos jours, les compétences sont marginalisées. Pour qu’il sorte de la très mauvaise passe, notre football doit impérativement revenir aux footballeurs. L’Etat doit inévitablement s’impliquer pour mettre terme à cette situation.

    Que vous a apporté le football ?

    Matériellement pas grand-chose, comparativement à ce qu’il peut apporter aujourd’hui aux joueurs. Sur le plan humain, le football m’a aguerri, forgé. Le football a été pour moi une réelle école de vie. En jouant au football au plus haut niveau, j’ai beaucoup voyagé, connue les différentes couches sociales et vécu décemment avec ma famille.

    Et si c’était à refaire ?

    Je le referai sans hésitation.

    Quel a été le joueur le plus complice avec vous ?

    Notre génération était soudée comme les doigts d’une main. Je m’entendais avec tout le monde. Toutefois, j’ai une préférence pour Salah Assad avec qui j’ai partagé le plus de temps. On a joué ensemble en équipe nationale cadet junior, militaire et «A». 

    J’ai été à maintes reprises invité chez la famille Assad, que je remercie au passage pour toute l’attention qu’elle m’a témoignée.

    Quel est le défenseur que vous craigniez le plus ?

    A vrai dire, à l’échelle internationale, personne ne m’impressionnait. En Algérie, j’ai toujours fait attention au jeu physique et agressif de Boukadoum de la JSK, de Maïche du NAHD et de Herabi de l’USMH. Ils ne me ménageaient guère.

    Y a-t-il un entraîneur qui vous a marqué durant votre carrière ?

    Saïd Amara, qui m’a mis dans le grand bain du haut niveau, et m’a permis de compléter mon registre pour m’avoir suivi dès mon jeune âge, est incontestablement l’entraîneur qui a le plus forcé mon respect et ma reconnaissance. Mekhloufi, Mahi, Khalef et Rogov m’ont aussi laissé une excellente impression.

    Votre dirigeant modèle ?

    Je n’oublierai jamais le président du MCO, Kacem Eliman. C’est un homme de cœur et de parole. Avec lui, le MCO a connu ses meilleurs moments de gloire.

    Votre homme politique préféré ?

    Le président de la République Abdelaziz Bouteflika pour avoir permis aux Algériens de retrouver le sourire et vivre en paix. 

    Je profite de l’occasion qui m’est offerte pour lui souhaiter un prompt rétablissement et une longue vie.

    Que pense Belloumi de l’apport des joueurs et entraîneurs étrangers ?

    Ils ne sont hélas d’aucune utilité pour l’heure actuelle. Qu’ils soient joueurs ou entraîneurs, les locaux sont nettement meilleurs, pour peu qu’ils travaillent plus.

    N’êtes-vous pas intéressé pour relancer votre carrière d’entraîneur ?

    J’ai déjà entraîné le MCO, le GCM, SBA, l’EN A avec Ali Fergani et deux clubs au Qatar, l’OM Sallal et le Nadi Itifak. Sachez que je suis titulaire d’un diplôme de haut niveau décroché en Allemagne en 2000 et reconnu par la FIFA. Avec ce diplôme de type licence A, je suis autorisé à entraîner n’importe quelle équipe nationale au monde.

    Alors Lakhdar Belloumi de nouveau entraîneur national ?

    C’est avec un grand plaisir que je mettrais mon expérience au service de notre football. Sachez toutefois que j’ai des contacts avec certains clubs huppés marocains et tunisiens. Je serais fixé d’ici l’été 2007. Pour l’heure je suis à Mascara où j’assure ma mission d’entraîneur-manager.

    Choisissez-vous les trois meilleurs joueurs algériens de tous les temps ? 

    Mekhloufi, Lalmas et Madjer que je rencontre avec plaisir lors des différents matches de gala.

    Votre passe temps favori ?

    Pas beaucoup de place aux distractions. Le football meuble tout mon temps. Il m’arrive de jouer de temps à autre avec les anciens, comme Drid, Horr, Kouici, Bencheïkh, Fergani, Guendouz, Megharia, Menad, Assad.

    Quel est votre joueur étranger modèle ?

    Depuis mon jeune âge j’ai eu de l’admiration pour Michel Platini. Le hasard a voulu que je joue contre lui à New York à l’occasion du match reste du monde contre la sélection d’Europe. A la fin du match, il m’a dit qu’il a été impressionné par mes qualités et m’a recommandé de jouer en Europe.

    Quel est le journaliste sportif que vous appréciez ?

    Mohamed Sellah. Il est expérimenté, professionnel jusqu’au bout des ongles. Il a le sens de l’observation et de la communication.

    Etre heureux, c’est quoi ?

    C’est être avec sa famille, en bonne santé et vivre dans la tranquillité.

    Pour conclure ?

    Je remercie le journal Horizons pour m’avoir donné la possibilité de m’exprimer. Je saisis l’occasion pour demander aux anciens internationaux de s’unir afin de reprendre en mains les affaires de notre football. L’exemple de la glorieuse équipe du FLN est là pour nous encourager à prôner l’union sacrée

    Entretien réalisée par Abdenour B.

     

    BELLOUMI Lakhdar au Mouloudia

     

    Saison 1978 / 1979 , Signataire au MPO (MCO) Belloumi étant militaire et muté à l'EMEPS (Béni Messous Alger)

    il est retenu dans l'effectif des oranais et joue même un match contre le MAHD (NAHD) dans le cadre de la 4ème journée du championnat.....le MPO gagna sur le score de 1-0 mais perd sur tapis vert, car la réglementation pour les militaires stipule que tout joueur muté à Alger (ou autre région) doit jouer dans un club de sa région militaire.....

    Belloumi, refuse de rallier Alger préférant Mascara, Djamel Houhou (ministre sinistre du sport) est catégorique si le joueur est muté à Mascara jouera pour le club de la région.

    Dans le même cadre Bendjabbalah Derradji (EPS -ESS) et Meshoul (CMC-CSC) sont aussi mutés à l'EMEPS signent respectivement au MPA (MCA) et IR Santé , deux clubs d'Alger.

    Belloumi , la mort dans l'âme, signe au MPA (MCA).....benjabalah derradji joue 3 matches avec le MPA (MCA) et quitte le club.....Belloumi lui par contre va y rester 2 saisons, en alternant le bon et le moins bon , il connaîtra des sensations merveilleuses en déclarant à chaque fois : je ne regrette pas ce choix.

    1er match avec le MCA 

    - Vendredi 9.11.1979 au stade du 20 Août , 5ème journée CMB (CRB) - MPA (MCA) 3-0

    1 er but de Belloumi avec le MCA 

    - Vendredi 18.1.1980 à Bologhine, 10ème journée MPA -I R Santé 4-1 à la 77'

    son 1er Derby

    - Vendredi 26.1.1980 MPA (MCA) - Hadouk 0-0

    Appelé en EN Militaire il multiplie les prouesses, il rejoint aussi l'EN A , il va participé au retentissant exploit de Casablanca en écrasant le Maroc 1-5 ...il sera retenu dans les 18 pour la CAN 1980 au Nigéria (Finaliste) et les 17 pour les Jeux Olympiques de Moscou (1/4 de finaliste) avec son coéquipier du MCA Mahiouz

     

    Saison 1979/1980

    - MCA

    il a joué 10 matches au moins avec le MPA (MCA) en Championnat, en inscrivant 5 buts.....et 4 matches en coupe d'Afrique des Clubs inscrivant 4 buts

    - EN (13 matches - 5 buts)

    9.12.1979 à Casablanca Maroc-EN 1-5 

    21.12.1979 à Alger EN-Maroc 3-0 (1 but)

    9.31980 CAN Poule Ghana-Algérie 0-0

    13.31980 CAN Poule Maroc-Algérie 0-1 (1 but)

    16.31980 CAN Poule Guinée-Algérie 2-3

    19.31980 CAN 1/2 finale Egypte-Algérie 2-2 (EN aux tirs aux buts)

    22.31980 CAN Finale Nigéria-Algérie 3-0

    31.5.1980 Elim. CM à Freetown Sierra Leone-Algérie 2-2 (1 but)

    13.6.1980 Elim. CM à Oran Algérie-Sierra Leone 3-1

    20 juillet 1980 J.O de Moscou Poule à Minsk Algérie-Syrie 3-0 (1 but)

    22 juillet 1980 J.O de Moscou Poule à Kiev Algérie-RDA 0-1

    24 juillet 1980 J.O de Moscou Poule à Minsk Algérie-Espagne 1-1 (1 but ....qui Qualifie l'EN en 1/4 de finale) 

    27 juillet 1980 J.O de Moscou 1/4 de finale à Minsk Algérie-Yougoslavie 0-3

     

    Saison 1980/1981

    - MCA

    il a joué au moins 10 matches inscrivant 3 buts (Blessé contre l'USMH , il est éloigné des terrains pendant 3 mois), alors qu'en coupe d'Afrique des Clubs il n'a joué que le 1/4 de finale Aller à Yaoundé contre le vainqueur de l'édition le Canon de N'Kono , il rate le match retour au stade du "20 Août" à cause de cette méchante blessure contractée en Championnat)

    - EN ( 4 matches - 2 buts)

    3.4.1981 Amical à Oran Algérie-Sénégal 2-0

    10 avril 1981 Elim. CAN à Oran Algérie-Mali 5-1

    1 mai 1981 Elim. CM à Constantine Algérie - Niger 4-0 (2 buts)

    31 mai 1981 Elim. CM Niger- Algérie 1-0

     

    Distinction

    - Décembre 1981 Ballon d'or Africain de France Football

     

     


    votre commentaire
  • Hadji Othmane dit « Ramel »

    Hadji Othmane dit « Ramel »

    Un fervent Mouloudéen

    Les moudjahidine se sont inclinés à la mémoire d’un martyr tombé les armes à la main, au champ d’honneur en compagnie des martyrs Debbih Cherif dit « Si Mourad », Abdenour Benhafidh et Hamitouche Zahia le 26 août 1957 à l’issue d’un violent accrochage avec les forces coloniales au niveau de l’impasse Mokrane Zouaoui (ex-Saint Vincent de Paul), à la Casbah d’Alger.
     Hadji Othmane dit « Ramel », est un vaillant combattant qui, dès 1956, a rejoint les rangs de la Révolution où il s’est illustré avec courage et abnégation avec son compagnon d’armes, le chahid Abderrahmane Arbadji.
    Le moudjahid Mahmoud Arbadji, actuellement chargé du patrimoine et de l’histoire au niveau de la wilaya d’Alger, a prononcé une allocution pour dire que si la Révolution a triomphé, c’est bien sûr, grâce à Dieu le Tout-Puissant, mais aussi aux immenses sacrifices du peuple algérien pour se libérer du colonialisme. Ce sont de vaillants militants comme « Ramel » et les autres moudjahidine et les chouhada qui ont fait triompher la Révolution. Ces combattants ont fait le serment devant Dieu de vaincre ou de périr. Avec beaucoup d’émotion, l’assistance a pu se rappeler les circonstances de la mort héroïque des quatre chouhada que sont Hadji Othmane dit « Ramel », Debbih Cherif dit « Si Mourad », Abdenour Benhafidh et Hamitouche Zahia.

    Hadji Othmane dit « Ramel » un martyr


    Les moudjahidine ont insisté, à cette occasion, sur la nécessité de léguer le message glorieux du Premier Novembre 1954, aux générations actuelles et futures afin de leur apporter une bonne connaissance de leur histoire.  Ils étaient donc quatre braves combattants à tomber au champ d’honneur le 26 août 1957, tous membres d’un réseau de fabrication de bombes qui opérait dans la Zone autonome d’Alger (ZAA), mise en place à la suite du congrès de la Soummam en août 1956.
    Ce jour-là, à 13 heures, les militaires parachutistes du 3e RPC, commandés par le colonel Bigeard, agissant sur dénonciation, encerclaient la demeure située précisément au 4, impasse Saint-Vincent-de-Paul, où Si Mourad et Ramel avaient installé leur PC. Des fusils-mitrailleurs et des armes légères furent pointés en direction de la maison où ils étaient assiégés de toutes parts.
    Les soldats défoncèrent la porte d’entrée principale pour se diriger vers l’étage supérieur. En les voyant débouler dans le patio, Ramel et ses compagnons les accueillirent par des tirs nourris abattant un sous-officier et un caporal-chef des zouaves. Pris de panique, les assaillants durent battre en retraite. Profitant du désordre, Nourredine Benhafid se glissa en rampant jusqu’à la pièce voisine pour ramener des munitions et des bombes. En face de la maison cernée, les mitrailleuses des paras tiraient sur la façade sans interruption.
     
    Les grands moyens
    Pour les empêcher de s’échapper par la terrasse, les hélicoptères étaient là, survolant les pâtés de maisons. Appuyé par un tir de barrage dirigé de tous les côtés, l’ennemi tenta une seconde offensive, mais nos fidayin les forcèrent à se replier. Zahia Hamitouche, l’arme au poing, s’écroula, fauchée par la mitraille alors qu’elle n’avait que 20 ans. Ils n’étaient plus que trois et l’étau se resserrait davantage. Benhafid fut à son tour touché mortellement par les tirs nourris des parachutistes.
    Ne voyant pas d’issue à ce combat inégal, Ramel et Si Mourad élaborèrent un plan à mettre immédiatement à exécution. Ramel demanda à parlementer, en proposant de se « rendre », lui et son compagnon, et comme par miracle, le feu cessa.

    Hadji Othmane dit « Ramel » un martyr

    Debbih Chérif (si Mourad)


    Afin de rendre crédible son plan de « reddition », Ramel déclara qu’il était prêt à remettre armes et documents présumés en sa possession. C’était une ruse de guerre en fait, car dans le même temps, Si Mourad était en train de régler le mécanisme d’une bombe. Cette dernière, camouflée dans un couffin, fut glissée à l’aide d’une corde le long de la façade. Mus par un sentiment de triomphe anticipé, des soldats se précipitèrent pour en saisir le contenu. L’explosion fit plusieurs morts et de nombreux blessés dont le capitaine Chabanne des services de renseignement et de la ‘‘gégène’’ de la 10e division des parachutistes. Le colonel Bigeard en réchappa de justesse. La fusillade reprit sur-le-champ, du haut des terrasses, les fusils-mitrailleurs balayaient la cour et la pièce où étaient coincés nos deux combattants.
    Désirant avant tout épargner les locataires, dont la maison risquait d’un moment à l’autre d’être dynamitée, Ramel et Mourad décidèrent de sortir et de continuer à se battre dans la rue. Ramel, le premier, franchit le couloir sous les tirs et le lancer de grenades secouant l’immeuble. Un feu nourri de son arme lui permit de se frayer un chemin jusqu’à l’impasse Saint-Vincent-de-Paul. Ainsi, Hadji Othmane dit ‘‘Ramel’’ sera stoppé net dans sa progression par la densité de la mitraille.
    Cependant, les explosions se succédèrent encore à un rythme effrayant. Deux officiers et un sous-officier du 3e RPC s’élancèrent alors vers une deuxième forme étendue à terre à une dizaine de mètres de l’endroit où tomba Ramel, une dernière déflagration gronda dans le dédale des ruelles de la Casbah.
    Quand le nuage de fumée produit par la poudre se fut dissipé, on vit trois paras à terre, le commandant Lenoir, adjoint du colonel Bigeard, et deux paras blessés aux jambes par des éclats de bombe. Debbih Cherif « Si Mourad » sortit à son tour, tenant à la main une bombe préréglée qu’il jeta dans la mêlée.
    Une rafale tirée dans sa direction atteignit la bombe qui explosa et « Si Mourad » tomba au champ d´honneur à son tour. Ainsi moururent les héros que l’Algérie a enfantés.
     

    M. Bouraib
     


    votre commentaire
  • Amada

    Amada Ibrahim Samuel 

    Seul Malgache du Mouloudia

     

     

    le désormais ancien milieu de terrain de l’ESS Amada a signé hier au Mouloudia Club d’Alger  un contrat de deux ans pour un salaire de 200 millions de centimes et cela après avoir écarté la piste du Malien Sidibé qui a rejoins les Rouge et Noir de Soustara.

    Comme tout le monde le sait, le DS du MCA Kamel Kaci-Saïd avait l’intention de faire signer un contrat à Sidibé surtout après qu’il a récupéré sa lettre de libération, mais le joueur a choqué le peuple du Mouloudia quand il a déclaré qu’il ne veut pas jouer au Mouloudia. A partir de là, les dirigeants du club phare de la capitale ont décidé d’écarter la piste de ce joueur qui est devenu en un laps de temps court le mal- aimé des supporters du Mouloudia. Kamel Kaci-Saîd avait une autre piste, celle du Malgache Amada avec qui les contactes ne se sont jamais interrompus et c’est hier que l’ancien joueur de l’ESS a signé son contrat avec le vieux club algérois et du coup il sera la dernière recrue du Mouloudia lors du mercato estival. Il faut rappeler qu’Amada était sur le point de signer au Mouloudia Club d’Alger en 2015 lorsque le technicien portugais Artur Jorge était à la tête du staff technique du Mouloudia Club d’Alger, mais le joueur qui voulait partir jouer à Lens avait finalement opté pour l’ESS.

    Et il a fallu attendre jusqu’à l’été 2017 pour voir le Malgache opter pour le Mouloudia lui qui a gagné le titre de champion avec les Sétifiens et finaliste de la coupe de l’Algérie qu’il a perdue contre le Chabab de Belouizdad.

    Ainsi donc, le Mouloudia Club d’Alger a assuré son deuxième joueur étranger hier qui est Amada après le Nigérian Barnabas Imenger

    Amada

    Né le 28 février 1990 (27 ans), Antananarivo, Madagascar

     

     


    votre commentaire
  • Barnabas Imenger Junior

    Barnabas Imenger Nanen Junior

    Attaquant des "Green Eagles" 

     

    On est le Samedi 29.7.2017 à quelques jours de la fin du mercato estivale, un joueur africain arrive au siège en compagnie de son manager Mekidèche Nacer (ex international Algérien)  afin de négocier sa venue au Mouloudia d’Alger. C’est un Nigérian de 26 ans qui évoluait dans un club au Nigeria, le Lobi-stars. Un avant-centre dont on ne dit que du bien. Il fait 1m79. Il est en tout cas bien décidé à s’imposer. Il assure qu’avec lui le MCA marquera beaucoup de buts, car c’est son rôle de marquer. En tout cas, en fin d’après-midi de ce Samedi, Barnabas a officialisé sa venue. Les deux parties ont discuté et ont négocié. Elles ont trouvé un terrain d’entente sur un salaire de 7500 euros. Le joueur s’est engagé avec un contrat de deux ans. Il a été ensuite présenté à la presse en présence de Kaci-Saïd, le manager général Nasser Bouiche et le DFC Djamel Merbout.

    Barnabas Imenger Nanen Junior

     avec les couleurs de Lobi Stars Nigéria

    Barnabas Imenger Nanen Junior

    Fils d’un ancien international, Imenger a joué avec Lobi Stars, Kwara United et Trelleborgs
    Junior est le fils d’un ancien international qui a fait ses classes au Kwara United, une ancienne connaissance. Né le 24 novembre 1991, Imenger a signé 23 buts avec son club formateur de 2010 à 2012. Par la suite, le joueur rejoindra l’équipe de Trelleborgs qui évolue en D2 du championnat suédois avec un seul but à la clé. Le jeune goléador fera un retour à la maison mais au sein de la formation de Lobi Stars avec laquelle il plantera 16 banderilles de 2013 à 2017.
    Il a pris part au CHAN avec le Nigeria en 2014
    Imenger a rejoint les rangs du Mouloudia avec le statut d’ancien international. En effet, lorsqu’il était au sommet de son art, Junior a été convoqué en sélection nationale des locaux pour le CHAN 2014 au cours duquel, le Nigeria terminera à la 3e place. L’attaquant compte 10 sélections avec l’EN des locaux démontrant qu’il possède une certaine notoriété au niveau national.
    Il  portera le n° 11
    On sait que le joueur africain devrait passer la visite médicale pour finaliser le dossier du transfert. Par ailleurs, le centre-avant devra porter le numéro 11 la saison prochaine, qui était celui de Djamaouni.

     

     


    votre commentaire
  • La Doyenne des supporteurs Mouloudéens

    Salhi Messaouda Née Aliane.

    Doyenne de la Citadelle au parcours impressionnant

     

    «Il y a 100 ans, je vivais à La Casbah»

     

     

    Parcours

     

    Mère courage, Messaouda, qui va boucler ses 102 ans, a traversé le siècle dernier avec ses bruits et ses fureurs, ses tragédies et ses humeurs !
    Elle est mère de cinq garçons et une fille et arrière-grand-mère, dont la lignée a atteint 103 enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants.

    Elle a vécu à La Casbah d’Alger qu’elle raconte d’une manière exquise. Elle a effectué le hadj à deux reprises du temps de l’occupant français en ralliant les Lieux Saints en avion et par bateau.

    Elle compte 6 omras, dont la dernière en 2015 à l’âge de 100 ans. Entourée de l’affection des siens, elle n’a pas changé d’un iota ses habitudes et son comportement exemplaire.

    La Doyenne des supporteurs Mouloudéens

    «Toujours l’audace a forcé le triomphe. vaincus sont ceux qui n’espèrent pas vaincre.» J. Olmero

     

    Elle est née en 1915 à Beni Slimane, près de Tablat. A l’âge de 3 ans, toute la famille est venue s’installer à Douéra dans une grande maison, «Dar el facteur», implantée dans une superficie d’un hectare d’arbres fruitiers. A la mort de sa mère alors qu’elle n’avait que 5 ans, la famille a vendu ce bien pour aller s’installer à Safardina (lire saint Ferdinand, l’actuelle Souidania).

     

    «Quand notre père allait travailler, il fermait la porte à clef et nous laissait seuls, mes frères Ahmed, Mohamed et moi, jusqu’à son retour et nous préparait toujours le même plat de pomme de terre. Mon père s’est remarié et on s’est installés à Sidi Ben Ali dans La Casbah. Mon père a réussi à avoir une table au marché Nelson de Bab El Oued, où il vendait des agrumes et des fruits. A sa vieillesse, il ne pouvait plus escalader tous les escaliers de La Casbah. Il a loué une maison au quartier Macmahon, rue de la Marine qui s’illustrait par ses maisons turques, avec des patios, des balcons intérieurs, des chambres à l’étage.

     

    J’étais encore enfant. En face, il y avait une maison ancienne appartenant à Bach Ammar occupée par des Italiens, des Espagnols et des Juifs. Le rez-de-chaussée servait de magasins tenus par des Mozabites qui y logeaient. Le propriétaire avait assigné les occupants à quitter les lieux à cause de la vétusté, mais sans résultat. Une nuit, à 0 heure, cette maison s’est effondrée et tous les occupants ont péri. Cela s’est passé en 1927.»

     

    Mariée en 1930 à l’âge de 15 ans

    En 1930, Messaouda se marie avec Salhi Rabah dit El Ouahrani, mais la transcription à l’état civil ne s’est faite qu’en 1933 après la naissance de son premier fils Omar. La mariée était venue avec une caisse décorée et peinte en vert avec serrure. Quelques «sourdis» constituaient la dot. «Mon mari me laissait 4 douros pour les dépenses de la semaine. Mon mari Rabah Salhi avait une table à Meissonnier en 1931.

     

    La famille avait loué une maison à l’impasse Caton appartenant à Moh Tach, dont l’épouse Yamna m’a beaucoup aidée non seulement pour m’occuper de mon bébé Omar, mais aussi pour m’apprendre à cuisiner, car je ne connaissais rien dans ce domaine. Une voisine, en allant acheter des chaussures à la rue d’Isly a été percutée par le tramay, laissant derrière elle une fille de 10 ans, Zahia ; comme la petite n’avait plus personne, c’est moi et Yamna qui l’avions recueillie. Elle est restée jusqu’à son mariage avec un autre orphelin.

     

    Dans cet espace, habitait avec nous Abdelkrim Dali qui a animé la fête de mariage des orphelins.» Messaouda recueillera d’autres orphelins. «Dans l’impasse, il y avait une maison qui appartenait à une femme qui s’appelait ‘‘El Maakra’’ et dont le mur était mitoyen à notre habitation. Elle vivait avec sa sœur.»

     

    L’histoire légendaire des deux sœurs est racontée dans les menus détails parmi les voisins ; il y avait Meriem Fekaye, la célèbre chanteuse des années 1930, et son frère Messaoud Kerarsi. Fekaye était un pseudonyme, car il était honteux et impudique pour une femme de chanter, d’ailleurs, son frère ne lui adressait plus la parole.

     

    C’est la chanteuse Tetma de Tlemcen qui a transmis le chant à Meriem, qui à son tour a appris à Fadila Dziria le chant algérois. Les fêtes se passaient dans les «wast eddar» avec des chanteurs de chaâbi comme Omar Mekraza, El Anka, M’rizek, Hadj Menouer. Les Juifs faisaient les mêmes fêtes animées par les mêmes chanteurs. Les soirées étaient consacrées aux «boukalate».

     

    Les jeunes filles et jeunes femmes se regroupaient, emplissaient une jarre dans sept fontaines de La Casbah et y mettaient sept brins de bois, recueillis de sept portes, le tout recouvert par la chéchia d’un célibataire. La jarre était posée par quatre pouces de deux femmes, la jarre tournoyait et les autres femmes introduisaient dans la jarre un objet personnel, bague, bouton, et chacune d’elles, secrètement, faisait un vœu. Les soirées se poursuivaient tard dans la nuit.

     

    La famille a déménagé à la rue de Chartres où est né Mohamed en 1935 pour retourner à la rue Caton où est né Athmane en 1948. Enfin, la famille s’établit au 7, rue du Lézard dans la Basse-Casbah. «Cette rue est renommée par son théâtre d’où sont sortis les artistes et comédiens, comme Latifa, Sidi Ali Fernandel, Mustapha Kateb, Mahieddine Bachtarzi, Mohamed Touri... Dans notre immeuble, il y avait des familles juives, les Hadjadj, Patrick Timsit, Arkadi…Les relations étaient courtoises et de bon voisinage. Le mariage de la sœur d’Arkadi était animé par Lily Abbaci avec son piano. Dans l’appartement de nos voisins les Arkadi, mon fils Athmane a passé sa soirée sous le piano.

     

    Il avait 7 ans. Les accouchements se faisaient à domicile. Omar et Athmane ont eu les services d’une voisine, Mme Marie Koursi, de confession israélite. La rue du Lézard regroupait en majorité des Juifs qui tenaient leur commerce à la rue de Chartres.

     

    Leur synagogue se trouvait à la rue du Lézard, avec accès rue Boutin. Le propriétaire de notre immeuble était Timsit. La concierge était la mère d’Alexandre Arkadi, dite Khalti Drifa. J’ai le souvenir de l’arrestation de mon fils Mohamed chargé par le FLN de la collecte des fonds auprès des commerçants. Les militaires étaient venus à 2h du matin, ont pris Omar puis Mohamed, qui ont été torturés dans la villa d’El Biar tristement connue, puis à la caserne de Beni Messous, enfin au centre de Téfeschoun.

     

    Omar a écopé de 2 ans et Mohamed de 6 mois.» Après leur déménagement au Frais Vallon, les Salhi ont été continuellement harcelés par les forces d’occupation du fait du rôle de leur demeure, point de repli et cache des personne recherchées, comme Rouchaï Boualem, Si Zoubir et un cousin du chanteur Guerrouabi.

     

    Son fils Mohamed, recherché, a miraculeusement échappé à la traque des militaires venus l’arrêter à la maison. Par une porte dérobée, il a réussi à gagner le mont Sidi Medjber auquel est adossée la maison et a rejoint le maquis après un passage par Belcourt. Malheureusement, quatre mois après, il a été arrêté à Médéa ; il a été incarcéré à la prison de Damiette et condamné à mort. Il n’a été relâché qu’à l’indépendance. Il est mort le 8 novembre 1998 des suites d’une maladie.

     

    Durant la période des ultras de l’OAS qui plaçaient des bombes devant les magasins et maisons arabes, Messaouda passait ses nuits derrière les persiennes à faire le guet. Une fois, elle s’est aperçue de la tentative d’un motard qui voulait placer une bombe. Elle a commencé à crier, faisant fuir l’intrus.

     

    La deuxième fois, elle a réussi à les chasser, mais la bombe mise sous un véhicule Panhard a explosé et le capot de la voiture fut éjecté juste au seuil de sa maison. Avec ses enfants et ses 103 petits-fils et arrière-petits-fils, Messaouda qui a effectué le pèlerinage à La Mecque à deux reprises par bateau et en avion, a à son actif 6 omras, dont la dernière remonte à 2015 à l’âge de 100 ans...

     

    Elle était thérapeute en utilisant la médecine traditionnelle avec ses potions magiques et ses recettes de grand-mère. Elle était souvent sollicitée par sa famille, ses voisins qui connaissaient sa renommée en la matière, pour soigner un mal de tête récurrent, des douleurs gastriques d’un bébé qui n’arrête pas de pleurer ou encore d’autres pathologies qu’elle décelait rapidement et dont elle seule connaissait la thérapie grâce à des herbes qu’elle glanait à Djebel Koukou ou chez les herboristes. Messaouda était aussi accoucheuse, sollicitée par les voisins.

     

    Elle s’occupait des ablutions et lavait les mortes. Elle était tricoteuse, pour gagner quelques sous, elle confectionnait des tricots en laine qu’elle vendait aux GI lors de leur débarquement à Alger en 1942. Messaouda était sollicitée pour faire la médiation et la conciliation entre les couples, les familles et les parents en rupture.

     

    La Casbah solidaire

     

    Elle était préparatrice en cuisine lors des réjouissances, elle roulait le couscous et préparait les gâteaux de toutes sortes, notamment les gâteaux aux amandes dont elle avait appris les recettes chez ses voisines, les familles juives. Toute cette panoplie d’activités n’aura pas raison de sa santé préservée grâce à une hygiène de vie exemplaire qui explique cette longévité. «Vous savez, c’est simple, vous faites juste ce que vous devez faire en prenant soin de votre hygiène et en remerciant toujours Dieu», résume-t-elle simplement.

     

    Elle dont l’enfance a été portée à découvrir la compassion et la misère de ses semblables, réduits à servir les autres dans un environnement marqué par les privations, les tourments et les déchirements. «On a su surmonter toutes nos peurs grâce à notre foi, notre abnégation et nos sacrifices», explique-t-elle, elle qui a failli mourir lors de l’épidémie du typhus qui frappa Alger en 1936 et qui lui a valu plusieurs jours d’hospitalisation, mais qui emporta plusieurs membres de sa famille.

     

    De toutes les qualités dont elle peut s’enorgueillir, celle d’avoir appris à ses enfants et à ses proches à regarder et à aimer les autres, à partager. «Elle nous a inculqué le don de soi. Affectueuse et prévenante, mais aussi exigeante, car elle a appris de la vie qu’elle peut être une souffrance, si on ne peut pas prendre soin d’elle», confesse Brahim, l’un de ses fils. D’ailleurs, et ce n’est que justice, tous ses enfants lui vouent une profonde reconnaissance. La vie a parfois dispersé ses enfants sans jamais dissoudre le ciment qui les unit et les rassemble en entretenant leur âme d’enfant.

     

    «Toute cette union sacrée nous vient de notre éducation que nous sommes fiers de transmettre, comme une ‘‘amana’’ à nos enfants.» Avec elle, l’ombre du bonheur finit toujours par être plus longue que l’ombre de l’angoisse, avons-nous déduit du discours plein de tendresse émis par ses enfants. «A La Casbah, lancent-ils à l’unisson, il n’y avait pas que des familles, mais une grande famille où l’entraide et la solidarité n’étaient pas un vain mot.»

     

    Supportrice du Mouloudia d’Alger

     

    Insoupçonné l’amour de Messaouda pour le MCA dont elle est toujours supportrice, sans doute la doyenne. «Le Mouloudia est né en 1921 à la veille du Mouloud à la rue de la Lyre, jour anniversaire de la naissance du Prophète Mohamed (QSSSL), premier des sept jours où l’on décore les maisons et l’on chante des poèmes composés en l’honneur de l’Envoyé de Dieu.

     

    Le Mouloudia était le fier représentant des musulmans. Il incarnait le combat contre les colons avec leurs équipes comme le Gallia, ASSB, le SCUEB... Au début, c’était laborieux, d’autant que cette création n’était pas du goût des dignitaires religieux qui y voyaient un détournement du devoir sacré. Il a fallu un appel émanant du cheïkh El Okbi, du Nadi Ettaraki, pour admettre la pratique contre les fléaux sociaux.

     

    Il a fallu presque 10 ans au Mouloudia pour s’affirmer. Et quand il a battu le RUA, équipe phare des colons en 1932, c’était l’euphorie à La Casbah où les youyous fusaient de partout ; comme les femmes ne pouvaient aller au stade, elles avaient trouvé là un moyen inespéré pour s’extérioriser et exorciser leur peur. C’était la même atmosphère, lorsque le MCA flirtait avec la victoire. Mais, lorsqu’il jouait contre l’USMA à partir de 1937, tout le monde souhaitait le match nul. La victoire des boxeurs Kouidri, Bob Omar ou Bob Youcef faisait lever La Casbah.

     

    C’était notre revanche contre les brimades et les humiliations de l’occupant.» Pour Messaouda, c’est clair aussi loin qu’elle remonte dans sa mémoire, elle a toujours cru aux vertus de l’altruisme et du souci des autres. Simple, attentive, généreuse, exigeante avec elle-même et indulgente pour autrui, elle a appris à ses enfants le sens de l’effort et la liberté pour soi et pour les autres. Comme sa mémoire est intacte, elle a accepté pour nous de croquer sur le vif les étapes qui l’ont marquée tout au long du siècle dernier... Elle se rappelle du centenaire fêté avec faste en 1930.

     

    Un défilé des militaires au Champ-de-manœuvres et la fantasia à l’hippodrome du Caroubier : «Ils pensaient qu’ils allaient rester indéfiniment.» Quelques mois auparavant, l’Emir Khaled qui faisait de la résistance était parti pour l’exil. Mais après les festivités, retour à l’amère réalité. Chacun à sa place. Deux sociétés, deux espaces qui cohabitent mais qui ne se mélangent pas.

     Autre fait marquant, l’assassinat du muphti d’Alger, Kahoul, qui officiait à Djamaâ Sidi Ramdane. Le meurtre avait fait grand bruit à l’époque. Il précédait la tenue du congrès musulman en 1936. Et puis, il y a eu les massacres de 1945 qui ont montré le vrai visage hideux du colonialisme. Enfin, la délivrance grâce à l’indépendance en 1962 qui restera le fait majeur du siècle pour notre jeune pays.

     

    Portrait in El Watan le 20.07.2017


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires